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Art et Culture Publié le jeudi 7 décembre 2017 | Esprit

Note majeure / Musique ivoirienne: d’hier à aujourd’hui

© Esprit Par DR
Note majeure / Musique ivoirienne: d’hier à aujourd’hui
Côte d’Ivoire, plaque tournante de la musique africaine. Cette assertion a-t-elle encore tout son sens ? D’Amédée Pierre à DJ Arafat, la musique ivoirienne s’est adaptée aux mœurs.

Par Stéphanie OKOWASHI

À côté du sport et de la politique, la musique serait le sujet qui passionne le plus les Ivoiriens. Le paysage audiovisuel en est fortement marqué. Il ne passe pas de programmes sans lucarne dédiée à la musique. Comme si la musique était dans la peau des gens. La Côte d’Ivoire est considérée à juste titre comme une grande nation de la musique africaine.

Cette réputation est corroborée par les grands événements ainsi que par le passage quasi-obligatoire d’icônes africaines, européennes et américaines sur les bords de la lagune Ébrié. D’ailleurs, certains artistes consentent avoir acquis (ou confirmé) leur notoriété à partir d’Abidjan.

Au-delà de tous ces satisfécits, que gagne (vraiment) ce pays ? Que reçoivent aussi les acteurs du sérail ? Des spécialistes se réjouissent déjà du rayonnement de la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international. Cette marque de considération, aux artistes locaux et à leur travail, permet à bon nombre d’entre eux de jouer sur les (grandes) scènes internationales. En la matière, le chef de file n’est autre que l’artiste reggae Alpha Blondy. Qui, selon les dires de l’auteur de Brigadier Sabari, « a fait le tour du monde et ne se rappelle plus du nombre de concerts fait dans sa carrière ».

Justement, parlons de ces artistes et des genres musicaux qui font la fierté de la Côte d’Ivoire.

LES TENDANCES. Il serait hasardeux de vouloir les compter, ces artistes. Il y en a tellement, déclaré professionnel et non. À tous les âges et dans tous les courants qu’il a été donné d’entendre (et de voir), de mémoire de mélomane.

Longtemps, les genres musicaux étrangers ont marqué leur emprunt. Certains continuent à la fois d’enregistrer de nouvelles stars et de mobiliser des fans. Il s’agit du hip hop (rap) et du reggae. D’autres, en vogue à certaines périodes, ont considérablement influencé les rythmes locaux. C’est le cas de citer les variétés françaises et le n’dombolo congolais. La musique naija, du Nigeria, a pris le relais. Mais, au fil du temps, l’identité culturelle ivoirienne a émergé. La prise de conscience des acteurs locaux est passée par là.

La salsa et la rumba sont restées dans les pieds des doyens. La musique traditionnelle aussi. Les inconditionnels attendent des événements spéciaux pour rechausser leur soulier. Le ziglibiti d’Ernesto Djédjé, le polihet de Gnahoré Jimmy, le lekiné de Guéhi Victor et le yatchana de Soro N’Gana ont laissé la place à deux grands rythmes : le zouglou et le coupé décalé. Le premier, apparu dans les années 90, est porté par le quatuor du groupe mythique MAGIC SYSTEM. Le second, arrivé sur la scène vers 2000, a pour visage DJ Arafat. La musique mandingue, bien entendu, garde toute sa richesse avec la nouvelle vague, conduite par Affou Keïta. La musique religieuse (chrétienne) aussi avec ses chantres, dont le plus illustre est sans doute Constance.

LE MARCHÉ DU DISQUE. La Côte d’Ivoire n’est pas restée en marge des mutations de l’industrie mondiale du disque. Si les acteurs ont réussi à s’adapter aux techniques de promotion et de vente, des questions majeures n’ont toujours pas encore trouvé de (réelles) solutions. Notamment la question de droit d’auteur (des artistes).

Les institutions étatiques, à travers leurs structures décentralisées, essayent de juguler les différents maux qui minent le secteur du disque. Les efforts consentis pour combattre la piraterie et les autres formes d’exploitation (illicites) des œuvres artistiques sont à saluer.

Des grands labels du disque, comme Sony et Universal, ont compris les enjeux. Ils sont bien à Abidjan. À côté d’eux, il y un florilège de médias et de structures du son qui continuent d’offrir des lucarnes d’expression aux artistes confirmés ainsi qu’aux talents, aux quatre coins de la Côte d’Ivoire.

À cela, s’ajoutent les événements institutionnels, dédiés (ou non) à la musique, devenus des rendez-vous incontournables - et marqués en lettres d’or - dans l’agenda africain. C’est le lieu de citer le Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA), le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA), ABI Reggae Festival, L’émoi du Jazz, et le Festival Abidjan By Night.


LE PROFESSIONNALISME. Les mœurs changent, la musique aussi. La technologie a fabriqué de nouvelles stars. L’évolution ne s’est pas faite sans emporter (avec elle) des casseroles. Le manque (par exemple) de plateformes de formation (et d’accompagnement) des acteurs. Et même s’il en existe, elles sont (financièrement) inaccessibles aux jeunes talents.

Dans la foulée, la fièvre des amateurs (managers et autres). Certes, ils tâtonnent, mais ils n’ont pas eu tort de s’être jetés à l’eau. Fort heureusement (aussi), des enseignes spécialisées dans la production (et dans l’organisation d’événements) participent, à leur façon, à professionnaliser les acteurs de la chaîne. Grâce à ces passionnés de musique, Abidjan continue d’être un carrefour incontournable.

La musique ivoirienne a encore beaux jours devant elle. Les cartes ont été redistribuées. Attendons de voir !
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