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Hommage aux Femmes de Treichville: Les Femmes au quotidien qui font la fierté de la Cité N’zassa

Publié le lundi 1 avril 2019  |  Treichville Notre Cité


La Journée internationale des Droits de la Femme (JIF) a été célébrée le 8 mars 2019 partout en Côte d’Ivoire dans une ferveur extraordinaire. A la mairie de Treichville, lieu de la célébration locale, les femmes issues des différents secteurs d’activité n’ont pas voulu se faire raconter l’évènement. Elles ont pris d’assaut l’arrière-cour de la Mairie pour se célébrer et être célébrées par les gestionnaires de la Cité, leurs mandants. Pour ce mois d’avril, nous avons décidé de présenter quelques Femmes dynamiques et vaillantes de la Cité qui grâce à leur travail au quotidien, illuminent de plus en plus la Cité n’zassa.

Au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, le 13 juin 2011, la secrétaire d’État américaine d’alors, Hillary Clinton, a prononcé un discours mémorable dans lequel, elle a démontré le rôle prépondérant de la Femme dans les sociétés africaines. « Si toutes les femmes africaines, du Cap au Caire, décidaient de s’arrêter de travailler pendant une semaine, toutes les économies du continent s’effondreraient comme un château de cartes», affirmait-elle.Cette définition de la femme africaine traduit bien la place qu’elle occupe, mais également le travail et la responsabilité qui sont les siennes dans le développement.

Les Femmes que nous avons rencontrées pour ce dossier représentent une infime partie des braves dames de la commune. Mais elles démontrent un tant soit peu, le caractère, l’abnégation, le dynamisme, le courage et la bravoure de ses vaillantesmères de la Cité. Nous pouvons citer les plus emblématiques à savoir : l’Honorable Amy Toungara, Député de la circonscription de Treichville, également Vice-présidente du Parlement de la Cedeao, Madame le Maire Kouakou Affoué Solange Epse Tiémélé 5è adjoint au Maire, juriste de formation.

Zamblé Lou Thérèse, l’épine dorsale du vivrier en Côte d’Ivoire

Son histoire est atypique. Persévérance, courage et détermination sont autant de qualificatifs pour désigner Zamblé Lou Thérèse, l’épine dorsale du vivrier en Côte d’Ivoire. Le mardi 19 mars 2019, lorsque nous la rencontrions en plein marché de Belleville, elle est à la tâche. Entre régime de bananes et autres légumes, elle donne les directives à son équipe. Elle nous reçoit dans ses locaux en plein cœur du marché et nous explique sa marge de progression. Comment elle, la petite fille de Songon-Dagbé est-elle arrivée au sommet. « Je suis née à Songon-Dagbé, campement Gourou, non loin de Dabou. Je dois dire que dès le départ, ça n’a pas été facile. Mon père et ma mère ont voulu nous sortir de l’école. Au début je ne voulais pas, mais par la suite, j’ai trouvé un compromis avec mes parents. Mon frère allait continuer les cours et moi, j’allais aider ma mère à faire le commerce. Mon père qui s’est installé le premier grâce à son tuteur de Dabou, a commencé la culture du vivrier. C’est ainsi que mon histoire commence. Ma mère, puisqu’elle vendait à Abidjan, écoulait ce que je récoltais du champ.À cette époque, j’avais 7 ans. Petit à petit, j’ai commencé à connaitre les rouages du commerce. Je dois dire qu’à l’époque, le transport entre Songon-Adjamé était de 100FCFA et Songon-Treichville de 125FCFA. Quand on arrive de Songon avec les gros camions, on était toutes basées devant la Maison du Congrès. A un moment donné, je n’en pouvais plus, puisqu’il n’y avait pas de réglementation, chacun faisait ce qu’il voulait. Je me suis dit qu’il y a un chef de village à Treichville, et il fallait que j’aille le voir. C’est ainsi qu’avec mon fils au dos (qui se trouve actuellement en France), je suis allée voir le Maire Kouassi Lenoir dans ses bureaux. Je lui ai donc exposé le problème de place dans le marché. C’est ainsi que du Palais des Congrès, Kouassi Lenoir va m’installer à l’actuel Plazza. Après cela, les militaires se sont plaints du bruit que nous faisions les nuits, parce que nos camions arrivaient en nocturne. Delà, le Maire nous a replacées en bordure de lagune. De notre vivrier seulement, le marché est devenu plus grand. Au vu de mes initiatives, le Maire Kouassi Lenoir a exigé que nous (moi et Nathalie Rosalie) allions à Yamoussoukro pour rencontrer le Président Félix Houphouët-Boignylors des obsèques de Adjoua, sa sœur aînée. A notre première visite chez le Président, Nathalie Rosalie lui a expliqué mon intention de créer une coopérative à Treichville. Le Président a dit : « c’est une jeune fille, pourra-t-elle faire le commerce ? A-t-elle les ressources nécessaires pour y arriver ? ». J’ai dit au président que je pouvais faire le commerce. Que j’avais les aptitudes nécessaires pour réussir. Il m’a regardé et il a dit à Nathalie Rosalie de me faire un agrément pour qu’il signe rapidement. Donc mon premier agrément a été signé par le Président. C’est de là que j’ai eu la notoriété. C’est cela la genèse de la Coopérative de gestion commerciale et de Distribution de Produits Vivriers de Treichville (Coprovit). Nous sommes basées dans toutes les grandes villes, avec plus de 200 personnes. Aujourd’hui, je ravitaille toute la Côte d’Ivoire. Je sais par exemple ou avoir l’igname, la banane, la tomate en dehors de leur saison habituelle. De Bondoukou à Gagnoa, du sud à l’ouest, je suis en relation avec tous les planteurs et cultivateurs. Le conseil que je peux donner aux jeunes filles est de ne pas abandonner l’école. Malgré ma situation, la seule chose que je regrette c’est de ne pas avoir été à l’école. Je reçois des coups fil de partout dans le monde, et je suis obligée de prendre quelqu’un pour me traduire. Il faut avoir le courage et croire fermement en ses convictions ».

Mme Diabagaté Zeinab, chef d’entreprise

C’est une femme dynamique et entreprenante. Elle s’est engagée à son propre compte dans l’évènementiel où elle s’impose par ses idées novatrices. A l’avenue 8 jouxtant la Grande Mosquée où se trouvent ses bureaux, elle fait la fierté de Treichville. « Je suis chef d’entreprise mais informaticienne de formation. J’ai travaillé à la douane et à l’office ivoirien des Chargeurs avant de travailler à mon propre compte. En me lançant dans les affaires, j’ai d’abord ouvert deux (2) magasins de prêt à porter. Un à Treichville et un autre en zone 4. Après j’ai décidé de diversifier mes activités. J’ai donc ouvert une entreprise d’informatique, fournitures de bureau et autres. Suite à la crise de 2010, j’ai dû tout arrêté. Mais j’ai gardé cette volonté de toujours rester dans l’entreprenariat. C’est ainsi que j’ai créé ‘’Babi event’’, ma structure actuelle, qui fait l’évènementiel, la publicité et média, la décoration intérieure, et je suis en même temps promotrice de mode. Nous avons un festival de mode qui est Urbanfashion. On travaille également avec le Masa, notamment le volet mode chaque 2 ans. Parallèlement à ça, on organise le défilé d’Afriki-mousso au Palais de la culture. Nous organisons des mariages et nous faisons la location de matériels. Je suis très stricte au travail, parce que pour moi, tout doit être droit et bien fait. Pour moi, le travail est la clé de la réussite. » Pourcette chef d’entreprise, les femmes doivent se battre pour arriver au sommet. « La femme est d’abord chef d’entreprise à la maison avant de sortir. Elle doit s’affirmer et se battre pour ses convictions. La réussite d’une femme n’est pas forcément dans les bureaux ou dans l’administration. Les femmes qui sont dans l’informel sont extraordinaires parce qu’elles arrivent à se hisser à un très haut niveau, et on ne peut être qu’admiratif ».

Makhete Cissé, ou le triptyque : travail-formation-culture

Elle, c’est MadamePendis-CI, entreprise spécialisée dans le transport du personnel d’entreprise. Leader dans ce secteur d’activité, rigueur, travail bien fait et formation sont les créneaux de Mme Cissé Aïssatou, épouse Seye qui fait la fierté de Treichville. « Je suis Aïssata Cissé. Je suis née à Treichville, à l’avenue 21 chez ma tante Diogène Seye qui était également une femme battante de la commune. Treichville,c’est chez moi, et je veux par mon témoignage impulser aux jeunes que quel que soit d’où on vient, on peut réussir. Il faut comprendre que moi j’ai d’abord été employé avant d’être employeur. J’ai travaillé pendant 24 ans dans une multi nationale, et c’est là-bas que j’ai fait mes preuves en tant qu’employé. J’ai montré mon dévouement pour ladite structure par ma capacité d’adaptation, par ma curiosité et ma propre culture… je pense que ces atouts ont permis à mes responsables de me faire confiance et à me donner beaucoup plus de responsabilités. Donc mes bases de professionnel, je les ai puisées en tant qu’employé dans la rigueur au travail et dans l’envie d’être toujours dynamique. C’est l’occasion pour moi, de dire à mes sœurs de produire un travail de qualité au quotidien. Donc il faut avoir l’amour de l’école et la soif d’apprendre. Alors depuis 2007, je suis employeur. Les données changent, je suis à la tête d’une structure et j’ai des objectifs à atteindre. Je me dois de donner l’exemple. Un employeur, c’est un leader, c’est celui qui donne sa vision et qui permet à son personnel de pouvoir suivre et d’aller dans la même direction que lui. Aujourd’hui, je suis responsable d’une entreprise de transport. Je dois rendre un hommage à mon époux, feu Makhete Cissé, enfant de Treichville qui a été un modèle pour les jeunes et qui a aussi mis ses capacités et ses valeurs à la disposition de la commune qui l’a tant aimé. C’est donc lui qui m’a inculqué ses bases professionnelles. Malheureusement, en 2007, il décède et je reprends son activité. Je reformule son idée de départ et lui redonne une autre vision à savoir le moyen et long terme. On a donc beaucoup travailler sur les ressources humaines et le capital humain. La formation a donc été fait à notre niveau et au niveau de tout le personnel. Si on veut vendre des prestations de qualité, il faut former et chercher à apprendre auprès des personnes qui s’y connaissent, et surtout en se formant. Il y a également des valeurs qu’il faut mettre en place. Travailler correctement et mériter ce pourquoi on est payé.Je demande à toutes mes sœurs de Treichville de développer cet état d’esprit davantage. Si elles arrivent à l’inculquer dans leur domaine professionnel, elles pourront l’inculquer dans leur cercle familial, et ça c’est très important. Je le dis toujours quand je me retrouve dans des panels, dans des associations de femmes, je prends toujours exemple sur Treichville. Moi j’ai confiance en mes sœurs de Treichville, nos mères nous ont inculquées des valeurs et il suffit juste de les enseigner à nos enfants, à nos maris et ça va prendre. Mettons en place les valeurs que nous avons héritées de nos grands-mères et mères.

Konaté Mariam ou Madame Tchep

Elle fait partie des femmes les plus dynamiques de la société. Konaté Mariam ou Mamou, ou encore Madame tchep gratifie les populations riveraines de ces mets constitués essentiellement de tchep au poisson, de viande et de poulet. « J’ai commencé la restauration, il y a très longtemps avec 10000FCFA. A mes débuts, ce n’était pas aisé. Je n’avais pas assez de clients. Tout est parti d’une rencontre avec Madame Djénéba, une cadre de la Sodeci. Elle était venue se restaurer un après midi, et ayant constaté la qualité de mes mets, a entrainé ses collègues. C’est ainsi que petit à petit, les employés de la Cie/Sodeci vont venir se restaurer chez moi. Et vous savez, généralement, le monde attire le monde. Au départ, je faisais le tchep au poisson. Quand les choses ont commencé à aller, j’ai fait le tchep avec de la viande et aujourd’hui, c’est le tchep au poulet. Et ça me réussit bien. Les gens viennent de partout pour l’acheter. On passe des commandes pour la célébration de mariage, de baptême et bien d’autres. De 10.000Fcfa, je me retrouve avec un chiffre d’affaires de centaine de mille. Le conseil que je peux donner à mes sœurs, c’est de ne jamais se décourager. Quand moi j’ai commencé, qu’est-ce que je n’ai pas entendu ? Mon tchep est ceci ou cela. Mais j’avais la foi et j’ai eu confiance en moi. Avoir la foi et avancer malgré l’adversité, c’est mon combat et c’est ce que nous devons avoir en partage, nous les femmes ».
Mauryth GBANE
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