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Terminal à
conteneurs de Vridi |
- 25 ha de terre-pleins
entièrement pavés
- 3 portiques lourds
- Une grue mobile de quai
- 5 postes à quai d’une longueur de 960 m linéaires
- 2 immeubles d’exploitation
- 1 parc à conteneurs extérieur de 7 ha
- Une maintenance des portiques assistée par ordinateur DEMPA
(Dimensionnement et Etude de la Maintenance Première Approche)
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1.
Contexte du projet
Le niveau du
trafic de conteneurs et la qualité des infrastructures et équipements (3
portiques de quai) font aujourd’hui du Port d’Abidjan, le 3ème port
d’Afrique et la meilleure plate-forme portuaire pour la création d’un hub
pour l’Afrique de l’ouest et du centre. En effet, fin 2003, le nombre de
conteneurs devrait atteindre 590.000 TEU contre 570.000 en 2002 soit une
hausse de 1,9% malgré la situation actuelle de crise.
Le trafic de
transbordement connaît également une nette évolution (près de 30% par
rapport à 2002), traduisant ainsi le choix opéré par les grands armements de
faire d’Abidjan leur port d’éclatement. L’exploitation du Terminal à
conteneurs de Vridi (TCV), quai spécialisé où est géré l’ensemble du trafic
conteneurs, constitue donc une activité déterminante au niveau du port,
génératrice d’importantes ressources pour le secteur et l’économie nationale
en général.
Face à la croissance continue du trafic
enregistrée ces dernières années et à la saturation du site actuel du Port
d’Abidjan (initialement conçu pour traiter 250.000 conteneurs), les
Autorités ivoiriennes ont décidé de moderniser et d’étendre le port sur un
nouveau site.
C’est ainsi que :
La société LODECO a été retenue en octobre
2000, après un appel d’offres international, pour la conception, le
financement, l’exploitation et l’entretien d’un terminal à conteneurs et la
réalisation d’une zone franche industrielle à Locodjro (Yopougon);
Un appel d’offres pour la mise en concession
du terminal à conteneurs de Vridi a été lancé en vue d’accroître les
performances du terminal existant et d’en faire un parc à conteneurs plus compétitif
et moderne.
2. Le processus de mise en concession du
TCV
Après des échanges entre le gouvernement
ivoirien, la Banque Mondiale et le Port Autonome d’Abidjan, il a été décidé
de concéder à un opérateur privé la gestion et l’exploitation de l’ensemble
du terminal à conteneurs de Vridi (TCV), y compris les portiques.
Dans un souci de transparence et dans
l’optique du choix du meilleur opérateur, il a été convenu que le processus
de mise en concession soit, d’une part, conduit par un Comité de Pilotage
mis en place à cet effet (arrêté n° 0126 MIE/CAB du 17 juin 2002) et présidé
par le Ministre des Infrastructures Economiques, et d’autre part, se déroule
en trois (3) phases distinctes :
- Une phase de pré qualification ;
- Une phase d’appel d’offres techniques ouverte aux candidats pré qualifiés ;
- Une phase d’appel d’offres financières ouverte aux candidats ayant
satisfait les 2 premières phases.
Ainsi, à l’issue de l’appel d’offres de pré
qualification lancé le 15 octobre 2001, 4 soumissionnaires ont été retenus
début 2002, pour concourir à la phase d’appel d’offres techniques ; il
s’agit de :
Le projet de dossier d’appel d’offres
technique (DTAO) était en cours d’examen par le Comité de Pilotage et
l’expert recruté à cet effet quand est survenue la crise du 19 septembre
2002 entraînant une suspension de fait du processus d’appel d’offres.
Parallèlement, les principaux bailleurs de
fonds du projet d’extension du port à Locodjro (Yopougon), font part au
gouvernement en mai 2003 de préoccupations relatives aux conditions de saine
concurrence entre les deux terminaux à conteneurs et aux modalités de
régulation du secteur portuaire, préoccupations qui, si elles n’étaient pas
prise en compte, pourraient compromettre la viabilité financière du projet
d’extension du port et donc son financement dans des délais raisonnables.
Ainsi, face à l’aboutissement rendu difficile
du processus d’appel d’offres pour la mise en concession du TCV d’une part,
et devant la nécessité de voir se réaliser à terme une extension du port
avec la création d’une zone franche, projet vital pour ancrer durablement le
port d’Abidjan comme port « hub » de la sous région, d’autre part, le Comité
de Pilotage réuni le 12 août 2003 a arrêté une nouvelle approche stratégique
pour faciliter le financement et la mise en œuvre de ces projets dans les
meilleures conditions.
En terme d’actions, il a donc été retenu :
- D’élaborer une note stratégique définissant
les structures contractuelles des différents projets et le mécanisme
juridique de collaboration entre les différents intervenants du secteur ;
- D’approcher les différents opérateurs
(entreprises pré qualifiées pour la concession du TCV, promoteurs du projet
Lodeco et autres investisseurs intéressés) afin de partager avec eux cette
nouvelle vision et voir les modalités de leur intéressement ;
- Estimer la valeur financière du TCV et
établir un cahier des charges de la concession afin de s’en servir comme
base de négociation.
Compte tenu des enjeux, l’évaluations
technique et financière du terminal à conteneurs de Vridi a été confiée en
septembre 2003 à 2 cabinets de renommée mondiale, à savoir ROYAL HASKONING
et DREWRY, et le cabinet juridique ALLEN & OVERY à Paris, retenu pour
l’élaboration d’une convention de concession du TCV et son cahier des
charges.
Contre toute attente et à quelques jours de
la remise par les Consultants du rapport provisoire de l’évaluation
financière du TCV prévue pour le 27 octobre 2003, le Directeur Général du
Port Autonome d’Abidjan signe avec le groupe BOLLORE, une convention de
concession pour la gestion et l’exploitation du TCV.
3. Les raisons de la dénonciation en
nullité de la Convention de concession par le Ministre Patrick Achi
Dans la forme
La signature de la convention de concession
du terminal à conteneurs de Vridi a été faite en violation des règles de droit et
des intérêts stratégiques, économiques et financiers de la Côte d’Ivoire.
Journal Officiel du
24 août 1994
Cette convention, en effet, affecte, pour une
longue période, les intérêts essentiels de l’Etat et de l’économie nationale
dans le secteur portuaire et des transports maritimes.
Cette convention a été signée par le
directeur général du Port d’Abidjan, sans l’approbation du Comité de
Pilotage mis en place pour garantir la transparence du processus de
concession et la préservation des intérêts de toutes les parties concernées
de l’Etat : Présidence de la République (BNETD), Primature, Ministère des
Infrastructures Economiques, Ministère de l’Economie et des Finances et
direction générale du Port d’Abidjan.
La signature de cette convention n’a pas été,
non plus, autorisée par le conseil d’administration du Port d’Abidjan qui
est seul habilité à désigner la personne à même de signer un tel document.
En outre, alors même que cette convention
emporte la cession, et donc la privatisation, d’actifs importants du Port
d’Abidjan, elle n’a pas été soumise à la délibération préalable du
Gouvernement, nécessaire pour un projet de cette importance.
Dans le fond
La convention de concession pose les problèmes suivants :
La position dominante et
anticoncurrentielle du groupe BOLLORE sur des infrastructures portuaires
stratégiques. En effet la société SETV a pour actionnaires les sociétés SDV
CI et SAGA CI appartenant toutes au groupe et sociétés sœurs de DELMAS,
armateur concurrent des autres armateurs usagers du port (juge et partie) ;
La structure tarifaire et les conditions opérationnelles compromettent le
développement du port d’Abidjan en plate-forme de transbordement pour la
sous région ; Les dispositions
de la convention de concession contreviennent aux autres engagements
contractuels de l’Etat dans le cadre des projets en cours notamment la
convention de concession LODECO, et plus généralement aux principes
fondamentaux du droit de la République de Côte d’Ivoire en matière de
concession de service public, de domanialité publique et de concurrence.
Les dispositions financières et juridiques inacceptables de cette convention
et les dangers qu’elles constituent pour l’avenir du secteur portuaire sont
abondamment dénoncées par le secteur privé ivoirien et, notamment, par la
Chambre de Commerce et d’Industrie, ainsi que par de nombreux opérateurs
internationaux usagers du port qui refusent ce monopôle légalisé qu’on veut
leur imposer et menacent de quitter le Port d’Abidjan.
N'Da Siméon
Journaliste
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