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Nancy, le 2 juin 2002 –
Dans une interview conjointe accordée à la presse régionale française et aux
correspondants des médias ivoiriens (Fraternité-Matin et RTI), le ministre
de la culture et de la francophonie, Dramane Koné, lance l’idée d’un
« ajustement culturel ». « Il faut rompre avec les vieilles habitudes pour
redonner à la culture toute sa primauté », explique le ministre invité à la
68ème Foire internationale de Nancy.
Nommé en 2000, le président Laurent Gbagbo a eu ces mots « Côte d’Ivoire is
back ». La culture est de retour aussi ?
Le pays est de retour dans sa totalité, y compris la culture.
La culture est de retour en terme de refondation, en terme d’occupation de
la place qui lui revient.
Quelle est l’actuelle politique culturelle du gouvernement
ivoirien ?
Il est urgent de repositionner la culture. Pendant longtemps,
elle a été considérée comme la cinquième roue de la charrette. La santé,
l’éducation, l’agriculture sont, à juste titre, appréhendées comme des
priorités. Mais il faut faire en sorte et nous ferons en sorte que la
culture soit aussi une priorité. Il faut qu’on parle de la politique
culturelle comme on parle de la politique agricole ou autre. La culture est
un département important parce que dans cette refondation, il y a aussi une
nécessité d’ajustement culturel.
Qu’entendez-vous par « ajustement culturel » ?
La nécessité d’une rupture avec certaines vieilles habitudes.
Nous savons que la tradition est quelque chose d’essentiel. Nous nous
appuyons sur la tradition dans un pays comme la Côte d’ivoire, qui compte
une soixantaine d’ethnies, une soixantaine de langues. Le rôle d’un ministre
de la culture est d’amener les Ivoiriens à avoir une perception culturelle
de leurs racines.
Avez-vous les moyens de cette politique ? Le budget dont vous disposez
suffit-il ?
C’est un tort de penser moyens. Faisons ce travail
psychologique d’ajustement et les moyens suivront. J’en suis convaincu.
Notre président est très cultivé. Il connaît l’importance de la culture. |