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Simone Gbagbo préside un concert au profit de la lutte contre le SIDA

Fort de France, le 12 mai 2002 – La Première Dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo a assisté dimanche soir à Fort de France, en Martinique, à un grand concert public donné par une dizaine d’artistes africains et antillais. L’épouse du président Laurent Gbagbo a entamé depuis samedi une visite d’une semaine dans ce département français d’Amérique.

Arrivée à la Martinique à la tête d’une importante délégation, la Première Dame a assisté hier à un concert humanitaire. Pour les organisateurs, cet événement constituait le point culminant du volet humanitaire et culturel initié par l’ONG Suds International dans le cadre des échanges entre la Côte d’Ivoire et cette île française.

Plusieurs artistes ont tenu à soutenir cette action placée sous le haut parrainage de Simone Gbagbo. Le plateau de la salle de l’Atrium était alléchant : la camerounaise Cheela, Gadji Céli, les martiniquais Régine Féline, Paulo Albin, Christiane Vallejo, Eric Virgal, Orlane.

La vedette de la soirée a été la diva de la scène martiniquaise Gisèle Baka dont les mélodies ont bercé le public. Elle revient en force grâce à un album entièrement composé et écrit par le journaliste ivoirien Serge Bilé, établi depuis de longues années en Martinique.

Quant à l’ivoirien Gadji Céli, il a fait danser la Première Dame aux rythmes endiablés de son tube à succès « femmes de feu ». Tout comme l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France et la ministre du tourisme Odette Likikouet-Bako, visiblement ravis.

Le guadeloupéen Jacob Desvarieux, qui a accepté d’être le parrain artistique de ce grand rassemblement dont les fonds serviront à lutter contre le sida en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, a clos cette soirée pleine d’émotions.

Au-delà de l’aspect culturel et humanitaire, il s’agit d’établir de véritables liens fraternels et identitaires entre la Côte d’Ivoire et la Martinique. Durant une semaine, la Première Dame multipliera les contacts avec les responsables politiques et économiques.

Lundi, Simone Gbagbo se rend dans la ville du Lamentin avant d’être reçue par le conseil régional. Mardi, la Première Dame participera à une séance plénière du conseil général de la Martinique.

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 Simone Gbagbo

Le parcours d'une femme en politique

Madame Simone Gbagbo, Première Dame de la République de Côte d’Ivoire

Une bio-express de la Première Dame de Côte d’Ivoire publiée par le journal indépendant Afrique-Matin, largement diffusée à l’occasion de sa visite, suscite l’intérêt des habitants et des responsables politiques de ce département français d’Amérique. Et pour cause…

L’année 1990. La Côte d’Ivoire, pays d’une quinzaine de millions d’habitants, s’ouvre au multipartisme. Le Front populaire ivoirien (FPI), né dans la clandestinité en 1982 et dirigé pendant l’exil français de son leader Laurent Gbagbo par Simone Ehivet jusqu’en 1987, établit sa base à Yopougon – faubourg d'Abidjan devenu très vite le symbole de la revendication sociale et politique.

L’ouverture démocratique, qui autorise enfin la « liberté de parole », permet ainsi aux ivoiriens de découvrir une femme nommée Simone Ehivet Gbagbo, chercheur en linguistique, dont le destin croisa celui de Laurent Gbagbo, un soir de 1969, à la faveur de l’une de ces nombreuses réunions clandestines, qui jetèrent les bases de ce qui deviendra plus tard le FPI.

Ces opposants n’étaient alors qu’une petite poignée de personnes à se réunir. Laurent Gbagbo confiera plus tard avoir été subjugué par
l’intelligence et la force de caractère de Simone, en qui il trouvera l’alliée et la confidente qu’il ne quittera plus jamais.

Fille de gendarme, ancienne championne scolaire de saut en hauteur, Simone Ehivet a su préparer son corps à toutes les pressions, toutes les épreuves. Et ce ne sont pas les exactions subies pendant les années d’exil de Laurent Gbagbo - période durant laquelle elle sera emmenée à s’occuper de la famille et du parti - encore moins les bastonnades, les intimidations et la prison qui la feront reculer.

En dépit de la police et des services de renseignements qui veillaient sur ses faits et gestes, Simone Gbagbo réussit à préparer le terrain à un parti dont le discours allait rapidement séduire de nombreux laissés pour compte de la société ivoirienne, faisant du FPI la seule formation capable de constituer un contrepoids de taille au tout puissant Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), alors présidé par feu Félix Houphouët-Boigny.

Mais survint le 18 février 1992. Un jour qui reste de triste mémoire pour l’opposition : nombre de ses dirigeants, dont des militants des droits humains, sont matés, humiliés et emprisonnés à la suite d’une marche qui se voulait pacifique pour réclamer la libération des étudiants incarcérés. Le bilan est accablant : plusieurs manifestants battus à sang par des forces de l’ordre, des édifices publics saccagés, des opposants embastillés… La Côte d’Ivoire retient son souffle.

Simone Gbagbo est maltraitée. Elle perdra même connaissance avant d’être déférée, avec ses camarades de lutte, à la tristement célèbre Maison d’arrêt et de correction d'Abidjan. Le FPI est décapité. Ses cadres, son chef historique Laurent GBAGBO en tête, incarcérés six mois durant. Ce séjour en prison fut mis à profit par le parti pour peaufiner sa stratégie de conquête du pouvoir.

En effet, Sur le terrain, le FPI organise avec minutie sa base. En 1995, face au parti au pouvoir PDCI, Simone Gbagbo, chargée de la formation politique, est élue députée d’Abobo, une banlieue populaire d’Abidjan, sous la bannière du Front Républicain – en réalité, une coalition FPI-RDR (Rassemblement des républicains). Elle sera la seule représentante du FPI, dans l’agglomération d’Abidjan, à entrer dans le très convoité hémicycle dominé par le PDCI. Le contexte politique est agité en raison d'une élection présidentielle boudée par l’opposition. Ses électeurs, des « oubliés » du système pour la plupart, espèrent par son combat un mieux-vivre.

Car Simone sait ce qu'est la souffrance. Orpheline de mère dès sa naissance, et de père quelques années plus tard, elle a dû batailler pour atteindre le niveau qui est le sien aujourd’hui. Simone Gbagbo n’est pas la femme des paillettes. Cette belle africaine au cou strié, grande de taille, à la forme généreuse et au sourire franc, sait être sensible à la souffrance de son peuple. Elle a fait de la lutte contre l’injustice son cheval de bataille, pour l’avènement d’une société plus juste en Côte d'Ivoire.

Ce double engagement politique et humain sera récompensé par l’accession du FPI au pouvoir en octobre 2000, après un scrutin très controversé. Dans son pays, la Première Dame est comparée à Hillary Clinton, Sénateur de New York et ex-Première Dame des Etats-Unis. Elles ont en commun d’avoir suivi de hautes études et d’être passionnées de politique. Elles jouent un très grand rôle auprès de leurs époux respectifs et ne lésinent sur aucun moyen pour faire triompher leurs idées.

Député d’Abobo pour un deuxième mandat consécutif, Simone GBAGBO est une « professionnelle » de la politique qui sait souffler le chaud et le froid, une habituée des pugilats politiques.

La tradition veut que, sous les tropiques, les épouses de chefs d'Etat africains créent des associations caritatives. Simone Gbagbo n’y sacrifiera pas. Présidente du groupe parlementaire FPI à l'Assemblée nationale, la Première Dame de Côte d’Ivoire est une militante active de le combat contre le Sida, action qu’elle mène en bonne intelligence avec le Ministère délégué chargé de la lutte contre le fléau.

Une telle philosophie ne peut que défier la misogynie qui n’accepte pas qu’une femme soit brillante, capable d’entreprendre, d’élever le débat et de défendre ses opinions. Simone n’entend laisser personne lui ravir le fruit de son engagement.

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