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Simone Gbagbo rend visite à la
Communauté évangélique de Martinique
Fort de France, le 12 mai
2002 – Madame Simone Gbagbo, Première Dame de Côte d’Ivoire, a
participé dimanche matin au culte protestant méthodiste à
l’Eglise du Plein Evangile du quartier TSF de Fort de Fort de
France, en Martinique. L’épouse du président ivoirien Laurent
Gbagbo séjourne depuis samedi en terre martiniquaise.
Simone Gbagbo, qui est arrivée vers 9h 20 locales (13h 20 GMT),
a suivi le culte auquel participaient quelques 500 fidèles. «
Nous savons que la Première Dame est une sœur en Christ, une
chrétienne de la communauté évangélique de Côte d’Ivoire », a
déclaré l’ivoirien Moumouni Koné, résidant dans cette île depuis
un an.
Au cours de l’office religieux, le prédicateur Walter Yves a
prêché en prévision de la Pentecôte. « Ce message ne tient pas
compte de la présence de la Première Dame qui est venue de façon
spontanée dans cette communauté », explique le docteur Koné qui
se dit honoré d’accueillir Simone Gbagbo.
Le texte d’une demi-heure lu par le prédicateur évoquait les
dons et les charismes que le Saint-Esprit permet à l’Eglise
d’avoir pour mieux le servir. « Il donne aux chrétiens la
possibilité d’abriter Dieu en eux, qui est le saint-Esprit »,
ajoute Moumouni Koné.
Simone Gbagbo a beaucoup apprécié le message. Elle a exprimé au
cours d’une brève déclaration son attachement à ce texte, selon
lequel les Hommes sont non seulement pardonnés de leurs pêchés
mais « capables comme Dieu de chasser le Démon, les sorciers et
de piétiner Satan lui-même ».
La communauté évangélique martiniquaise n’a pas caché sa joie de
recevoir la Première Dame au culte. Ses membres ont eu
l’agréable surprise de voir Simone Gbagbo esquisser des pas de
danse tout en adorant Dieu. « La cérémonie était très importante
pour notre Eglise », assure l’expatrié ivoirien Moumouni Koné.
« Voir des personnalités élevées en dignité accepter le Seigneur
et venir de façon humble, n’est pas très fréquent surtout dans
les milieux comme les nôtres. Sa visite va donner une nouvelle
vigueur à la communauté et encourager les frères et sœurs qui
comprendront qu’on peut être chrétiens et élevés en dignité »,
se réjouit docteur Koné.
La communauté du Plein Evangile existe depuis environ cinquante
ans. Elle compte un millier de membres, dont 600 à 800 personnes
qui y sont de façon permanente. C’est l’Eglise évangélique la
plus importante de Martinique et regroupe une quinzaine de
communautés reparties dans toute l’île.
Simone Gabgbo était accompagnée de plusieurs membres de sa
délégation, dont l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France,
Raymond Koudou Kessié et la ministre du tourisme et de
l’artisanat Odette Likikouet-Bako.
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Retour sur le reportage
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Le parcours d'une femme en politique |
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Une bio-express de la
Première Dame de Côte d’Ivoire publiée par le journal indépendant
Afrique-Matin, largement diffusée à l’occasion de sa visite, suscite
l’intérêt des habitants et des responsables politiques de ce département
français d’Amérique. Et pour cause…
L’année 1990. La Côte d’Ivoire, pays d’une quinzaine de millions
d’habitants, s’ouvre au multipartisme. Le Front populaire ivoirien (FPI), né
dans la clandestinité en 1982 et dirigé pendant l’exil français de son
leader Laurent Gbagbo par Simone Ehivet jusqu’en 1987, établit sa base à
Yopougon – faubourg d'Abidjan devenu très vite le symbole de la
revendication sociale et politique.
L’ouverture démocratique, qui autorise enfin la « liberté de parole »,
permet ainsi aux ivoiriens de découvrir une femme nommée Simone Ehivet
Gbagbo, chercheur en linguistique, dont le destin croisa celui de Laurent
Gbagbo, un soir de 1969, à la faveur de l’une de ces nombreuses réunions
clandestines, qui jetèrent les bases de ce qui deviendra plus tard le FPI.
Ces opposants n’étaient alors qu’une petite poignée de personnes à se
réunir. Laurent Gbagbo confiera plus tard avoir été subjugué par
l’intelligence et la force de caractère de Simone, en qui il trouvera
l’alliée et la confidente qu’il ne quittera plus jamais.
Fille de gendarme, ancienne championne scolaire de saut en hauteur, Simone
Ehivet a su préparer son corps à toutes les pressions, toutes les épreuves.
Et ce ne sont pas les exactions subies pendant les années d’exil de Laurent
Gbagbo - période durant laquelle elle sera emmenée à s’occuper de la famille
et du parti - encore moins les bastonnades, les intimidations et la prison
qui la feront reculer.
En dépit de la police et des services de renseignements qui veillaient sur
ses faits et gestes, Simone Gbagbo réussit à préparer le terrain à un parti
dont le discours allait rapidement séduire de nombreux laissés pour compte
de la société ivoirienne, faisant du FPI la seule formation capable de
constituer un contrepoids de taille au tout puissant Parti démocratique de
Côte d'Ivoire (PDCI), alors présidé par feu Félix Houphouët-Boigny.
Mais survint le 18 février 1992. Un jour qui reste de triste mémoire pour
l’opposition : nombre de ses dirigeants, dont des militants des droits
humains, sont matés, humiliés et emprisonnés à la suite d’une marche qui se
voulait pacifique pour réclamer la libération des étudiants incarcérés. Le
bilan est accablant : plusieurs manifestants battus à sang par des forces de
l’ordre, des édifices publics saccagés, des opposants embastillés… La Côte
d’Ivoire retient son souffle.
Simone Gbagbo est maltraitée. Elle perdra même connaissance avant d’être
déférée, avec ses camarades de lutte, à la tristement célèbre Maison d’arrêt
et de correction d'Abidjan. Le FPI est décapité. Ses cadres, son chef
historique Laurent GBAGBO en tête, incarcérés six mois durant. Ce séjour en
prison fut mis à profit par le parti pour peaufiner sa stratégie de conquête
du pouvoir.
En effet, Sur le terrain, le FPI organise avec minutie sa base. En 1995,
face au parti au pouvoir PDCI, Simone Gbagbo, chargée de la formation
politique, est élue députée d’Abobo, une banlieue populaire d’Abidjan, sous
la bannière du Front Républicain – en réalité, une coalition FPI-RDR
(Rassemblement des républicains). Elle sera la seule représentante du FPI,
dans l’agglomération d’Abidjan, à entrer dans le très convoité hémicycle
dominé par le PDCI. Le contexte politique est agité en raison d'une élection
présidentielle boudée par l’opposition. Ses électeurs, des « oubliés » du
système pour la plupart, espèrent par son combat un mieux-vivre.
Car Simone sait ce qu'est la souffrance. Orpheline de mère dès sa naissance,
et de père quelques années plus tard, elle a dû batailler pour atteindre le
niveau qui est le sien aujourd’hui. Simone Gbagbo n’est pas la femme des
paillettes. Cette belle africaine au cou strié, grande de taille, à la forme
généreuse et au sourire franc, sait être sensible à la souffrance de son
peuple. Elle a fait de la lutte contre l’injustice son cheval de bataille,
pour l’avènement d’une société plus juste en Côte d'Ivoire.
Ce double engagement politique et humain sera récompensé par l’accession du
FPI au pouvoir en octobre 2000, après un scrutin très controversé. Dans son
pays, la Première Dame est comparée à Hillary Clinton, Sénateur de New York
et ex-Première Dame des Etats-Unis. Elles ont en commun d’avoir suivi de
hautes études et d’être passionnées de politique. Elles jouent un très grand
rôle auprès de leurs époux respectifs et ne lésinent sur aucun moyen pour
faire triompher leurs idées.
Député d’Abobo pour un deuxième mandat consécutif, Simone GBAGBO est une «
professionnelle » de la politique qui sait souffler le chaud et le froid,
une habituée des pugilats politiques.
La tradition veut que, sous les tropiques, les épouses de chefs d'Etat
africains créent des associations caritatives. Simone Gbagbo n’y sacrifiera
pas. Présidente du groupe parlementaire FPI à l'Assemblée nationale, la
Première Dame de Côte d’Ivoire est une militante active de le combat contre
le Sida, action qu’elle mène en bonne intelligence avec le Ministère délégué
chargé de la lutte contre le fléau.
Une telle philosophie ne peut que défier la misogynie qui n’accepte pas
qu’une femme soit brillante, capable d’entreprendre, d’élever le débat et de
défendre ses opinions. Simone n’entend laisser personne lui ravir le fruit
de son engagement. |
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