Jeudi 10 Juin 2004
Débuté sur des chapeaux de roue le lundi dernier, le
séjour américain du Président Laurent Gbagbo s’est
poursuivi hier à la même vitesse, avec comme faits
connus, sa visite au journal « le Washington Post » et
celle (non annoncée) qu’il a effectuée au Capitole, le
siège du Congrès des Etats-Unis d’Amérique.
Au
Washington Post où il est arrivé à 10h00, le Président a
accordé une interview d’une heure à 4 journalistes de ce
quotidien de référence. Une interview au cours de
laquelle il a été non seulement question des origines du
conflit ivoirien, des priorités actuelles du Président
mais aussi et surtout de ses espoirs par rapport au rôle
que l’Amérique pourrait jouer dans la résolution de la
crise qui continue de secouer son pays.
C’est un président très à l'aise qui a surpris les
journalistes par sa parfaite maîtrise des conflits qui
minent la sous région ouest africaine et dont, a-t-il
dit, la résolution doit être conçue dans un cadre
global.
« Je profiterai donc de mon séjour privé à Washington DC
pour dire aux hommes politiques - que je rencontrerai -
qu’ils peuvent aider leurs opérateurs économiques chez
nous en nous aidant à défendre la démocratie. »
Est-ce de défense que le Président a parlé dans
l’après-midi d’hier ? On peut le croire. Car, après un
léger détour dans sa suite du « Four Seasons », le chef
de l’Etat s’est quasiment volatilisé avec son Directeur
du Protocole, de 12h30 aux environs de 17h00, heure à
laquelle l’ambassadeur Eugène Allou, qui arborait un
large sourire, a révélé que le Président de la
République a passé l’après-midi à s’entretenir avec un
député de la commission africaine de défense et de
sécurité du Congrès des Etats-Unis. Un député dont il
n’a pas révélé l’identité.
Signalons qu’au moment où le Président de la République
honorait cet important rendez-vous au Congrès, une
trentaine de manifestants pro-marcoussis tentaient de
surmonter le vacarme de la circulation automobile en
face du « Four Seasons », avec des slogans anti-Gbagbo.
Demain (sauf changement de dernière minute), le
programme connu du Président de la République prévoit,
dit-on, une rencontre au Corporate Council On Africa. Le
Chef de l’Etat, nous a confié un membre de la délégation
présidentielle, en profitera pour lever tous les
malentendus. Notamment ceux liés à « l’affaire Cora de
Comstar ».