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Société Publié le lundi 4 mars 2024 | Le Patriote

Côte d'Ivoire : le Conseil du Café-Cacao à bâti un système de vente qui protège les producteurs contre toutes les situations du marché (Contribution)

© Le Patriote Par DR
JNCC 2015: le Président de la République SEM Alassane Ouattara, visite le stand du CNS
Jeudi 1er octobre 2015. Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro. Le Président de la République de Côte d’Ivoire, SEM. Alassane Ouattara a présidé, la cérémonie d’ouverture de la 2ème  édition des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC 2015), Dans ce cadre, le Chef de l’Etat a visité, le stand du Comité National de Surveillance des Actions de lutte contre le Travail, l’Exploitation et le Travail des Enfants (CNS) présidé par la Première Dame Dominique Ouattara.

Le marché du cacao connaît depuis Janvier 2023, une hausse effrénée des cours mondiaux qui en 12 mois , qui ont doublés pour atteindre un record historique en dépassant largement les £5800/T à Londres, le marché de référence pour la vente du cacao d’origine Côte d’Ivoire, le 27 Février 2024.

 

Cette hausse des cours mondiaux est le résultat de plusieurs facteurs conjoncturels que sont les mauvaises conditions climatiques entre Mai et Août 2023 et des facteurs structurels tels que la rapide propagation du virus du Swollen Shoot, du vieillissement du verger et la mise en œuvre des programmes de protection de l’environnement, en vue de produire du cacao plus durable ,à partir de 2025.

 

Ces facteurs combinés ont propulsé le prix du cacao à des niveaux jamais atteints et jamais imaginés par les acteurs de la chaîne de valeur eux-mêmes, tant le marché du cacao évoluait depuis des décennies entre la fourchette de £2000 et £3000/ T.

 

L’impact et la conséquence de cette subite hausse des cours mondiaux du cacao pour les planteurs des pays producteurs est différent selon le système de vente et de commercialisation adopté par le régulateur.

 

Ainsi, au Cameroun, au Nigeria, en Guinée et au Liberia, la hausse des cours mondiaux du cacao est directement répercutée dans le prix payé au planteurs et dépasse largement l’équivalent de 2000 FCFA/ T.

 

En Côte d’Ivoire, premier producteur et exportateur mondial de cacao, le prix garanti aux producteurs est plafonné à 1000 FCFA /T depuis Octobre 2023, au début de la saison 2023/24.

 

Pour beaucoup d’observateurs et de profanes du secteur cacao, les producteurs ivoiriens de cacao gagnent nettement moins d’argent que ceux de certains pays. C’est une évidence au regard des prix pratiqués.

 

Cependant, il convient d’analyser les systèmes de vente et de commercialisation des différents pays pour se rendre compte que cette différence de prix s’explique mais surtout pousse à plus de réflexion sur les avantages et les inconvénients des systèmes choisis.

 

Dans le monde, les pays producteurs de cacao ont le choix entre deux systèmes de vente et de commercialisation du cacao. La libéralisation et les ventes par anticipation.

 

SYSTEME LIBERALISÉ

 

La libéralisation du système de vente signifie que le régulateur ne fixe pas de prix garanti obligatoire à respecter par l’exportateur ou le négociant. Le planteur et les acheteurs doivent « négocier » et « s’entendre » sur un prix de vente avec comme référence, le prix de clôture du marché de cacao , la veille.

 

Avec un tel système, le planteur est seul face aux négociants qui disposent de toutes les informations et de tous les instruments de couverture et de protection contre les fluctuations quotidiennes du marché.

 

Le planteur perçoit un prix élevé quand le marché monte et perçoit un prix bas quand le marché est en chute libre. C’est le système de la « roulette Russe » dans lequel, le plus fort est celui qui détient l’information en premier et qui a la patience d’attendre des vents plus favorables pour acheter c’est à dire, une baisse du marché.

 

En l’absence d’un barème des coûts, les exportateurs et les négociations ont le loisir de fixer eux-mêmes le prix pour chaque opération effectuée, ce qui fait que le producteur gagnera toujours moins que ce à quoi il a droit.

 

VENTE À TERME

 

Dans un marché de vente à terme ou par anticipation, le régulateur met en vente un an à l’avance, la production de cacao qu’il attend ou qu’il espère. Ces ventes sont faites aux négociants et aux exportateurs sur la base du prix du marché mais le régulateur peut vendre ses contrats beaucoup plus chers s’il estime qu’il dispose d’une bonne qualité et s’il s’estime assez fort pour imposer son prix. Cas de la cote d’ivoire.

 

Les ventes réalisées sur un an serviront de base pour la fixation du prix bord champs garanti aux producteurs en déterminant une moyenne de vente et en offrant un pourcentage de ce prix aux planteurs. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’était 60% du prix entre 2012 et 2019 et actuellement 70% du prix CAF ( coût, assurance et fret). La planteur est au coeur des préoccupations du gouvernement.

 

Par ailleurs, dans le système élaboré, adopté et appliqué en Côte d’Ivoire depuis toujours, le régulateur met à disposition de toute la chaîne de valeur du secteur cacao, un barème qui est une fiche qui retrace tous les coûts pour chaque acteur de la chaîne, depuis le bord champs jusqu’à l’exportation. C’est à dire qu’à travers le barème, on peut voir que chaque opération est facturée et payée, ce qui garanti aux producteurs ivoiriens de percevoir le prix fixé par le gouvernement au début de la saison.

 

Dans le système de vente anticipé, en cas de baisse du prix mondial pendant la saison, le prix bord champs garanti ne sera pas touché ou revu, les ventes ayant été effectuées un an auparavant et les prix de ventes déjà connus.

 

Certes , la hausse quotidienne des cours mondiaux n’est pas répercutée immédiatement mais elle profitera aux producteurs l’année suivante, puisse que les ventes s’effectuent au moment même de cette hausse.

 

En cas de baisse des cours l’année suivante au moment de la campagne, le système de vente anticipé pourra toujours payer un prix élevé tandis que le système libéralisé, ne paiera que le prix de l’instant, c’est à dire la baisse.

 

Comme on le voit, chaque système a ses avantages et ses inconvénients mais si la Côte d’Ivoire a choisi le système de vente anticipé, c’est quelle a fait l’expérience du système libéralisé de 2000 à 2011. Et pendant cette période, les plus grands bénéficiaires n’étaient pas les planteurs de cacao mais les intermédiaires, les exportateurs et les négociants qui ont spolié les pauvres planteurs et coopératives.

 

Depuis 2012, le conseil du café cacao ( CCC), après une nouvelle réforme est revenu à un système hybride qui n’est pas celui de la défunte CAISTAB mais qui combine ce système au libéralisme.

 

L’état fixe un prix garanti issu des ventes anticipées un an auparavant et les exportateurs et négociants sont libres d’acheter auprès des planteurs et d’exporter sans aucune contrainte.

 

Grace à ce système plus protecteur, plus humain et plus équitable, les planteurs ivoiriens de cacao ne sont pas jetés en pâture face aux négociants et exportateurs dans un combat perdu d’avance, inégal et déséquilibré. Les planteurs ivoiriens profitent de la hausse des cours mondiaux du cacao avec du retard mais sont protégés contre les fluctuations et la volatilité d’un marché du cacao sans pitié et sans humanisme.

 

Le président Alassane OUATTARA qui a toujours été soucieux de protéger les plus faibles et les plus défavorisés, met un point d’honneur à protéger les planteurs ivoiriens de cacao en leur garantissant un prix équitable et décent en toute circonstance et en toute responsabilité.

 

C’est dans ce contexte que le Directeur Général du CCC, l’agronome Yves Brahima KONÉ, a mis en place avec le Ghana, le Différentiel d’origine décent ( DRD), une prime de $400/T sur les contrats de cacao ivoirien et ghanéens afin de rehausser le revenu des planteurs.

 

Aujourd’hui, malgré la hausse des cours mondiaux de cacao et la tentation de gagner beaucoup d’argent, le DG du CCC adopte une position de prudence vis à vis du marché et a suspendu les ventes de contrats d’exportation pour la saison prochaine, ne sachant pas qu’elle sera le niveau de production attendu.

 

Cette prudence et la gestion de risque optimale du CCC permettent au régulateur d’éviter tout risque de défauts et permet au secteur cacao d’évoluer dans un environnement économique maîtrisé et paisible.

 

Pour la saison 2024/25 qui débutera en Octobre prochain, le président de la république Alassane OUATTARA, aura encore de très bonnes nouvelles à annoncer à ses parents producteurs de cacao pour qui il a consenti de nombreux efforts et sacrifices depuis 2012.

 

Ange KACOU

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