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Politique Publié le mardi 21 juillet 2009 | Nord-Sud

Visite de travail à Bamako :Ce que les maliens ont dit à Soro

Les Maliens attendent beaucoup de la Côte d'Ivoire en matière d'intégration économique et liberté de circulation pour les personnes et les marchandises. Ils ont tenu à le faire savoir au chef du gouvernement ivoirien, au cours de sa visite des 17 et 18 juillet à Bamako.


Quand il foule la terre de Soundiata, le 17 juillet, le Premier ministre ivoirien sait, certainement le poids des attentes exprimées ou non par ses hôtes maliens. Invité pour une visite officielle de 48 heures par le chef du gouvernement ivoirien, Guillaume Soro n'ignore pas que les espérances sont nombreuses du côté malien. En effet, à peine a-t-il quitté sa suite de l'hôtel Amitié-Libya pour la primature malienne, trois heures après son arrivée, que son homologue malien plante le décor. La séance de travail qui réunit cet après midi-là les membres des délégations ivoirienne et malienne, dans la salle du Conseil de gouvernement malien est en effet, porteuse de beaucoup d'espoirs. Modibo Sidibé, ancien parachutiste, ancien inspecteur général de police, ancien directeur de cabinet d'ATT sous la junte qui a déposé Moussa Traoré, attaque de front les dossiers, après bien sûr les circonlocutions diplomatiques d'usage. En se félicitant de l'excellence des relations politiques entre son pays et la Côte d'Ivoire, il regrette cependant que les échanges économiques n'aient pas atteint cette qualité. Il le dit sans fards : « je suis convaincu que nous pouvons mieux faire en ce qui concerne nos échanges économiques et commerciaux, les investissements directs et les partenariats entre nos deux pays. » Pour faciliter ces échanges qu'il souhaite meilleurs, il évoque, en filigrane la fin du racket et des tracasseries routières auxquels sont soumis les opérateurs économiques maliens sur l'axe Abidjan-Bamako. « Je pense par exemple à nos efforts communs en vue de l'allègement des difficultés liées aux procédures de transit et de transport des marchandises en provenance ou à destination du Mali. » Pour se faire plus précis, il souhaite « la simplification des procédures douanières au Port, à la frontière et sur les corridors (ainsi qu'a) l'application effective de la Convention Trie (Transit routier inter-Etats de la Cedeao ». Il salue les efforts accomplis par la Direction générale du Port d'Abidjan pour les facilités qu'il fait aux opérateurs économiques maliens. Mais en sourdine, lui et ses hôtes savent bien que ces facilités ne serviront à rien, si en route, les tracasseries et le racket découragent les business men maliens d'emprunter le chemin qui mène au Port d'Abidjan. Il insiste donc devant le chef du gouvernement ivoirien, sur « la nécessité de la redynamisation du Comité technique paritaire de suivi et d'évaluation sur le transport routier en vue de trouver des solutions appropriées aux difficultés sur nos corridors. » Le chef du gouvernement malien qui a planché sur ses dossiers, préconise de ratifier sans délai «la signature des protocoles déjà paraphés et relatifs aux modalités d'application de la Convention d'Assistance administrative en matière douanière, à l'institution des Bureaux à contrôle nationaux juxtaposés (Bcnj), et aux missions, aux modalités de fonctionnement et aux conditions de séjour des agents des Douanes du mali à Abidjan.»
Pour lui, la crise économique mondiale actuelle a démontré la nécessité d'une plus grande solidarité entre Ivoiriens et Maliens. A cet effet, dans une perspective plus large, il souhaite une plus grande intégration des économies des deux pays. Cette intégration, il préconise qu'elle s'exerce dans le domaine énergétique avec la mise en route du projet d'interconnexion des réseaux électriques de Côte d'Ivoire et du Mali. De même, en accord avec le Burkina Faso il en appelle à la mise en application de « l'accord tripartite relatif à la promotion du tourisme et à la signature d'accords de coopé ration dans le domaine de l'agriculture.» Pour que le tableau soit complet, il souhaite également la relecture de l'accord ivoiro-malien sur l'environnement.
Comme touche finale à sa présentation, il aborde, en finesse, le côté politique. Celui relatif à la libre circulation des personnes dans l'espace Cedeao. Il estime en effet que « tous ces efforts d'intégration économique et sociale n'ont de sens que lorsqu'ils profitent à (nos) peuples ». Le Mali appelle donc à œuvrer avec la Côte d'Ivoire et les autres pays de la sous-région « pour la mise en œuvre effective des accords relatifs aux droits d'établissement, de libre circulation des personnes et des biens dans notre espace commun ». Traduction : on peut mettre en œuvre les meilleures politiques d'intégration économique, mais tant que les hommes ne pourront pas circuler librement dans cet espace intégré sans tracasserie administrative ou policière, cela ne servira à rien. L'adresse du Premier ministre malien devait, en principe, sonner le début des négociations à huis clos entre les deux délégations, mais sa tonalité était si forte que le chef du gouvernement ivoirien n'a pu s'empêcher de dire un mot avant le début des travaux. Pour Soro, « ces propos constituent une ouverture qui vont nous permettre d'aborder des questions importantes non seulement pour nos populations mais aussi pour nos deux pays. » Il a assuré le Mali de « la volonté de la Côte d'Ivoire de bâtir des relations renforcées, consolidées, dans un espace mieux intégré. C'est pourquoi nous sommes ici pour marquer notre volonté de renforcer ces liens d'amitié et de fraternité.» Il souhaite que des discussions en cours sorte quelque chose «qui va impacter positivement sur le vécu de nos populations et sur les relations des deux pays ». Après plusieurs travaux, un communiqué conjoint (voir ci-contre ou sur le site internet) a été publié, qui recense l'ensemble des préoccupations soulevées par la partie malienne et avance un certain nombre de propositions pour y répondre avec efficacité. Après la primature, le chef du gouvernement ivoirien a été reçu le même jour par le président de l'Assemblée nationale du Mali, M. Dioncounda Traoré et le lendemain, par le président de la République Amadou Toumani-Touré.


Touré Moussa, Envoyé spécial.
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