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Politique Publié le vendredi 9 avril 2010 | Notre Voie

Sommet France- Afrique - Sarkozy construit son “empire” africain

Le fait est chargé de symboles et appelle des interprétations. Le président français, Nicolas Sarkozy, compte faire la fête, le 14 juillet prochain, en France, avec les ex-colonies françaises. A l’occasion des 50 ans d’existence de ces pays africains qui pour la plupart traînent le boulet de la contradiction “françafricaine” aux pieds. Tout sera mis en œuvre pour que les convives repartent heureux. Ils auront droit à une belle parade (le défilé des contingents africains aux côtés des troupes françaises), à de sages conseils (le sommet France- Afrique) et à des prêts en vue de financer leur développement (10, 6 milliards de FCFA pour 250 projets). Tout ceci aux frais de la France qui ne veut pas manquer cette occasion d’exprimer sa reconnaissance pour un demi-siècle de relations. Sarkozy se remet au goût du jour. Il chausse là les bottes de Jacques Chirac, qu’il n’a pas voulu suivre tout de suite par “dédain” politique ou par volonté de se singulariser. Aujourd’hui, il ouvre ses portes à l’Afrique, reçoit des chefs d’Etat du vieux continent. En masse. Ceux crédités de bons points comme les mal classés. Le président du Tchad Idriss Déby est dans la capitale française depuis hier, en principe. Avant, c’est le président guinéen par intérim, le général Sékouba Konaté, qui y a séjourné pendant une semaine. Le Malgache Andry Rajoelina y est annoncé pour le 14 juillet prochain.

On n’est loin des déclarations tonitruantes sur “les Africains qui ne sont pas suffisamment entrés dans l’histoire” à l’Université Cheich Anta Diop, à Dakar, au Sénégal. De l’annonce des grands principes de droit et de liberté comme au Cap, en Afrique du Sud, où il était question de revoir les accords de coopération militaire conclus entre la France et les pays africains. On est vraiment loin du mépris affiché en 2007 envers les sommets France – Afrique. Le président français avait une préférence, dès son accession au pouvoir, pour le sommet Europe – France, France – Maghreb, etc. Nicolas Sarkozy déploie, à l’heure actuelle, une diplomatie active et quelquefois manque de se compromettre dans des crises internes comme en Guinée – Conakry, à Madagascar, en Côte d’Ivoire, au Niger…

Le président de la France veut reprendre la main en Afrique. Il a sans doute compris la pertinence de ce continent. Mais il s’y prend mal en conviant de cette manière les Africains à la cérémonie du 14 juillet. Le pays de Sarkozy, en procédant ainsi et en agissant de façon unilatérale, a ignoré l’agenda des pays africains. Il s’agit pourtant de leur indépendance. Ces pays ont déjà exprimé le besoin de célébrer ces festivités chacun chez lui. Ils ont prévu à l’occasion de faire le bilan de la coopération France – Afrique. Est-ce bien inspiré d’inviter des pays sans accord préalable, parfois contre leur gré et à des conditions qui leur sont étrangères ? Le symbole du 14 juillet français auquel on convie l’Afrique n’est pas judicieux. C’est le jour d’indépendance de la France, son jour de liberté et de grandeur aussi. Les signaux sont simples à décrypter : la France n’associera pas l’Afrique à sa grandeur le 14 juillet prochain, mais elle lui montrera, bien au contraire, sa toute puissance. Or l’Afrique d’aujourd’hui est jalouse de son indépendance. Ce continent ne veut pas s’en laisser conter à l’exemple de l’Ivoirien Laurent Gbagbo qui a déjà décliné l’offre d’envoyer ses troupes à Paris. La démarche d’appâter les pays africains par des financements tout prêts, à la faveur de la rencontre France – Afrique, peut être interprétée comme un moyen d’infantiliser encore les Africains. “Celui qui donne, c’est lui qui commande”, a souvent fait remarquer le président Laurent Gbagbo. La cérémonie du 14 juillet est-elle une occasion pour encore imposer son diktat à l’Afrique ?

Serge Armand Didi
sardidi@yahoo.fr
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