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Sport Publié le lundi 27 septembre 2010 | Nord-Sud

Ligue 1 : Pourquoi le football ivoirien a mal à la tête

Le football ivoirien souffre de plusieurs maux. Si l’argent reste le nerf de la guerre et est très souvent évoqué, la fuite des talents, le manque d’infrastructures et le manque d’implication de la Fédération ivoirienne de football sautent aux yeux.

Les ivoiriens sortiront-ils de leur long cauchemar ? Qu’il est loin le temps où Abdoulaye Traoré dit Ben Badi, Tiéhi Joël, Guédé Gba Ignace, Sékou Bamba, Lago Bailly, Hamed Ouattara et autres Bonaventure Kalou illuminaient le championnat national et faisaient émouvoir de passions les Ivoiriens. Aujourd’hui, les talents se font rares. Trop rares. Il n’y a plus de talents. Il n’y a plus de spectacle. Le football ivoirien a mal à la tête. La faute à qui ? Trois raisons peuvent expliquer cette crise.

La fuite des talents

Il n’y a pas de hasard. L’absence de championnat de jeunes depuis quatre ans est douloureuse. Certes, une floraison de centres de formation (certains parlent de centres d’animation) est bien visible sur tout le territoire national mais ces millions de jeunes footballeurs n’ont aucune tribune pour s’affronter et surtout montrer de quoi ils sont capables. Y a-t-il une meilleure occasion pour repérer les graines de stars qu’une vraie compétition de jeunes, organisée et assidûment suivie par la Fédération ivoirienne de football ? Nous disons, non. Conséquence, les rares talents précoces se découragent vite ou alors (quand leurs parents ont les moyens), émigrent vers l’Europe. C’est ainsi que de nombreux jeunes footballeurs ivoiriens inondent les championnats de jeunes en France, en Italie, en Belgique, en Suisse, en Angleterre, en Espagne. On les retrouve aussi en Thaïlande, en Tunisie, au Maroc.

Terrains de football ou champs de patates ?

Les terrains de football en Côte d’Ivoire sont indignes. Faites un tour à Bassam, à Daloa, à Abengourou, à Gagnoa, à Man, à Dimbokro… Les pelouses ressemblent à des champs de patates. Plus que les pseudo-pelouses, c’est tout l’environnement de ces stades qui sont pour la plupart sans vestiaires, donc sans commodités, qui interpelle. Comment peut-on produire du beau jeu sur du ric-rac ? Difficile… et rien ne laisse présager que les choses vont changer. Les retombées du Mondial qui devaient contribuer à changer la donne ne sont pas vraiment perceptibles. La boutade du président stadiste, Abi Richmond résonne encore dans nos têtes : «La FIF est riche mais les clubs sont pauvres…». Les deux pelouses synthétiques posées depuis bientôt trois ans au Parc des sports de Treichville et au Stade Robert Champroux de Marcory (don de la FIFA) ne doivent pas constituer l’arbre qui cache la forêt. Pis, le Stade de la Paix de Bouaké rénové en 2009 à la faveur du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) est délaissé. Comprenez-vous quelque chose à ce paradoxe ?


Le manque d’implication de la FIF

La Maison de verre (siège de la FIF) à Treichville, vous connaissez ? On pourrait aisément la rebaptiser Fédération des Eléphants que personne ne crierait au scandale. On a la nette impression qu’elle n’existe que pour les Eléphants. «Le football local est mort. Le dernier Asec-Africa ne comptait que 2.000 spectateurs. Ça ne va pas…», peste encore le président de COSAP de San-Pedro et candidat à la FIF, Séré William. Il est très (trop) rare de voir le président de la FIF et son comité exécutif au stade lors des matches de la Ligue 1 ou de la Ligue 2. Pourtant, ce sont ces championnats-là qui leur servent de mamelles pour la sélection. Or les belles promesses semées à la faveur des deux qualifications consécutives pour le Mondial, fanent. La FIF va-t-elle continuer à ne plus mettre un pied devant l’au?tre en tenant debout?
Il est impérieux qu’elle s’implique un peu plus dans la gestion du football local. Mieux, qu’elle respecte les présidents de clubs. «Au Mondial sud-africain, seulement 6 présidents de clubs ont été invités par le ministère des Sports là où 400 supporters ont été convoyés …
Il y a problème !», ajoute, amer, Séré William. Pour le président de la section football de l’Africa, Eric Tiacoh, le mal est profond et les choses doivent changer. « J’ai quelques solutions…», annonce-t-il.

Guy-Florentin Yaméogo
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