x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le mardi 22 mars 2011 | Le Nouveau Réveil

Christian Oquet, conseiller de Coopération culturelle à l`Ambassade de France :/ “Nos activités souffrent énormément de cette crise

La crise postélectorale qui bat son plein en ce moment n`épargne aucun secteur d`activités. Depuis les opérateurs nationaux jusqu`aux étrangers, chacun y paie le prix. Ici, Christian Oquet, conseiller de coopération et d`action culturelle à l`Ambassade de France, en donne son impression.
Monsieur le conseiller, comment se porte la coopération culturelle entre la France et la Côte d`Ivoire ?
La coopération culturelle entre la France et la Côte d`Ivoire tient bon par la force des choses, mais il faut dire qu`elle souffre de la situation actuelle que nous connaissons tous. L`impact de cette crise se fait sentir à divers niveaux, notamment au niveau du fonctionnement de l`Institut Français de Côte d`Ivoire, anciennement Centre Culturel Français. Malgré tout, nous faisons des efforts pour maintenir la flamme de la coopération culturelle franco-ivoirienne.

En quoi consistent concrètement vos actions auprès du pays hôte ?
D`abord, nous appuyons l`Institut Français de Côte d`Ivoire dans ses activités. Nous sommes actuellement engagés dans un ambitieux projet de rénovation et de modernisation de cet Institut. Il s`agit de la transformation de la bibliothèque actuelle en médiathèque, sans oublier la grande salle de spectacle qui sera remise aux normes de sécurité et de confort. Nous avons également un service " Campus France " qui a pour but d`aider des étudiants ivoiriens qui ont un projet d`études en France à concrétiser leurs projets. Mais il faut l`avouer, avec cette situation, nous avons un peu de difficulté à maintenir les activités culturelles, tant au niveau des spectacles qu`au niveau des conférences-débats, ainsi que des expositions.
Par ailleurs, nous avons le Service Coopération et d`Action Culturelle qui mène un certain nombre d`activités dans le domaine culturel. Je voudrais à cet effet mentionner l`existence de quatre alliances franco-ivoiriennes qui sont réparties sur le territoire de la République de Côte d`Ivoire. Elles sont à Abengourou, à Yamoussoukro, à San-Pedro et à Korhogo. Ces alliances, qui ont un rôle de diffusion culturelle, bénéficient chaque année d`un appui de notre part.
Nous supervisons également un réseau d`établissements à programmes français qui rassemblait, au début de cette année, plus de 6000 élèves ivoiriens, français et d`autres nationalités.
Enfin, nous avons un programme de bourses pour des étudiants ivoiriens qui se rendent en France. Bien entendu, nous menons d`autres types d`activités, dont l`appui à la bonne gouvernance et le maintien des relations avec la société civile avec pour objectif fondamental d`appuyer des projets qui ont pour première caractéristique une dimension sociale de lutte contre la pauvreté.

Monsieur Christian Oquet, depuis quand êtes-vous à la tête de ce département et quelles sont vos impressions jusqu`à ce jour ?

Je suis arrivé en septembre 2009, cela fait maintenant 18 mois. Hormis la situation actuelle qui nous handicape, je dirais que j`éprouve une certaine satisfaction dans la mesure où ce pays regorge d`un nombre important de potentialités. Cela demeure un espoir pour une bonne coopération culturelle. Il faut dire qu`il y a beaucoup de choses à faire dans le cadre de la coopération pour le développement, dans celui de l`action culturelle, de la lutte contre la pauvreté et dans bien d`autres secteurs. Malheureusement, depuis quelques mois, nous sommes freinés par la situation de crise qui s`impose à nous.

Vos activités semblent moins vulgarisées auprès du public cible. Qu`est-ce qui explique ce fait ?
Vous voulez dire que nous ne faisons pas assez de communication. Dans le contexte actuel, nous sommes conduits à un peu plus de discrétion et c`est ce qui explique ce fait. Dans un souci d`efficacité, nous cherchons pour l`instant à maintenir nos activités, qu`elles puissent continuer et, le moment venu, il n`est pas à exclure que nous fassions un peu plus de communication.

Revenons aux bourses. Nombreux sont les étudiants et travailleurs qui, chaque année, en bénéficient pour étudier en France. Quelles sont les conditions d`obtention ?
Avec le contexte actuel que nous vivons, nous sommes un peu gênés dans la mesure où nous aurions voulu que l`octroi de ces bourses soit le fruit d`une réflexion commune. C`est-à-dire une réflexion franco-ivoirienne. Les circonstances ne le permettent peut-être pas. Nous sommes donc contraints à mettre ces bourses en place en fonction des demandes qui nous sont présentées et des priorités que nous retenons. Nous cherchons plutôt à nous positionner sur les bourses qui permettront aux futurs cadres de Côte d`Ivoire d`assumer leurs activités. Nous visons donc le niveau master et le niveau doctorat, plutôt que la prise en charge de bourses immédiatement après le baccalauréat. Bien sûr, nous essayons de vérifier la qualité de l`étudiant, la qualité de son projet d`études. Selon les secteurs d`activité, nous nous réservons le droit d`attribuer des bourses d`études ou des voyages d`études. C`est notamment le cas pour les journalistes, les métiers du droit ou le secteur culturel pour lesquels quelques bourses sont réservées chaque année.

Quelle appréciation faites-vous de la culture ivoirienne ?
La culture ivoirienne est riche, dynamique, pleine de potentialités, que ce soit dans le domaine de la littérature, du cinéma, de la musique et des arts plastiques et nous sommes heureux chaque fois que nous pouvons venir en appui à un artiste ou à un intellectuel ivoirien, car notre démarche première est de favoriser le dialogue des cultures. Mais il faut bien reconnaître que la crise que nous connaissons a également eu un impact négatif sur ce secteur et qu`il y aura donc des efforts à faire pour remonter la pente.

En retour, que gagne la France de sa coopération culturelle avec la Côte d`Ivoire pour tous ces investissements ?
Notre objectif, c`est de renforcer les liens d`amitié et de coopération entre la France et la Côte d`ivoire. A partir du moment où nous avons le sentiment que les actions que nous développons vont dans ce sens, nous sommes satisfaits. Nous n`avons pas une vision mercantile ou comptable de nos actions de coopération. Ce que nous cherchons, c`est de maintenir un bon niveau de coopération, d`échanges culturels entre nos deux pays. Un des motifs de nos actions est d`aider à la diffusion de la culture française ou de la culture francophone. Mais nous souhaitons aussi, et c`est très important, la consolidation d`une culture ivoirienne. Nous venons donc en appui à des écrivains, à des éditeurs, à des artistes etc. Je dirais que la bonne santé de la culture ivoirienne est un objectif qui nous est très cher. De plus en plus, nous sommes dans un monde d`échanges. Que français et Ivoiriens, en bons partenaires, puissent communier sur un certain nombre d`aspects culturels nous semble donc important.

Quels sont vos projets à court, moyen et long termes pour notre pays en matière de coopération culturelle ?
Notre premier projet va être la modernisation et la rénovation de l`Institut Français de Côte d`Ivoire ,ex-CCF. Je profite pour faire une précision sur la nouvelle appellation du centre culturel français d`Abidjan. Désormais tous les centres culturels français à travers le monde entier sont rebaptisés institut français. Cette décision prise depuis l`agence culturelle de Paris obéit à une homogénéisation.. Nous espérons dans le courant de l`année 2011, voire au début de l`année 2012, réaliser d`importants travaux qui nous permettront d`améliorer la qualité du service rendu. Notamment de rouvrir cette fameuse salle de l`Institut Français de Côte d`Ivoire, qui a été fermée depuis 2003, c`est-à-dire 9 ans bientôt. A cause de cette fermeture, la salle n`est malheureusement pas en mesure, pour des raisons de sécurité, de recevoir du public. Et j`espère bien, dans un délai peu lointain, que nous aurons à nouveau une salle de spectacles de référence à offrir aux artistes et au public ivoirien. C`est notre projet à court terme. Sur le moyen et long terme, je ne peux pas me prononcer maintenant parce que cela dépend en grande partie de l`évolution de la situation. Ce que nous attendons, c`est que cette situation finisse par se dénouer et permette ensuite aux autorités françaises et ivoiriennes de s`entendre sur un programme de coopération à moyen et long terme, qui pourra intéresser un certain nombre de secteurs et, parmi ceux-ci, celui de la culture.

En pareille situation de crise, que doit-on attendre du monde culturel et de ses acteurs en termes de solutions ?
Le monde culturel n`est pas à part, il vit dans une société, il vit au milieu d`un certain nombre de contraintes. Ce que nous pouvons attendre de lui, c`est qu`il puisse faire part de sa sensibilité, notamment par rapport aux attentes de la population, et qu`il soit en mesure non pas de prendre des décisions, mais au moins de proposer des cheminements, des réflexions. Je dois dire que dans ce cadre-là, nous attendons beaucoup de ce que nous appelons le débat d`idées, c`est-à-dire que chacun puisse s`exprimer librement, défendre ses positions sans que cela soit vécu forcément comme une agression par la personne qui n`a pas exactement les mêmes opinions. Parce que l`Institut Français de Côte d`Ivoire se veut et espère rester à l`avenir un lieu de rencontres où puissent s`échanger un certain nombre de réflexions importantes pour l`avenir du pays.
Interview réalisée par
Dieusmonde TADE
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ