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Société Publié le jeudi 23 août 2012 | Le Patriote

Bac, Cepe et Bepc 2012 : Pourquoi les résultats sont mauvais

© Le Patriote Par Didier Assoumou
Examens à grand tirage: 204.069 candidats affrontent depuis ce matin Les oraux du Bac 2012.
Mardi 10 juillet 2012. Abidjan. Lycee Sainte Marie. les candidats participent aux épreuves orales du Bac .
Les résultats des examens de la session 2012 ne sont pas du tout bons. Ils sont même catastrophiques et n’honorent pas la Côte d’Ivoire. 25,27% d’admis pour le Bac, 17,03 % pour le Bepc et 55,07 % pour le Cepe sont les différents taux de réussite pour la session 2012. Comparativement aux examens de l’année précédente, les résultats de cette année sont relativement en hausse par rapport à ceux de 2011, à savoir 20,59 % au Bac, 16,88 % au Bepc et 58,22 % au Cepe. Depuis près de deux ans, les résultats n’ont pas véritablement varié. Ils reflètent indubitablement le niveau réel des élèves de Côte d’Ivoire. Sinon comment expliquer l’écart considérable de ces dernières sessions avec 31,77% au Bac en 2005. Et 30 % au Bepc en 2010. Toutefois, la débâcle est intervenue en 2010 et 2011. Il faut le dire tout net, le taux élevé d’admis pourrait être consécutifs à la présence massive des réseaux de fraudeurs qui étaient difficilement à démanteler sous l’ancien régime. Ce, simplement par un manque de volonté politique. Tant entendu que de forts soupçons pesaient sur des responsables de la tutelle. Ces réseaux sont en train d’être démantelés grâce à, la perspicacité du ministre de l’Education Nationale, Kandia Camara et son équipe. Un dispositif anti-fraude a été, cet effet, mis en place depuis 2011 dernière. Il a été d’ailleurs renforcé cette année avec un système de SMS. Avec en prime l’interdiction des téléphones portables dans les centres d’examen. Cette opération a permis de saisir plus de deux mille téléphones portables. Et une vérification des boites à message de ces portables a permis à l’Inspection Générale de l’Education Nationale d’y découvrir des sujets corrigés. Et grâce au système anti-fraude, 13 enseignants ont été mis aux arrêts (sept à Abidjan, cinq à Gagnoa et un à Bouaké pour la session 2012). A l’analyse, on peut affirmer aisément que le fait de juguler la fraude a impacté sur les résultats des examens de fin d’année. L’’on s’interroge de savoir si les taux élevés de réussite des années antérieures n’étaient pas liés à une forte présence du réseau de fraudeurs ? Hormis ce facteur, le niveau des élèves décroit considérablement. Nombre d’entre eux passent le clair de leur temps dans les Cybercafés à la recherche des sujets déjà corrigés. Ils fréquentent rarement les bibliothèques. Les parents d’élèves ne sont pas épargnés. Ils n’y a généralement pas de suivi à la maison. Ils sont rares les parents qui vérifient le contenu des cours de leurs enfants. Alors que les enseignants seuls, ne peuvent pas assurer l’encadrement des enfants. Quant aux enseignants, ils ne sont pas dédouanés. Nombre d’entre eux ont un problème de formation. Du moins, ils ne se sont pas appropriés la Formation par Compétence (FPC) qui est une technique Pédagogique actuellement en cours dans le système éducatif Ivoirien. Le Coordonnateur Général, Inspecteur général, de l’Inspection générale de l’Education Nationale, Kourouma Mamadou a relevé récemment que 25% des enseignants ne maîtrisent pas la Formation par Compétence. « Il faut recadrer cette formation » a-t-il indiqué. Précisant qu’il faut s’attendre à des meilleurs résultats scolaires d’ici trois ans.

Korhogo : faible taux de réussite aux examens scolaires

Causes d’un échec massif et raisons d’un optimisme certain
L’année scolaire a rendu son verdict dans la cité du Poro. 34,41% au CEPE, 12, 46% au BEPC et 19,41% au Bac. Malgré une année scolaire normale, une année scolaire presqu’exceptionnelle, les candidats aux différents examens à grand tirage n’ont pu éviter un échec massif.

Les causes selon le DREN

Le directeur régional de l’Education nationale (DREN) de Korhogo, Louasset Gah Grégoire, faisant le bilan, s’est adressé par voie de presse, aux parents, élèves, collaborateurs et enseignants. Pour lui, les résultats acquis dans sa direction régionale sont le véritable reflet du niveau des élèves après des examens organisés dans de rigoureuses conditions de surveillance pour éviter la fraude. Pour le DREN, cela constitue réel un motif de satisfaction. Aussi a-t-il félicité ses collaborateurs. Cela n’a pas toujours été le cas ces dernières années. « Si je veux des taux pharaoniques aux examens, je peux les avoir. Mais le tout n’est pas de produire des diplômes. Encore faut-il que les diplômes reflètent le niveau réel des enfants», a dit le DREN. Le constat est net, c’est le niveau qui est bas. Une situation qui n’est pas propre à la seule région de Korhogo. Et les raisons sont multiples selon Louasset. En ce qui concerne Korhogo, la région a souffert pendant longtemps d’un important déficit en termes d’enseignants. Certes, l’intégration des enseignants volontaires et l’arrivée des contractuels au secondaire a été d’un apport important. Mais les contractuels ne sont arrivés qu’en avril et leur venue, d’une importance certaine, n’a donc pu être déterminante. Ces personnels ont beaucoup de mérite. Cependant, ‘‘force est de reconnaitre que certains n’ont pas eu l’encadrement nécessaire’’, a poursuivi le directeur régional. Si avec ces données, la question des effectifs d’enseignants a trouvé solution au secondaire, au primaire, le déficit est encore énorme selon lui. Dans de nombreuses écoles, les rares enseignants titulaires sont aidés dans leur tâche par des bénévoles payés par les parents. Les effectifs pléthoriques dans les classes sont aussi une des raisons du faible rendement des élèves. Enfin, pour ce qui est de l’encadrement, le DREN déplore le peu de moyens dont dispose l’antenne pédagogique pour assurer le travail d’encadrement et de mise à niveau des enseignants qui en ont tous besoin.

Des raisons d’espérer.

Malgré ces résultats qualifiés de médiocres, le DREN se dit optimiste. Et la hausse notable constatée dans un tableau comparatif des résultats en est la preuve. En effet, outre le CEPE qui n’a pas amélioré ses résultats, le BEPC est passé de 7,60% l’an passé à 12, 46% et le Bac, de 12,94% à 19,41%. La formation prévue à l’endroit des enseignants contractuels dont le contrat arrive à terme, est peut-être la preuve qu’ils seront reconduits. 300 des enseignants volontaires recrutés vont en séminaire de formation dans les jours qui suivent et 2.500 instituteurs dont 280 à Korhogo vont bientôt terminer leur formation au CAFOP pour intégrer les classes avec une priorité accordée aux écoles de l’ex zone CNO. Grace au Programme Présidentiel d’urgence (PPU), un nouveau collège va bientôt voir le jour à Korhogo. Par ailleurs, le ministère a demandé que lui soit communiqué l’ensemble des besoins sur le terrain en termes d’infrastructures, de personnel et d’équipements. Au plan local, le 30 août prochain, il est prévu une réunion de travail entre la direction régionale et les élus de la région. Pour le DREN, ce sera le lieu de poser les difficultés de l’Education nationale dont les solutions qui n’incombent pas à l’Etat seul doivent être recherchées par tous. C’est le cas de l’insécurité grandissante qui peut freiner tout enseignant dans la région. Enfin pour réveiller chez les élèves, enseignants et l’administration, le goût de l’effort et du travail bien fait, la DREN lance le 31 août prochain la 1ère édition des journées d’excellence de la direction régionale. Les meilleurs seront primés. Pour le DREN, c’est le début de la relance de l’école à Korhogo.


Anzoumana Cissé,
Mack Dakota, Correspondant

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