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Économie Publié le samedi 2 février 2019 |

Lutte contre les affichages anarchiques Mahama Coulibaly (Président de la Cafci) : "Nous militons pour que l’Etat confie à la Cafci de façon légale la réorganisation et la lutte contre l’anarchie publicitaire..."

© Par DR
Mahama Coulibaly, président Chambre des afficheurs de Côte d’Ivoire
La Chambre des afficheurs de Côte d’Ivoire ne veut pas rester en marge de la campagne d’assainissement du secteur

Une campagne de sensibilisation contre l’affichage sauvage est en cours. Quelle est la contribution de la Chambre des afficheurs de Côte d’Ivoire ?

Nous saluons l’initiative du ministre de la Communication et des Médias d’organiser la lutte contre cette anarchie que nous avons décriée depuis 2011. Et nous y adhérons. Notre espoir est que les professionnels, acteurs légitimes du secteur de l’affichage, soient associés dans ce plan. Nous voulons prendre notre part dans cette lutte.

L’initiative du ministère dénote- t-elle d’un échec de la Chambre des afficheurs dans la conduite de cette lutte contre l’anarchie? La Chambre a pleinement joué son rôle. Depuis 2013, elle participe au comité technique de l’assainissement mis en place par le Chef de l’État, où elle a transmis les informations relatives au secteur. Nous avons aidé l’État à plu- sieurs niveaux, notamment en proposant un plan directeur. Il s’agit d’une situation complexe dont la résolution doit se faire à la fois avec le concours des acteurs du secteur et par le respect des règles. C’est pourquoi nous souhaitons l’établissement d’un véritable cadre de collaboration avec le ministère. Surtout que le décret de 2007 demande la mise en place d’un comité plus élargi, afin que les décisions soient prises de façon collégiale.

Qu’est- ce qui favorise la persistance de cette anarchie ?

Une étude nous a permis d’estimer à 2500 le potentiel de panneaux à Abidjan, alors qu’on compte près de 5000 panneaux sur le terrain. Ces estimations ne prennent pas en compte l’affichage irrégulier sur les toits d’immeuble, sur les façades et toutes les autres formes d’affichages anarchiques. Pour toutes ces situations, nous avons effectué des sensibilisations et de- mandé aux régulateurs de nous appuyer en vue d’une gestion efficace de ces problèmes. Nous avons aussi attiré l’attention de l’État sur les attributions d’agréments aux régies publicitaires. En 2013, on en dénombrait une soixantaine. Aujourd’hui, nous en sommes à plus d’une centaine. Autant d’agréments délivrés peu- vent favoriser l’anarchie. Et naturellement, il y a une corrélation entre ce nombre pléthorique de régies agrées et le nombre de panneaux inconnus qui sont posés sur le territoire. Il s’agit de panneaux posés de façon frauduleuse, car ne disposant pas de référence d’identification des exploitants tels qu’exigé par la loi. Cette anarchie affecte les régies qui fonctionnent dans le strict respect des règles, puisqu’elles créent un déséquilibre. Car, dans les faits, les panneaux légaux cohabitent avec les panneaux irréguliers. Pour mettre de l’ordre dans ce secteur, il faut une organisation consensuelle des acteurs du secteur et un renforcement du cadre juridique. Les vrais professionnels du secteur n’ont pas intérêt à être responsables de la prolifération de cette anarchie. C’est pourquoi nous remercions le ministère de nous avoir sollicités. Aussi, militons-nous pour que l’État nous confie de façon légale la responsabilité de la réorganisation et la lutte contre l’anarchie.

L’assainissement du secteur fait partie de vos prérogatives ...

Non, pas sur la base des textes. Cette prérogative revient plutôt au ministère de tutelle et aux collectivités territoriales. D’où notre plaidoyer, en tant qu’acteurs principaux du secteur qui maîtrisons le domaine et en connais- sons les réalités à faire partie intégrante de la mise en œuvre d’une politique de lutte contre l’anarchie. Par exemple, la décision d’apposer des stickers sur les panneaux, censée assainir le secteur, peut paradoxalement être source d’injustice dans bien des cas.

Comment comptez-vous accompagner cette politique d’assainissement initiée par le gouvernement ?

Nous sommes prêts à soutenir l’action gouvernementale. Nous l’avons déjà signifié à la tutelle à travers un document contenant notre proposition de plan d’assainissement. Nous pensons qu’il faut aller vite vers des dispositions transitoires.

L’assainissement suppose aussi des affichages plus modernes pour contribuer à l’embellissement des villes. à ce niveau, que propose la Chambre des afficheurs ?

C’est ce qu’on appelle l’urbanisme publicitaire. C’est notre challenge. Dans le plan directeur que nous avons conçu à cet effet et proposé à l’État, nous avons divisé la ville d’Abidjan en 24 axes. Nous avons alors sollicité la confiance de l’État pour la mise en œuvre de ce pro- gramme. Il ne faut pas se fier aux préjugés tendant à faire croire que le secteur de l’affichage est un secteur complexe.

Un autre phénomène, l’affichage anarchique sur les poteaux électriques, les feux tricolores, sur les murs, les piliers des ponts...

Nous avons proposé dans la nouvelle loi, un texte qui pénalise ces actes de vandalisme. L’affichage anarchique sur le patrimoine privé et public urbain ne donne pas fière allure aux villes et doit être réprimé. C’est pourquoi nous appelons à une action collégiale avec l’État et les collectivités territoriales dans le cadre de cette lutte. Nous plaidons également pour que l’État nous assiste et regarde de près les problèmes, autres que les affichages anarchiques, qui minent notre secteur d’activité..

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GERMAINE BONI
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