Abidjan - Le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a examiné, ce vendredi 9 janvier 2025 , l’affaire impliquant Mamadou Hawa Gassama, un parlementaire malien poursuivi pour offense au chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara.À l’issue de l’audience, marquée par la reconnaissance des faits et des excuses publiques du prévenu, le tribunal a mis sa décision en délibéré, avec un verdict attendu le 30 janvier prochain.
Comparu devant la formation correctionnelle, Mamadou Hawa Gassama a confirmé, à la barre, l’ensemble des déclarations faites lors de son interpellation, au cours de l’enquête préliminaire ainsi que durant l’instruction.
Le prévenu a reconnu sans réserve les faits qui lui sont reprochés, tout en exprimant à nouveau ses regrets et en présentant ses excuses à l’endroit des institutions de la République.
Selon ses explications, les propos incriminés s’inscrivaient, à ses yeux, dans un contexte strictement politique, sans intention d’atteinte personnelle. Un argument qui n’a toutefois pas convaincu le ministère public.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a souligné le caractère tardif du repentir de l’accusé. Tout en disant en prendre acte, le parquet a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, estimant que la gravité des faits justifiait une sanction exemplaire.
Une position jugée excessivement sévère par la défense. Les avocats de Mamadou Hawa Gassama, Maître Timothée Coulibaly et Maître Mamadou Ismaila Konaté, ont insisté sur l’attitude coopérative de leur client, sa reconnaissance immédiate des faits et les excuses répétées formulées tout au long de la procédure.
Ils ont plaidé la clémence du tribunal, appelant à une décision tenant compte du repentir manifesté et du contexte des faits.
Après les débats, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré, renvoyant le prononcé du jugement au 30 janvier prochain.
M. Gassama, membre du Conseil national de Transition (CNT), l'organe législatif du Mali est poursuivi pour des propos jugés offensants à l’encontre du chef de l’État ivoirien, tenus dans un contexte politique et ayant conduit à son interpellation par les autorités judiciaires à Abidjan, de retour d’un séjour à Séguéla dans le nord-ouest ivoirien.
L’affaire s’inscrit dans un climat de surveillance accrue des discours publics, notamment sur les réseaux sociaux, où les autorités ivoiriennes rappellent régulièrement les limites entre liberté d’expression et atteinte aux symboles de l’État.
BC/Top News Africa

