Le gouvernement ivoirien a procédé à la remise officielle de 12 kits de Système de transport intelligent (STI) à la Gendarmerie nationale ce vendredi 27 février lors d’une cérémonie tenue au Commandement supérieur.
Placée sous l’autorité du vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, représenté pour l’occasion, cette remise d’équipements s’inscrit dans le cadre du renforcement de la vidéoverbalisation et de la surveillance intelligente des infractions routières sur l’ensemble du territoire national.
Les chiffres avancés par les autorités ivoiriennes traduisent l’urgence de la situation. En 2012, la Côte d’Ivoire enregistrait 812 tués sur ses routes. En 2021, ce nombre atteignait près de 1 600 morts, soit une progression de près de 100 % en une décennie.
Grâce à l’adoption, en 2021, de la Stratégie nationale de sécurité routière, les premières années ont permis d’infléchir la courbe. En 2022, le pays est revenu autour du millier de tués. Mais depuis 2024, une reprise préoccupante est observée.
Sur les seuls 45 premiers jours de 2026, 519 accidents ont été enregistrés, causant 164 décès et 1 934 blessés, soit une moyenne de quatre morts par jour. Plus alarmant encore : près de 60 % des victimes sont des usagers vulnérables, majoritairement conducteurs ou passagers de deux et trois roues.
Les 12 kits remis à la Gendarmerie comprennent chacun un radar mobile équipé d’une carte mémoire pour la captation des infractions, une tablette connectée via carte SIM au centre de commandement du STI, un trépied auto-stable ainsi qu’un dispositif LED assurant à la fois l’éclairage nocturne et la recharge du matériel. Chaque équipement dispose d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 72 heures.
Objectif : élargir la couverture de la vidéoverbalisation au-delà des radars fixes déjà en service, renforcer la collecte de données fiables et permettre une planification plus fine des actions de prévention et de répression.
« Si rien n’était fait, nous pourrions dépasser les 3 000 tués par an à l’horizon 2030 », a averti le ministre des Transports et des affaires maritimes, Amadou Koné soulignant que la stratégie quinquennale vise une réduction d’au moins 25 % des accidents mortels.
Le Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale, le Général Touré Apalo a, pour sa part, réaffirmé l’engagement total de ses troupes. Un officier supérieur a été désigné pour piloter une stratégie spécifique de lutte contre les accidents, avec des propositions attendues à l’issue d’un séminaire prévu à San Pedro.
Le ministre a également lancé un avertissement aux centres de contrôle technique : leur responsabilité est engagée en cas de défaillance avérée ayant conduit à un accident. Des inspections inopinées sont en cours et des fermetures de centres non conformes sont envisagées.
Par ailleurs, un accent particulier sera mis sur le respect du port du casque, la détention du permis pour les conducteurs de deux et trois roues, l’état des pneumatiques et le dispositif de freinage des véhicules.
Au-delà de la répression, le gouvernement mise sur l’anticipation. L’interconnexion des radars aux bases de données doit permettre d’identifier et d’intercepter rapidement les conducteurs indélicats avant qu’un drame ne survienne « La protection des données personnelles est essentielle », a toutefois précisé le ministre, appelant à une coordination rigoureuse dans l’analyse des statistiques générées par les nouveaux dispositifs.
Au nom du Président de la République, Alassane Ouattara, le ministre a exhorté les usagers de la route à se mettre en règle avant le 1er mars, dans le cadre de l’opération “Tolérance zéro”.
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