La troisième édition du Salon du Capital Humain (SACH 2026) a été lancée ce samedi 7 mars 2026 au siège de l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire (INAD CI), situé dans la commune de Marcory, à Abidjan. Cette rencontre a été organisée autour du thème : « Bilan à mi-parcours et perspectives du Salon SACH sur la santé et la sécurité psychologiques au travail ».
Initiée par l’ONG YSSIKA EKAN, cette édition s’inscrit dans la continuité du plaidoyer mené par l’organisation en faveur d’une meilleure prise en charge des maladies psychologiques en milieu professionnel et de la promotion d’environnements de travail plus sains et inclusifs.
Prenant la parole à l’ouverture de la rencontre, la présidente de l’ONG, Akissi Yvette Yobouet, a indiqué que ce salon vise à sensibiliser les entreprises, les décideurs publics ainsi que les professionnels de la santé au travail sur les enjeux liés au bien-être psychologique des travailleurs. Selon elle, la question de la santé mentale en entreprise constitue aujourd’hui un défi majeur pour les organisations, dans un contexte où les exigences professionnelles et les mutations du monde du travail peuvent générer des pressions importantes sur les salariés.
Invité à intervenir lors de cette conférence de presse, le professeur Jean Sylvain Bonny, président de la Société panafricaine de santé au travail et professeur titulaire de médecine du travail, a insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la santé mentale dans les milieux professionnels.
« Aujourd’hui, on ne parle plus seulement des risques professionnels classiques. La question de la qualité de vie et des conditions de travail est devenue centrale. Lorsque l’on définit la santé au travail, il s’agit d’un bien-être physique, mental et social. Il est donc important d’insister sur la dimension mentale », a-t-il expliqué.
Pour le spécialiste, la santé mentale constitue désormais une priorité à l’échelle mondiale et la Côte d’Ivoire ne peut rester en marge de cette dynamique. Il a ainsi plaidé pour une mobilisation collective des acteurs du monde du travail afin d’anticiper et prévenir les troubles psychologiques liés à l’activité professionnelle.
Le professeur Bonny a également rappelé le rôle stratégique des médecins du travail, qu’il considère comme des conseillers à la fois pour les employeurs et pour les travailleurs. Selon lui, ces professionnels doivent disposer des outils nécessaires pour assurer un dépistage précoce des pathologies telles que la dépression ou l’épuisement professionnel.
« Nous devons privilégier la prévention. La communication au sein des entreprises, l’organisation du travail et la qualité du management sont des éléments déterminants pour prévenir ces situations », a-t-il souligné.
Au cours de cette édition, plusieurs activités sont prévues, notamment des conférences, des panels et des tables rondes réunissant des spécialistes de la santé mentale, des juristes, des responsables des ressources humaines ainsi que des institutions partenaires comme la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale et la Société d’Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologique.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent renforcer la sensibilisation autour des risques psychosociaux et encourager la mise en place de politiques de prévention dans les entreprises. L’objectif, selon eux, est de contribuer à l’amélioration du bien-être des travailleurs, condition essentielle pour une productivité durable et un développement économique équilibré.
JB

