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Société Publié le lundi 16 mars 2026 | Abidjan.net

Cinéma ivoirien : des acteurs dénoncent leurs conditions de travail et appellent à l’unité du secteur

Cinéma ivoirien : des acteurs dénoncent leurs conditions de travail et appellent à l’unité du secteur
© Abidjan.net Par Elie Joël BROU
Rencontre des acteurs de Côte d'Ivoire au Yelam's

Plusieurs acteurs ivoiriens se sont réunis, le samedi 14 mars 2026, dans la commune de Treichville, pour échanger sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leur métier. 


Au cours de cette rencontre marquée par de nombreux témoignages, les professionnels du cinéma ont évoqué les problèmes de rémunération, les conditions de travail sur les plateaux ainsi que l’absence d’un cadre réglementaire clair pour la profession.


Le comédien ivoirien Kané Mahoula, troisième vice-président de la Fédération Ivoirienne du Cinéma et de l'Audiovisuel (FICAV) et président de Ciné Acteur Formation (CIAFO), a insisté sur la nécessité pour les acteurs de s’unir afin de défendre leurs droits.


« Il faut que les acteurs de Côte d’Ivoire se parlent et s’unissent pour que nous puissions enfin vivre de notre art », a-t-il déclaré.


Selon lui, la reconnaissance officielle du statut de l’acteur constitue la principale revendication du secteur. « C’est la reconnaissance de nos textes et du statut de l’acteur. Quand le statut est reconnu, tout vient », a-t-il ajouté, estimant que l’adoption de ces textes permettrait de résoudre une grande partie des difficultés rencontrées par les artistes.


Lors des échanges, plusieurs acteurs ont décrit des conditions de tournage difficiles, évoquant notamment de longues journées de travail sans prise en charge adéquate.


Une actrice a ainsi dénoncé des tournages qui se prolongent tard dans la nuit sans restauration suffisante. « On nous convoque à 6 heures du matin et on peut tourner jusqu’à 22 ou 23 heures. Parfois, on n’a même pas de repas le soir », a-t-elle regretté.


La question du paiement des cachets a également été soulevée par plusieurs intervenants. L’actrice Miss Fofana, encore nouvelle dans le métier, s’est interrogée sur les délais de paiement après les tournages.

« Quand on finit un tournage, est-ce qu’on doit recevoir notre cachet immédiatement, deux mois après ou trois mois après ? Parce que parfois tu te rends compte que tout le monde est payé sauf deux ou trois personnes, souvent les nouveaux », a-t-elle expliqué.


L’actrice Emmanuelle N'Guessan a pour sa part dénoncé le manque de considération accordé aux acteurs dans les budgets de production.


« Les productions ont toujours le budget pour le matériel et les décors, mais jamais assez pour les acteurs. Pourtant, ce sont les acteurs qui donnent vie au film », a-t-elle affirmé.


Elle a également plaidé pour une meilleure reconnaissance du travail des comédiens lors de la promotion des œuvres.


« Si les acteurs participent à la promotion sur les réseaux sociaux ou lors des sorties, cela devrait aussi être pris en compte et rémunéré », a-t-elle soutenu.


Plusieurs participants ont aussi insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité au sein du milieu artistique.


L’actrice Jeanette Tapako a notamment pointé du doigt les divisions internes.


« Le véritable problème dans notre milieu, c’est que nous ne sommes pas unis. Si nous voulons trouver des solutions, il faut d’abord qu’on se parle sincèrement entre nous », a-t-elle déclaré.


Le comédien Paul Cartier Kouakou a, de son côté, dénoncé un manque de respect envers les artistes.


« Les acteurs ne sont pas respectés. On peut te retenir pour un casting et finalement donner le rôle à quelqu’un d’autre sans explication », a-t-il expliqué, appelant les réalisateurs et producteurs à accorder davantage de considération aux comédiens formés.


Présent à cette rencontre, l’actrice Eva Guéhi a salué l’esprit de dialogue qui a marqué les échanges. Selon elle, cette réunion marque une étape importante pour le milieu artistique ivoirien.


« Aujourd’hui, il s’est passé quelque chose d’important pour nous, acteurs. Nous nous sommes retrouvés pour parler. Vraiment parler, sans détour et avec respect », a-t-elle confié.


L’actrice a souligné que cette rencontre a permis aux participants d’exprimer leurs frustrations tout en reconnaissant leurs propres responsabilités dans l’évolution du secteur.


« Oui, nous avons parlé des problèmes, mais nous avons aussi reconnu nos propres manquements. Si nous voulons que les choses changent, nous devons aussi être prêts à nous structurer et à faire notre part avec responsabilité », a-t-elle affirmé.


Elle a également insisté sur la nécessité de travailler en collaboration avec l’ensemble des acteurs de l’industrie cinématographique.


« Acteurs, producteurs, réalisateurs, techniciens et institutions… c’est ensemble, dans le respect et le dialogue, que nous pourrons bâtir un cinéma ivoirien plus solide et plus respecté », a-t-elle déclaré.


Face à ces défis, plusieurs intervenants ont plaidé pour la mise en place d’une structure forte capable de défendre les intérêts des acteurs car la structuration du secteur est indispensable pour permettre un dialogue efficace avec les autorités.


À l'issue de cette rencontre, les acteurs ont exprimé leur volonté de poursuivre les discussions afin de formuler des propositions concrètes à l’attention du ministère de la Culture et des institutions du secteur cinématographique. Leur ambition étant d'améliorer les conditions de travail des artistes et contribuer au développement d’un cinéma ivoirien plus structuré et plus compétitif.


R-SEKONGO 

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