L’accès à la justice pour les femmes et les filles était au centre d’une journée porte ouverte organisée ce mercredi 25 mars 2026 au Tribunal de Première Instance de Yopougon par l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI), à travers la nécessité de promouvoir une justice plus inclusive.
Placée sous le thème : ''Justice pour toutes : Agir pour les femmes et les filles en Côte d’Ivoire '', cette initiative, organisée dans le prolongement de la Journée internationale des droits de la femme, a mobilisé de nombreuses participantes venues de plusieurs communes d’Abidjan, ainsi que des acteurs du système judiciaire, notamment magistrats, avocats, notaires et commissaires de justice.
Au cœur de cette journée, plusieurs communications ont été animées autour des mécanismes d’accès à la justice pour les femmes et les filles. Les échanges ont porté, entre autres, sur le rôle des acteurs judiciaires, les droits des femmes en matière de violences basées sur le genre, de mariage et de successions, ainsi que sur la contribution des cliniques juridiques à la promotion d’une justice plus accessible.
Au-delà des panels, les participantes ont bénéficié de consultations juridiques gratuites, leur permettant d’obtenir des orientations concrètes et un accompagnement personnalisé sur leurs préoccupations.
Prenant la parole à l’ouverture, le président du Tribunal de Première Instance de Yopougon, Bredoumou Florent, a salué une initiative d’un intérêt particulier.
Selon lui, cette activité traduit l’engagement constant des acteurs judiciaires en faveur de la promotion des droits des femmes.
'' Le tribunal n’est pas seulement un lieu où l’on tranche des litiges, mais aussi un espace d’apprentissage et de sensibilisation au droit '', a-t-il indiqué, exhortant les femmes à s’approprier les notions juridiques afin de mieux défendre leurs droits.
Il a également souligné que la formation juridique des femmes constitue un levier essentiel pour bâtir une société forte et équitable.
Pour sa part, la présidente de l’AFJCI, N’Guessan Virginie, a rappelé la mission fondamentale de son organisation, à savoir la promotion des droits humains et l’accès équitable à la justice pour tous. Elle a insisté sur la nécessité de combler le déficit d’information juridique dont sont encore victimes de nombreuses femmes.
'' La dignité humaine ne saurait être pleinement réalisée tant que les femmes restent en marge de leurs droits '', a-t-elle affirmé, invitant les participantes à s’intéresser davantage aux questions juridiques.
Elle a expliqué que cette journée vise à vulgariser le droit, rapprocher la justice des justiciables et encourager une meilleure compréhension des mécanismes judiciaires.
Elle a également souhaité que cette initiative débouche sur des actions concrètes en faveur des femmes.
Intervenant au nom du président du tribunal, le magistrat Richmond Samian a, quant à lui, instruit les participantes sur leurs droits fondamentaux, notamment celui de saisir les juridictions compétentes, quel que soit leur lieu de résidence. Il a par ailleurs mis en lumière l’existence de l’assistance judiciaire, invitant les femmes à y recourir pour faire valoir leurs droits.
Cette journée porte ouverte, selon les organisateurs, montre le rôle premier des femmes dans la promotion d’une justice inclusive en Côte d’Ivoire. En rapprochant le droit des populations, celles-ci contribuent à bâtir une société où l’égalité devant la justice devient une réalité tangible.
EA

