L’artiste reggae Aimann Raad a procédé, ce samedi 18 avril 2026, à la présentation officielle de son nouvel album intitulé Freedom, à la FNAC de Marcory. Une œuvre dense et plurielle qui s’inscrit dans une trilogie musicale baptisée Journey of Life – Roots and Routes. Un projet artistique qui explore à la fois les racines identitaires et les chemins de vie, entre influences africaines, jamaïcaines et universelles.
Dès l’entame, l’artiste plante le décor : Freedom n’est pas qu’un simple album, c’est une invitation à la libération, autant mentale que sociale. « Tout est possible lorsqu’on se donne la possibilité de réussir. La liberté commence dans l’esprit », affirme-t-il devant un parterre de journalistes et de professionnels de la culture.
Composé de plusieurs titres aux univers variés, l’album navigue entre reggae roots, funky reggae, nyabinghi et même des influences dancehall. Des morceaux comme Freedom, qui donne son nom à l’album, appellent à briser les chaînes invisibles du quotidien, tandis que Hurted explore les blessures intérieures et la nécessité d’exprimer ses émotions.
Avec Jah bless, Aimann Raad revendique sa foi et son sentiment d’être béni, dans une approche spirituelle inclusive qui transcende les religions. « Que vous l’appeliez Jah, Allah ou Dieu, l’essentiel est cette force intérieure », souligne-t-il.
L’album aborde également des sujets sociopolitiques, notamment avec Police Violence, inspiré de faits vécus aux États-Unis et de figures emblématiques comme George Floyd, dénonçant les abus et appelant à une prise de conscience collective.
Parmi les titres marquants, House of the Lord, inspiré du Psaume 23, se distingue par sa profondeur spirituelle. Écrit dans un contexte personnel difficile, ce morceau invite à une introspection : « Dieu n’est pas ailleurs, il est en nous », explique l’artiste.
D’autres titres comme Babylon Cruel, Human Cry (enregistré en Haïti) ou encore Rock With Me viennent enrichir cet univers musical engagé, où l’espoir et la responsabilité individuelle occupent une place centrale.
Interrogé sur l’absence de featuring dans cet opus, malgré ses collaborations passées avec des figures majeures du reggae comme Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly, Aimann Raad assume un choix artistique personnel. Il annonce toutefois des collaborations à venir avec des légendes du reggae international.
Quant au choix de l’anglais comme langue dominante, il le justifie par ses influences musicales, notamment celles de Bob Marley et du reggae roots des années 70, tout en promettant un projet futur entièrement francophone.
Au-delà de la musique, Aimann Raad revendique son identité d’entrepreneur, jonglant entre carrière artistique, gestion d’une clinique et production d’événements culturels. « Je vis ma carrière à mon rythme, sans pression commerciale. Ce projet existe depuis 2016, mais le moment était venu de le partager aujourd’hui », confie-t-il.
À la question de la signification de la liberté pour l’Africain en 2026, l’artiste répond sans détour « La première des libertés est mentale. Il faut se libérer des récits imposés et reprendre le contrôle de notre histoire et de notre avenir. »
Disponible en formats digital, CD, USB et bientôt en vinyle, Freedom, arrangé par feu Evariste Yacé, se positionne comme une œuvre intemporelle, à la croisée des luttes contemporaines et des quêtes spirituelles.
JB

