Le gouvernement ivoirien a affiché, ce jeudi 7 mai 2026 à Abidjan, sa volonté de repositionner la diaspora comme un acteur stratégique du développement économique national. Au nom de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, le ministre de l’Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement Technique N'Guessan Koffi, a délivré un message axé sur la contribution croissante des Ivoiriens de l’extérieur à l’économie nationale. Il s'exprimait à l'occasion du lancement officiel du Roadshow de Milan et du Forum de Paris 2026.
Selon les chiffres présentés lors de la cérémonie, les flux financiers envoyés par la diaspora ivoirienne ont atteint environ 840 milliards de francs CFA en 2024. Toutefois, les autorités estiment que ces ressources restent encore majoritairement orientées vers la consommation familiale et les investissements individuels, avec un impact limité sur les secteurs productifs.
« Ce constat appelle une action collective, structurée et ambitieuse », a indiqué la ministre d’État dans son message, soulignant que le Forum “Diaspora for Growth 2026” ambitionne de créer des passerelles durables entre la diaspora, l’État et le secteur privé afin de favoriser des projets à fort impact économique et social.
Le gouvernement ivoirien souhaite ainsi faire évoluer le rôle de la diaspora, en passant d’une logique de soutien familial à une dynamique d’investissement stratégique capable de contribuer à la transformation structurelle de l’économie nationale.
Prenant également la parole, le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, a insisté sur le poids démographique et économique de la diaspora ivoirienne.
Selon lui, plus de 1,15 million d’Ivoiriens vivent aujourd’hui hors du territoire national, répartis dans plus de 140 pays. Environ 900 000 résident en Afrique de l’Ouest, tandis que plus de 240 000 vivent dans les pays de l’OCDE, notamment en France, en Italie et aux États-Unis.
Le ministre a rappelé que les transferts financiers de la diaspora sont passés de 99,5 milliards FCFA en 2008 à environ 840 milliards FCFA en 2024, soit une progression de plus de 540 % en quinze ans.
Dans le détail, 60 à 70 % de ces ressources servent au soutien des familles, 15 à 20 % sont investis dans l’immobilier et seulement 10 à 15 % financent des activités productives.
Pour Adama Dosso, le défi consiste désormais à transformer « un flux de soutien en un levier structuré d’investissement ».
Les autorités ivoiriennes misent également sur le potentiel humain de cette diaspora, composée de professionnels évoluant dans des secteurs stratégiques comme la santé, le numérique, l’ingénierie, la finance, la recherche ou encore l’entrepreneuriat innovant.
Le gouvernement affirme avoir engagé plusieurs réformes dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030, notamment la modernisation du code des investissements, la digitalisation des services consulaires et administratifs ainsi que l’amélioration du climat des affaires.
Le Roadshow de Milan et le Forum de Paris 2026 doivent ainsi permettre de connecter les compétences et l’épargne de la diaspora aux opportunités d’investissement en Côte d’Ivoire, avec pour objectif affiché de générer des partenariats durables et des projets structurants.
Au cours de cette cérémonie, plusieurs hommages ont également été rendus au Grand Chancelier de l’Ordre national de Côte d’Ivoire, Ally Coulibaly, salué pour son rôle dans le rapprochement entre l’État ivoirien et ses ressortissants établis à l’étranger.
Cyprien K.

