JLa Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire a servi de cadre, ce vendredi 8 mai 2026 , à une rencontre d’affaires d’envergure marquant la visite officielle en Côte d’Ivoire de Sa Majesté Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, 20ᵉ roi de la dynastie Nchare Yen et souverain du Royaume Bamoun, situé à l’Ouest du Cameroun.
Organisée au siège de l’institution consulaire, à Abidjan (Plateau), cette rencontre a mobilisé opérateurs économiques, acteurs culturels, autorités administratives et diplomatiques, ainsi que la communauté camerounaise vivant en Côte d’Ivoire. Tous réunis autour d’un objectif commun renforcer les liens de coopération économique et positionner les industries culturelles africaines comme de véritables moteurs de développement.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont donné le ton en qualifiant l’événement de « rencontre entre mémoire et avenir », appelant à bâtir des passerelles solides entre tradition et modernité. Accueillant la délégation royale, le président de la CCI-CI, Touré Faman, a salué une visite « hautement symbolique », reflet de la profondeur des relations historiques et fraternelles entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun.
Dans son intervention, il a insisté sur le rôle stratégique de la culture, du tourisme et de l’artisanat dans la transformation économique du continent. « La culture ne doit plus être perçue comme un héritage figé, mais comme un capital vivant, générateur de valeur et d’emplois », a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement des partenariats dans les industries créatives.
Représentant l’Ambassade du Cameroun en Côte d’Ivoire, la ministre déléguée Momandji Sanatou a mis en avant l’excellence des relations bilatérales, impulsées par les chefs d’État Alassane Ouattara et Paul Biya. Elle a également souligné que cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la stratégie nationale de développement du Cameroun à l’horizon 2030, qui ambitionne de faire des industries culturelles un pilier de croissance durable.
Au cœur des échanges, la délégation royale a présenté les opportunités d’investissement offertes par le Royaume Bamoun. Doté de plus de 650 000 hectares de terres exploitables, d’un potentiel agro-pastoral important, de ressources naturelles diversifiées et d’un riche patrimoine culturel, le Royaume se positionne comme une destination attractive pour les investisseurs africains, dans une logique de coopération Sud-Sud.
Prenant la parole, Sa Majesté le Sultan Roi des Bamoun a livré un message fort en faveur de la valorisation des identités africaines dans les dynamiques économiques. « Les traditions ne sont pas un frein au développement, elles en sont le socle », a-t-il affirmé, invitant les entrepreneurs à intégrer la culture comme un levier stratégique et un capital immatériel.
Dans cette dynamique, il a lancé un appel aux opérateurs ivoiriens à visiter Foumban, capitale historique du Royaume, présentée comme une « ville-musée » riche de son patrimoine architectural, de ses ateliers d’artisans et de son emblématique palais royal.
Le souverain a également mis en lumière le Nguon, institution culturelle majeure du peuple Bamoun. Prévu du 4 au 13 décembre 2026 à Foumban et dans ses localités environnantes, cet événement s’articule autour du thème : « Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, roi bâtisseur et figure plurielle : mémoire et héritages ». Bien plus qu’un festival, le Nguon est présenté comme « une institution vivante au cœur du système de gouvernance du Royaume Bamoun », mêlant rituels traditionnels, dialogue social et expressions culturelles.
Au-delà des discours, la rencontre s’est voulue pragmatique, ouvrant des perspectives concrètes de partenariats dans les domaines du tourisme, de l’agro-industrie et des industries culturelles. Elle s’inscrit dans une vision plus large de transformation économique du continent, fondée sur la valorisation des ressources locales et des savoir-faire traditionnels.
La cérémonie s’est achevée par des échanges directs entre opérateurs économiques, suivis d’une exposition artistique mettant en valeur la richesse de la création africaine contemporaine.
JB

