- Monsieur le Président de la République du Kenya,
- Monsieur le Président de la République française,
- Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
- Distingués Invités,
- Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, au début de mon propos, adresser mes sincères remerciements à mon cher frère, Son Excellence Monsieur William RUTO, ainsi qu’au peuple kényan, pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité exemplaire dont ma délégation et moi-même avons fait l’objet.
Je voudrais également saluer la présence de son Excellence Monsieur Emmanuel MACRON, tout comme celle de l’ensemble des Chefs d’État et de Gouvernement, et des premiers responsables et représentants des institutions internationales et régionales.
Je souhaiterais, par ailleurs, féliciter les Gouvernements kényan et français pour l’excellente organisation de ce Sommet, consacré à un thème d’une importance stratégique pour l’avenir de notre continent, à travers, notamment, le renforcement des partenariats pour l’innovation et la croissance.
Je voudrais, à ce titre, partager quelques réflexions sur ce sujet qui nous rassemble, en ce jour, à savoir la réforme de l’architecture financière internationale et l’accès des pays africains au financement durable.
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
L’Afrique ne manque ni de projets porteurs, ni de talents.
Toutefois, son principal défi reste, à ce jour, l’existence d’un environnement financier mondial, capable de canaliser efficacement les ressources privées et publiques vers nos priorités stratégiques, que sont les infrastructures, l’industrialisation, l’innovation technologique, le changement climatique et l’inclusion sociale.
L’architecture financière internationale, conçue au sortir de la seconde guerre mondiale, a certes produit des instruments pour répondre aux attentes croissantes de nos pays, et initié une réforme en vue de tenir compte de nos aspirations légitimes.
Toutefois, elle n’est plus adaptée à nos réalités actuelles et ce, pour les raisons suivantes :
- Le déficit de financement de l’Afrique atteint près de 400 milliards de dollars US par an ;
- Les pays africains empruntent à des taux deux à quatre fois supérieurs à ceux des pays développés, du fait d’une appréciation généralement biaisée des risques de nos économies. À cet égard, la création de l’Agence de Notation Financière Panafricaine répond à un besoin primordial ;
- L’Afrique, qui contribue marginalement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, en subit les effets les plus violents, alors qu’elle ne capte que 2 % des financements climatiques.
Ainsi, la réforme que nous appelons aujourd’hui de nos voeux constitue une nécessité vitale pour notre continent. Elle doit réduire les risques perçus, améliorer la transparence et créer des instruments adaptés à nos réalités.
Cette réforme doit, de ce fait, répondre à trois impératifs :
- l’équité, par la garantie d’une meilleure représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale ;
- l’efficacité, à travers l’assurance de financements rapides et coordonnés, orientés vers les projets structurants ; et enfin
- la soutenabilité, en veillant à ce que le financement du développement renforce la capacité productive de nos économies, sans accroître leur vulnérabilité à la dette.
Dans cette perspective, les banques multilatérales de développement devront coordonner leurs actions et accélérer leur transformation, à travers, notamment, une meilleure utilisation de leurs bilans, une augmentation des prêts, une intensification de la mobilisation des capitaux privés, et, surtout, le renforcement des garanties, des financements en monnaie locale et des mécanismes de couverture du risque de change.
Dans ce contexte, la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement de l'Afrique (NAFAD) constitue un cadre de référence que nous devons collectivement approfondir et opérationnaliser. À cet égard, je voudrais féliciter le leadership du Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Monsieur Sidi Ould TAH, qui vient de lancer cette initiative à Abidjan, avec pour résultat, la naissance du « Consensus d’Abidjan ».
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
La conjoncture internationale actuelle, marquée par les tensions géopolitiques, l’inflation ou encore la perturbation dans les chaînes d'approvisionnement, nous rappelle, avec force, que l'Afrique doit oeuvrer davantage pour réduire sa dépendance et asseoir sa souveraineté économique et financière.
Par conséquent, nos efforts doivent également se concentrer sur la mobilisation de nos propres ressources, qui devraient être orientées vers l’investissement productif sur le sol africain, afin que celui-ci devienne un moteur de croissance durable et de prospérité partagée.
Cependant, pour attirer et maintenir durablement les investisseurs, il nous faudra garantir un cadre propice alliant stabilité macroéconomique, sécurité juridique et prévisibilité réglementaire. Il est donc crucial que nos politiques conduisent à l’atténuation des risques.
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Je souhaiterais, enfin, terminer mon propos en affirmant que le partenariat Afrique -France a un rôle historique à jouer dans notre ambition commune de réformer l’architecture financière internationale, mais à la condition que celui-ci se fonde sur des engagements concrets, des outils opérationnels et une responsabilité mutuelle.
Je vous remercie de votre aimable attention.

