Pour ses 55 ans, la LONACI a choisi de regarder dans le rétroviseur… avec ceux qui racontent son histoire au quotidien , les journalistes.
Dans la salle du studio de la LONACI, situé à Biétry ce mardi 19 mai 2026 , des figures emblématiques de la presse ivoirienne, patrons de médias, lauréats du Super Ebony et du Challenge Social ont répondu présents.
Prenant la parole, Abdoul Karim Ouattara, Directeur général adjoint, rappelle une réalité souvent ignorée , derrière les jeux de hasard, il y a un modèle économique basé sur la confiance .
« Nous ne créons pas de l’argent. Ce sont les joueurs. Et cette confiance passe par l’information », insiste-t-il.
De 5 milliards de chiffre d’affaires à sa création en 1970 à plus de 500 milliards aujourd’hui, la progression de la Lonaci s’est faite, selon lui, en étroite collaboration avec les médias. Une presse qui n’a pas seulement relayé, mais qui a aussi contribué à crédibiliser l’institution.
Mais le moment le plus marquant reste les témoignages, lors du panel. Ceux de journalistes qui ont vu leur travail dépasser les colonnes des journaux pour impacter directement des vies.
Raphaël Tano, lauréat Super Ebony 2022, raconte comment un simple reportage sur l’Institut des aveugles a conduit à sa rénovation complète. Avant cela, il s’était penché sur des enfants accusés de sorcellerie et abandonnés « Le plus grand défi, c’est l’impact humain », confie-t-il.
Même émotion chez Fatou Sylla, Grand Prix Challenge Social 2025. Son enquête sur les explosions de gaz butane, déclenchée après la mort de la comédienne Jolie , a nécessité plusieurs mois de travail. Elle en ressort profondément marquée .
« Depuis, je vérifie ma bouteille de gaz tous les soirs », avoue-t-elle, évoquant des témoignages bouleversants de victimes.
Ces récits donnent un visage concret à ce que la Fondation Lonaci appelle « l’impact social ».
Créée en 2019, la fondation de la LONACI a connu une croissance rapide. De 2,3 milliards FCFA en 2022 à 7,3 milliards aujourd’hui, elle a déjà financé 686 œuvres sociales pour un total de près de 25 milliards FCFA.
Son originalité ? S’appuyer sur les journalistes pour identifier les besoins réels des populations.
« Dans nos traditions, le griot porte la parole. Aujourd’hui, ce sont les médias », explique Aboubakary Ouattara, Directeur exécutif.
Un modèle gagnant, où les reportages deviennent des déclencheurs d’actions concrètes , fauteuils roulants, centres rénovés, ONG soutenues.
À une question posée dans la salle sur la reconnaissance des journalistes dans leurs rédactions, les réponses oscillent entre satisfaction et lucidité.
« Quand un journaliste revient avec un trophée, c’est tout le village qui mange », image Faustin Kouamé, lauréat 2024 et journaliste à Fraternité Matin.
Au-delà des primes et promotions, tous s’accordent sur un point : la véritable récompense reste l’impact sur les populations.
Les directeurs généraux de médias n’ont pas caché leur satisfaction.
De NCI à RTI, en passant par Business 24, tous reconnaissent un partenariat « structurant ».
À la RTI, Jean Martial Adou évoque une collaboration « de qualité », notamment autour d’émissions comme Variétoscope.
Du côté de NCI, on se souvient que la LONACI a été l’un des premiers annonceurs à faire confiance à la chaîne en pleine période de Covid.
Dans son mot de clôture, Abdoul Karim Ouattara élargit le débat. À l’heure de l’intelligence artificielle et de la désinformation, le rôle de la presse devient encore plus crucial « La frontière entre le vrai et le faux devient poreuse. Le travail de la presse responsable est plus important que jamais », alerte-t-il.
JB

