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Société Publié le jeudi 18 juin 2026 | Abidjan.net

Côte d'Ivoire : Les acteurs communautaires appellent à renforcer la protection des droits humains dans la lutte contre le VIH et la Tuberculose

Côte d'Ivoire : Les acteurs communautaires appellent à renforcer la protection des droits humains dans la lutte contre le VIH et la Tuberculose
© Abidjan.net Par Eric Atigan
Côte d'Ivoire: Présentation des résultats de l'Observatoire droits humains aux ''Journalistes Friendly''
Abidjan le 17 Juin 2026. Dans le cadre de la subvention GC7, l’ONG ENDA Santé Côte d’Ivoire, à travers l’Observatoire Communautaire de la Santé a initié un atelier portant sur les résultats liés au droit humain en lien avec le VIH et la Tuberculose de l'année 2025 ainsi que ceux du premier trimestre 2026 à l'attention des journalistes et professionnels des médias. 

Des journalistes et professionnels des médias ont pris part, ce mercredi 17 juin 2026 à Cocody, à un atelier de présentation des résultats de l'Observatoire communautaire des droits humains liés au VIH et à la tuberculose pour l'année 2025 et le premier trimestre 2026. Cette rencontre, organisée dans le cadre de la subvention GC7 par ENDA Santé Côte d'Ivoire à travers l'Observatoire communautaire de la santé, visait à renforcer les capacités des acteurs des médias sur les questions de droits humains afin de contribuer à une meilleure prise en compte des enjeux liés à la lutte contre ces deux pathologies.


Les échanges ont permis de présenter les principaux défis rencontrés par les populations clés et vulnérables dans l'accès aux services de prévention, de dépistage et de prise en charge, ainsi que les données issues du dispositif communautaire de documentation des violations des droits humains.


Présentant les résultats de l'Observatoire, la chargée du programme Droits humains d'ENDA Santé Côte d'Ivoire, Sawadogo Mariam, a salué les progrès enregistrés par la Côte d'Ivoire dans la lutte contre le VIH. Elle a indiqué que la prévalence nationale est passée de 4,7 % en 2012 à 1,57 % en 2025, traduisant des avancées significatives dans la riposte nationale.


Toutefois, a-t-elle souligné, l'épidémie demeure concentrée au sein de certaines populations clés en raison de la persistance de la stigmatisation, des discriminations et des violations des droits humains.


'' Les personnes vivant avec le VIH, les populations clés et les populations vulnérables restent confrontées à de nombreuses atteintes à leurs droits, notamment les violences basées sur le genre, les violations du secret médical, les discriminations et les difficultés d'accès aux services de santé'', a-t-elle expliqué.


Elle a précisé que le dispositif communautaire mis en place par les structures partenaires permet d'orienter les victimes vers des services de prise en charge juridique, médicale et judiciaire, tout en assurant la collecte et la documentation des cas afin de produire des données probantes destinées à renforcer le plaidoyer et les réponses institutionnelles.

Les données présentées révèlent également un niveau élevé de connaissance du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), évalué à 99,6 %. En revanche, la prévalence du VIH demeure préoccupante au sein de cette population, avec 16,4 %, tandis qu'elle atteint 40 % chez les personnes transgenres féminines, avec des taux particulièrement élevés à Bouaké (53,2 %) et à Abidjan (40,4 %).


Concernant les violations des droits humains, l'Observatoire a recensé 580 cas de violences au premier trimestre 2026, contre 1.265 cas sur l'ensemble de l'année 2024, la zone sanitaire d'Abidjan 2 concentrant à elle seule 283 cas.


Pour sa part, le directeur des programmes d'ENDA Santé Côte d'Ivoire, Yao N'dri Joachim, a indiqué que cette étude bio-comportementale portant sur le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST), associée à une estimation de la taille des populations clés, a été réalisée dans plusieurs localités, notamment Abidjan, Bouaké, Divo, Gagnoa, Man et San Pedro.


Il a rappelé que les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de guérir l'infection par le VIH.

''Notre objectif est de contribuer à dédramatiser le VIH. À l'état actuel des connaissances médicales, cette infection ne se guérit pas. En tant qu'organisation de la société civile, nous ne pouvons cautionner les affirmations selon lesquelles des tradipraticiens disposeraient d'un traitement curatif contre le Sida, car aucune preuve scientifique ne l'établit '', a-t-il déclaré.


Au terme des échanges, les organisateurs ont formulé plusieurs recommandations, notamment le renforcement des campagnes d'information et de sensibilisation sur le VIH et les infections sexuellement transmissibles, l'amélioration du niveau de connaissance des populations afin de réduire la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, y compris en milieu carcéral, ainsi que l'intégration des risques de transmission du VIH et des hépatites liés à l'utilisation d'objets souillés et au contact avec le sang dans les stratégies nationales de prévention.



EA

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