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Économie Publié le mercredi 24 juin 2026 | Abidjan.net

Financement carbone : la filière anacarde veut transformer les enjeux climatiques en opportunités économiques

Financement carbone : la filière anacarde veut transformer les enjeux climatiques en opportunités économiques
© Abidjan.net Par Franck N'Guessan
Financement carbone : la filière anacarde veut transformer les enjeux climatiques en opportunités économiques
Les acteurs de la filière anacarde se sont réunis, ce mercredi 24 juin 2026 à Abidjan-Plateau, dans le cadre d'un atelier d'échanges consacré aux opportunités de financement carbone dans la filière anacarde. Organisée par le Conseil Coton Anacarde Karité, avec l'appui de la Banque mondiale, cette rencontre a permis de présenter les résultats d'une étude sur le potentiel de valorisation carbone du secteur et de lancer les réflexions autour d'un projet de production et d'utilisation de biochar issu des coques de cajou.

Les acteurs de la filière anacarde se sont réunis, ce mercredi 24 juin 2026 à Abidjan-Plateau, dans le cadre d'un atelier d'échanges consacré aux opportunités de financement carbone dans la filière anacarde. Organisée par le Conseil Coton Anacarde Karité, avec l'appui de la Banque mondiale, cette rencontre a permis de présenter les résultats d'une étude sur le potentiel de valorisation carbone du secteur et de lancer les réflexions autour d'un projet de production et d'utilisation de biochar issu des coques de cajou.


L'objectif de cette initiative est de faire du marché du carbone un nouveau levier de financement durable au service de la filière, tout en renforçant sa résilience face aux effets du changement climatique.


Ouvrant les travaux, le directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité, Berté Mamadou, a salué l'engagement des différents acteurs en faveur du développement du cajou ivoirien et rendu hommage à la Banque mondiale pour son accompagnement technique et financier depuis la réforme de la filière en 2013.


Il a rappelé les performances enregistrées par le secteur, devenu l'un des piliers de l'économie nationale. En 2025, la production de noix brutes a dépassé 1,5 million de tonnes, dont 659 000 tonnes, soit 43 %, ont été transformées localement. La capacité annuelle de transformation atteint désormais plus de 830 000 tonnes.


Malgré ces résultats, il a souligné que la filière demeure confrontée à plusieurs défis, notamment la préservation du potentiel de production, la protection des ressources naturelles et la sécurisation des revenus des producteurs.


Pour y faire face, le Conseil Coton Anacarde Karité entend miser sur le développement de l'agroforesterie et sur la valorisation du carbone séquestré par les vergers d'anacardiers, une approche qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de financement tout en renforçant la contribution du secteur aux objectifs de développement durable.


Le directeur général a également présenté les cinq axes stratégiques retenus par l'institution, à savoir la valorisation du carbone stocké dans les vergers, le développement des énergies renouvelables, la gestion durable des déchets, les actions d'atténuation et d'adaptation au changement climatique ainsi que la restauration des sols dégradés.


Il a notamment cité la construction en cours du Centre de valorisation des coques de cajou à Yamoussoukro, qui s'inscrit dans une dynamique de promotion de la bioénergie et de l'économie circulaire.


Intervenant à son tour, Melanie Ahoba, représentante de la Banque mondiale, a indiqué que cet atelier constitue une étape importante d'un travail engagé depuis plusieurs mois afin d'identifier de nouvelles opportunités de création de valeur au sein de la filière anacarde.


Elle a rappelé que cette initiative s'appuie sur les acquis du Projet de promotion de la compétitivité de la chaîne de valeur de l'anacarde (PPCA), financé par la Banque mondiale, qui a contribué à structurer et à renforcer le secteur ces dernières années.


Selon elle, au-delà de son poids économique, la filière dispose d'un important potentiel environnemental encore insuffisamment exploité. Les plantations d'anacardiers, la valorisation des sous-produits de transformation et l'adoption de pratiques agricoles durables peuvent contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en générant de nouvelles ressources à travers les mécanismes de financement carbone.

 

Grâce au soutien du Compact with Africa Green Fund, une étude approfondie a permis d'identifier plusieurs pistes prometteuses, dont la production de biochar à partir des coques de cajou. Cette solution permettrait de valoriser un sous-produit encore peu exploité, de stocker durablement du carbone et d'améliorer la fertilité des sols agricoles.


Fn 

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