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Économie Publié le jeudi 9 juillet 2026 | Abidjan.net

Investisseurs américains et ivoiriens : une table ronde pour bâtir une nouvelle architecture de co-investissement

Investisseurs américains et ivoiriens : une table ronde pour bâtir une nouvelle architecture de co-investissement
© Abidjan.net Par JB EBOUCLE
Investisseurs américains et ivoiriens : une table ronde pour bâtir une nouvelle architecture de co-investissement

En marge des assises du groupe consultatif pour le financement du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire a accueilli, ce mercredi 8 juillet 2026 à l’Hôtel Tiama, une table ronde de haut niveau réunissant une délégation d’investisseurs institutionnels américains et leurs homologues ivoiriens.


Présidée par Touré Faman, la rencontre visait à jeter les bases d’une architecture innovante de co-investissement, capable de mobiliser des capitaux longs à des taux réduits pour financer les projets structurants du pays.


Dès l’ouverture, le président de la Chambre de Commerce a donné le ton : « Cette table ronde est une belle opportunité de proposer, dans le cadre d’une réflexion endogène adaptée à nos réalités, des solutions innovantes et pragmatiques, porteuses d’espoir pour nos entreprises du secteur privé. » Il a salué l’implication de l’ambassadeur Elsa Camara, consul général à New York, ainsi que la présence du représentant du président de la Banque africaine de développement.


Dans un contexte où près de 70 % du financement du PND 2026-2030 est attendu du secteur privé, dont environ 50 % via des partenariats publics-privés (PPP), les enjeux sont considérables. La représentante du Comité national de pilotage des PPP (CNPP) a rappelé qu’un catalogue de projets est disponible via QR code, tout en soulignant une contrainte majeure : « Le bouclage financier reste une difficulté. L’idéal serait d’associer les partenaires financiers dès les phases de négociation. »


Du côté des investisseurs américains, Bryan Baggenstos, directeur des investissements chez Casey Family Programs, a insisté sur une approche fondée sur la confiance et l’exécution : « Nous recherchons des partenaires humbles, engagés et capables d’exécuter. Nous voulons voir des projets concrets, pas seulement des idées. »


Même pragmatisme chez Tamara Maxwell, vice-présidente senior de la Export-Import Bank of the United States. Elle a détaillé les mécanismes de garantie de crédit permettant aux banques locales de financer à moindre coût les entreprises souhaitant acquérir des biens américains. « Nous n’avons pas de seuil minimum ni maximum. Certaines transactions commencent à 2 000 dollars », a-t-elle précisé, annonçant la relance du programme avec des signatures attendues avant la fin de l’exercice fiscal américain en septembre.


Le représentant de la BAD a, quant à lui, rappelé un paradoxe africain majeur : un déficit de financement estimé à 400 milliards de dollars par an, alors même que le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne. « Le véritable défi réside dans l’architecture qui relie les capitaux aux opportunités », a-t-il affirmé. Il a présenté les axes stratégiques portés par le président Sidi Ould Tah, notamment la réforme des systèmes financiers africains et la promotion du financement mixte pour mobiliser les investisseurs institutionnels.


Dans la salle, les opérateurs économiques ivoiriens ont interpellé les investisseurs sur les mécanismes concrets d’accès aux financements. Fousseni Diakité a ainsi questionné les modalités d’accompagnement des entreprises industrielles existantes. Une préoccupation partagée par le Dr Kanigui Ouattara, président de la Fédération ivoirienne des PME, qui a plaidé pour un renforcement des capacités en matière de structuration de dossiers bancables : « Nous avons besoin d’être accompagnés pour présenter des projets solides. »

En réponse, Bryan Baggenstos a indiqué que sa structure explore activement des opportunités d’investissement dans la filière cacao, tandis que Tamara Maxwell a invité les entreprises ivoiriennes à établir un contact direct avec l’EXIM Bank afin de bénéficier des mécanismes de garantie.


Modérateur des échanges, Alphonse Kouakou, PDG d’IBI Venture et ancien directeur exécutif du Groupe de la Banque mondiale, a insisté sur la nécessité de transformer les intentions en actions concrètes : « Il ne s’agit pas uniquement de capital, mais aussi de relations, de structuration et de crédibilité des projets. »

Les discussions se poursuivront lors d’un dîner de réseautage prévu ce jeudi 9 juillet à l’Hôtel Mövenpick Abidjan, avec l’ambition de déboucher sur les premiers partenariats structurants.


En conclusion, Touré Faman a réaffirmé l’engagement de l’institution consulaire : « Nous avons reçu les investisseurs, mais ce n’est qu’un début. Ils sont disposés à poursuivre l’accompagnement », une dynamique que les opérateurs économiques espèrent voir rapidement se traduire en investissements concrets et mesurables.


JB

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