C’est une pratique illégale. Malgré son interdiction, des individus se livrent au transvasement du gaz butane. Le gouvernement a lancé une véritable traque pour freiner un phénomène qui prenait de l’ampleur.
Environ 1300 bouteilles de gaz butane et une vingtaine de machines de transvasement ont été saisies à Bouaké dans le cadre de la lutte contre le transvasement illicite de gaz butane. L’opération menée par les agents de la direction générale des hydrocarbures (DGH) s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, avec le soutien des autorités administratives et sécuritaires.
Depuis quelques années la direction générale des hydrocarbures est engagée dans une longue série d’opérations contre un phénomène qui commençait à prendre des proportions inquiétantes.
« Nous avons instruit depuis notre prise de service, la direction générale des hydrocarbures, afin qu'elle mène une lutte sans merci contre les fraudeurs, les contrebandiers, tous ceux qui font du transvasement illicite. Nous avons demandé de démanteler tous les centres disséminés à travers le pays, particulièrement dans la région d'Abidjan et qui ne sont pas autorisés », avait prévenu le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
La lutte s’intensifie donc sur le terrain, Bouaké, Daloa, Duékoué, Gagnoa, Man, Yamoussoukro, San Pedro…
A Daloa par exemple, l’équipe de démantèlement des sites illégaux a procédé à la saisie de plus de 4 500 bouteilles de gaz et au démantèlement de plus de 20 machines illégales utilisées dans le cadre du transvasement frauduleux du gaz butane, le 17 janvier 2026.
Du 5 au 7 mai dernier, la direction générale des hydrocarbures avait mis le cap sur les localités de Soubré, Lakota et Divo. L’équipe de démantèlement des sites illégaux dans l’exécution de cette opération a bénéficié du soutien du corps préfectoral et des forces de l’ordre. Cette collaboration efficiente a permis de saisir 1 500 bouteilles de gaz et une dizaine de machines servant au transvasement.
Dans chacune des localités, le gouvernement allie répression et campagnes de sensibilisation aux dangers du transvasement illégal.
Le directeur du suivi et de la réglementation des hydrocarbures Médard N’Zué Kouakou regrette que ce gaz, destiné à un usage strictement domestique, soit désormais détourné pour alimenter des véhicules de transport en commun ainsi que des véhicules privés.
« L'Etat subventionne justement le butane pour le rendre accessible aux ménages à faibles revenus. Cependant, une partie du butane est dévoyée et sert désormais de transport pour des véhicules. Cela doit prendre fin et nous envisageons des mesures pour que dorénavant, nous puissions être assurés que la subvention est désormais destinée aux ménages et non à autre chose. », a averti Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Sans oublier que des bouteilles B6 sont transvasée dans des bouteilles B12 qui sont mises sur le marché. Mettant à mal la pouvoir d’achat des ménages. Pourtant, le butane bénéficie d’une politique permettant aux ménages, même les plus modestes, d’accéder à ce produit. Avec pour objectif de lutter contre la déforestation et préserver la santé des femmes de ménage. « Près d'une décennie après, cette politique a connu un franc-succès au point où nous avons par an, une croissance de près de 10% de la demande nationale en produit pour le butane », indique le ministre.
Le transvasement illégal du gaz butane est loin d’être une simple infraction administrative. Pour les autorités, il constitue une menace directe pour les populations riveraines, et les passagers des véhicules exposés à des risques majeurs d’incendie et d’explosion.
Le transvasement se fait avec du matériel inadéquat alimente des circuits parallèles avec de lourdes répercussions économiques et sécuritaires pour l’État Le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie exhorte les populations à ne pas se faire complices et à dénoncer ces pratiques dangereuses en appelant les numéros verts suivants : 1699 / 101.
Les individus arrêtés risquent une peine privative de liberté pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et des amendes administratives.
CICG

