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Économie Publié le vendredi 24 juillet 2026 | Abidjan.net

Côte d'Ivoire: le ministre Adama Coulibaly appelle à des financements innovants pour accélérer la transformation industrielle de l'Afrique

Côte d'Ivoire: le ministre Adama Coulibaly appelle à des financements innovants pour accélérer la transformation industrielle de l'Afrique
© Abidjan.net Par DR
Côte d'Ivoire: le ministre Adama Coulibaly appelle à des financements innovants pour accélérer la transformation industrielle de l'Afrique
Le ministre de l'Économie, du Budget et des Finances, Adama Coulibaly a au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé ouvert les travaux de la session ministérielle conjointe du 9e Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l'Intégration et du 5e CTS sur le Commerce, le Tourisme, l'Industrie et les Ressources minérales de l'Union africaine le jeudi 23 juillet 2026 à Abidjan-Cocody.

Le ministre de l'Économie, du Budget et des Finances, Adama Coulibaly a au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé ouvert les travaux de la session ministérielle conjointe du 9e Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l'Intégration et du 5e CTS sur le Commerce, le Tourisme, l'Industrie et les Ressources minérales de l'Union africaine le jeudi 23 juillet 2026 à Abidjan-Cocody. Au cœur des débats figure un enjeu majeur pour le continent : le financement de l'industrialisation pour un développement durable.


Il a exprimé la reconnaissance du gouvernement ivoirien à la Commission de l'Union africaine pour cette marque de confiance, tout en rappelant l'importance stratégique de cette session qui fait suite à trois jours de travaux techniques des experts.

Selon Adama Coulibaly, les ministres sont désormais appelés à examiner les conclusions des experts afin d'adopter des orientations politiques susceptibles d'accélérer l'industrialisation du continent. « Il nous appartient désormais de statuer sur leurs recommandations, d'en apprécier la portée politique et opérationnelle et de dégager les orientations nécessaires pour leur mise en œuvre », a-t-il déclaré.


Le ministre a souligné que le financement de l'industrialisation constitue un défi transversal impliquant les politiques budgétaires et fiscales, la gestion de la dette, le développement des marchés financiers, les investissements privés ainsi que l'intégration économique régionale.

Malgré les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Adama Coulibaly a relevé que les économies africaines restent fortement dépendantes des exportations de matières premières, exposées à la volatilité des marchés internationaux et confrontées à un coût élevé du capital.

Il a rappelé que, selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), l'Afrique devra combler un déficit annuel de financement d'environ 400 milliards de dollars d'ici à 2030 pour réussir sa transformation structurelle.


Face à cet enjeu, il a appelé à une meilleure articulation entre les ressources publiques, les financements concessionnels, les mécanismes de garantie, les partenariats public-privé, les marchés de capitaux ainsi que l'épargne de long terme détenue notamment par les fonds de pension et les compagnies d'assurance. Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources intérieures à travers une administration fiscale plus performante, une meilleure gouvernance des ressources naturelles, la lutte contre les flux financiers illicites et une gestion plus efficace des dépenses publiques.


Évoquant l'expérience ivoirienne, Adama Coulibaly a indiqué que, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le durcissement des conditions financières et les défis sécuritaires dans la sous-région, la Côte d'Ivoire a enregistré une croissance estimée à 6,6 % en 2025, avec une projection de 6,2 % en 2026. Cette performance consolide, selon lui, la position du pays parmi les économies les plus résilientes d'Afrique et renforce son rôle de moteur économique en Afrique de l'Ouest, représentant près de 40 % du PIB de l'UEMOA.


Le ministre a également souligné l'évolution de la structure économique ivoirienne, avec un secteur secondaire représentant désormais près de 24 % du PIB, contre 16,8 % pour le secteur primaire, illustrant les progrès accomplis en matière de transformation structurelle.

Adama Coulibaly a mis en avant les réformes engagées par le gouvernement pour renforcer les finances publiques.

La pression fiscale est ainsi passée de 12,6 % du PIB en 2021 à 14,7 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire a été ramené à 3 % du PIB, conformément aux critères de convergence de l'UEMOA.

Il a aussi annoncé que la Côte d'Ivoire bénéficie désormais d'un risque de surendettement jugé faible, une amélioration qui en fait, selon lui, la seule économie d'Afrique subsaharienne à avoir obtenu une telle réévaluation.

S'agissant des perspectives, le ministre a rappelé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030 prévoit un volume global d'investissements de 114 838,5 milliards de FCFA, dont 70,2 % devraient provenir du secteur privé, avec un objectif de croissance moyenne annuelle de 7,2 %.

« Les populations africaines attendent de nous des résultats tangibles, avec des financements plus accessibles, des projets mieux structurés, des partenariats plus efficaces, une intégration économique plus approfondie et une croissance créatrice d'emplois, notamment pour la jeunesse », a-t-il déclaré.


Le ministre a réaffirmé l'engagement de la Côte d'Ivoire à accompagner, aux côtés de la Commission de l'Union africaine, des institutions financières et du secteur privé, les initiatives destinées à accélérer le développement socio-économique et l'industrialisation du continent.


Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), Claver Gatete, a estimé que les crises successives ont mis en évidence la vulnérabilité des économies insuffisamment industrialisées.

Il a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources intérieures, une meilleure coordination des politiques publiques et des investissements davantage orientés vers les secteurs productifs afin de renforcer la résilience économique du continent.


Intervenant au nom de la Banque africaine de développement (BAD), la vice-présidente principale Marie-Laure Akin-Olugbade a rappelé que l'industrialisation demeure l'un des principaux leviers de création d'emplois, d'amélioration de la productivité et de renforcement de la résilience des économies africaines. Elle a souligné la nécessité de mobiliser des financements adaptés pour accompagner cette transformation.

La directrice générale du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), l'ambassadrice Marie-Antoinette Rose Quatre, a annoncé le lancement officiel de l'Agence africaine de notation de crédit (AFRA) le 6 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice.

Cette nouvelle institution vise à proposer une évaluation plus objective du risque africain afin de contribuer à réduire le coût du financement des économies du continent.


Prenant la parole au nom de l'Association des Femmes Africaines de la Transformation, sa présidente continentale Mamadou Arzika Rabiatou a plaidé pour une implication plus forte des femmes dans les politiques industrielles africaines. Elle a proposé la création d'un centre africain de recherche dédié aux femmes, un meilleur accès au financement, une accélération de la transformation numérique des entreprises féminines ainsi que la mise en place d'un mécanisme continental de suivi des engagements des États en faveur de l'entrepreneuriat féminin.


Cyprien K.

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