L’INDÉPENDANCE NATIONALE, ENTRE SOUVERAINETÉ POLITIQUE ET DÉVELOPPEMENT GLOBAL
Au départ l’indépendance : ensemencement d’une souveraineté globale.
L’indépendance est acquise en 1960. Cette indépendance consacre pour la Côte d’Ivoire une souveraineté juridique et politique. L’État ivoirien a, désormais, le droit de siéger parmi les nations, d’administrer son territoire avec l’appareillage législatif et réglementaire qui lui sied. Ce n’est point-là un aboutissement mais, plutôt, une amorce qui intègre profondément et dynamiquement, les conditions d’un développement à venir. C’est un ensemencement fécond. Cette fécondité projette, en plusieurs étapes comme en une, la souveraineté globale. Voici le contenu de ladite souveraineté :
Une souveraineté politique, diplomatique et juridique. La souveraineté juridique, politique et diplomatique est consacrée par la déclaration d’indépendance de la Côte d’Ivoire le 07 août 1960.
Une souveraineté politique : La Côte d’Ivoire assure, désormais, de façon autonome, le pouvoir exécutif sur l’ensemble de son territoire. L’indépendance proclamée sonne la fin de la tutelle coloniale et met les dirigeants devant leurs responsabilités. Ces responsabilités font corps avec l’élection démocratique d’un chef d’Etat, la formation d’un gouvernement, la nationalisation des cadres, etc.
Une souveraineté diplomatique. La Côte d’Ivoire, par son indépendance, fait son entrée dans le concert des nations, aux côtés des autres nations du monde. Elle adhère, le 20 septembre 1960, à l’ONU, et entame, depuis cette période, une série de relations bilatérales ; participe à la création et à l’animation d’organisations régionales et sous régionales comme la CEDEAO, le Conseil de l’Entente.
La Côte d’Ivoire parle en son nom propre. La Côte d’Ivoire parle d’égal à égal avec les autres nations.
Une souveraineté juridique. La Côte d’Ivoire, dès l’indépendance, se dote de ses propres et institutions : Constitution, appareil législatif et judiciaire, etc.
Une souveraineté économique, industrielle et technologique.
Cette souveraineté se décline en plusieurs objectifs majeurs : (i) Maîtriser les leviers de production et de distribution ; (ii) Réduire la dépendance aux cours mondiaux des matières premières ; (iii)Transformer localement les ressources.
Une souveraineté alimentaire et sociale. La société alimentaire et sociale vise le bien-être des populations. Il s’agit : (i) de nourrir la population sans dépendre des importations ; (ii) de garantir l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale.
Une souveraineté sécuritaire et territoriale. La souveraineté sécuritaire et territoriale est une donnée cruciale de la souveraineté globale et dépasse le simple cadre formel pour s’ancrer dans la matérialité. Il s’agit, pour la Côte d’Ivoire, de maîtriser le territoire et la sécurité de la population ; et d’assurer l’intégrité et l’intégralité des autres souverainetés dont elle est la condition sine qua non.
La souveraineté globale attendue ne saurait être complète sans une transformation structurelle des bases productives héritées de la période coloniale, marquées par la primauté des cultures de rente (cacao, café) et une faible diversification industrielle d’où la mise en place de Plans Nationaux de développement (PND).
LES PND SUCCESSIFS
Les plans de développement successifs, depuis l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, s’inscrivent complémentairement, dans l’atteinte de la souveraineté globale projetée. En la matière la Côte d’Ivoire a connu plusieurs types de plans nationaux de développement.
L’ère des plans quinquennaux. Les plans de développement : 1960-1993
Sous la présidence du président fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, feu Félix Houphouët-Boigny, les objectifs de développement inclinaient au choix d’un plan global qui engageait l’ensemble des secteurs de l’économie dans une vision intégrée, assorti d’indications et d’impératifs (SOURNIA, 2023 : 124). Ces objectifs s’articulaient autour de deux axes essentiels : (i) la mise en valeur basée sur des opérations intégrées ; (ii) l’utilisation des ressources et potentialités régionales dans le double objectif d’arriver à une autosuffisance alimentaire et de réduire les disparités régionales.
Ces plans quinquennaux ont favorisé le développement spectaculaire de l’économie ivoirienne entre 1960 et 1980 : le miracle ivoirien.
Les plans de crise et de restructuration : 1980-2011
Dès les années 1980, la Côte entre dans le cercle vicieux des crises. La conséquence : la régularité des PND est entamée. Il faut réagir. Et la réaction s’est trouvée dans les programmes d’ajustement structurel des années 1980-1990. Ces programmes ont connu une interruption avec les crises militaro-politiques de 1999 à 2011.
Les plans de structuration : 2012-2015 ; 2016-2020
Ces plans sont pluriannuels. Ils visent l’émergence de la Côte d’Ivoire dans la vision 2030.
Les plans de croissance : 2021-2025
Les plans de croissance prévoient six piliers de déploiement : industrialisation ; capital humain ; secteur privé ; inclusion sociale ; développement régional équilibré ; gouvernance.
Les plans d’investissement global : 2026-2030
Tout cela participe d’un mémorial de légitimation de la Côte d’Ivoire que symbolise la commémoration de l’indépendance.
L’INDÉPENDANCE NATIONALE, ENTRE MÉMOIRE ET LÉGITIMATION
La commémoration du 7 août est un acte des plus hauts de Côte d’Ivoire, chargé de signification, de valeur et de symbole. Elle s’inscrit dans la légitimation des politiques publiques amorcées depuis l’accession à la magistrature suprême de son Excellence Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, ces politiques publiques sont contenues dans les PND antérieurs et dans celui en cours. Et les résultats obtenus ainsi que ceux projetés doivent être présentés à la population ; toute chose qui s’intègre, naturellement, dans la commémoration de l’indépendance.
En 2025, c’était à Bouaké. En 2026, c’est à Yopougon. C’est un symbole fort de la proximité de Son Excellence Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire, de la population ivoirienne. C’est un symbole fort de la proximité des autorités de la population ivoirienne. Ce symbole de rapprochement entre l’État central et les territoires, est en totale résonance avec l’un des piliers constants des PND successifs : le développement régional équilibré.
Le thème retenu pour la commémoration de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, cette année 2026, est centré sur le rôle des forces de défense et de sécurité au service de la paix, de l’unité et du développement : « . » Ce thème est un indicateur de la préoccupation permanente de Son Excellence Alassane OUATTARA, Président de la République de la Côte d’Ivoire, d’assurer à la Côte d’Ivoire la souveraineté sécuritaire et territoriale, gage de stabilité politique et de poursuite du projet de développement.
L’INDÉPENDANCE NATIONALE 2026, ENTRE CONTINUITE ET TRANSFORMATION
Le PND 2026-2030 est, à la fois, une continuité de la politique de développement enclenché dès l’accession à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire par Son Excellence Alassane OUATTARA, le renforcement et l’adaptation réaliste par l’inauguration d’une transformation structurelle dynamique et autrement. L’émergence économique est à ce prix. Ce qui légitime les plans successifs en les inscrivant dans une vision de progrès inclusif. Le PND 2026-2030, se caractérise par l’ampleur du volume d’investissement annoncé (estimé à plus de 114 000 milliards FCFA), la mobilisation accrue attendue du secteur privé, et l’intégration plus explicite des enjeux climatiques et de l’économie verte. Toutes ces caractéristiques traduisent une inflexion vers un modèle de développement se voulant plus résilient face aux chocs globaux comme les pandémies, les tensions géopolitiques, et le changement climatique. Ce plan projette une croissance moyenne de 7,2 %, la création de plusieurs millions d’emplois formels, la réduction du taux de pauvreté sous la barre des 20 %, et l’allongement de l’espérance de vie.
AU TOTAL,
Le 66ᵉ anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire mobilise la mémoire des populations ivoiriennes autour de son histoire et rassure sur la trajectoire optimiste vers un développement harmonieux. L’atteinte de ce développement est le produit des PND successifs, et surtout, du PND 2026-2030, qui finissent par faire correspondre la souveraineté formelle acquise en 1960 à une souveraineté matérielle concrètement vécue.
Honorable Professeur Justin KOFFI
PU-PH UFHB/CHU COCODY
Directeur Général ARRE
Secrétaire Exécutif Adjoint RHDP
DÉPUTÉ Élu

