Les services du ministère des Ressources animales et halieutiques ont intercepté, dans la nuit du lundi 27 juillet 2026, un camion-remorque transportant 78 ânes au poste de contrôle douanier de M’Bengué, dans le nord de la Côte d’Ivoire.
Selon un communiqué partagé à Abidjan.net ce samedi 15 août 2026, l’opération a été menée conjointement par les agents de la Direction départementale des Ressources animales et halieutiques de M’Bengué et ceux du poste de contrôle douanier de la localité.
Selon les premières constatations, les animaux étaient transportés sans les documents sanitaires et administratifs requis. Les personnes concernées auraient déclaré que les ânes avaient été achetés au Mali avant d’être acheminés progressivement jusqu’à Sandrégué, un village situé dans la sous-préfecture de M’Bengué. Ils y auraient été regroupés avant leur chargement dans un camion à destination du Ghana.
Face à l’absence des documents exigés et au projet de transport des animaux vers le Ghana, les 78 ânes ont été saisis et placés sous la surveillance des services vétérinaires. Des mesures ont également été prescrites pour assurer leur alimentation, leur santé, leur sécurité ainsi que le respect des règles de biosécurité.
Des investigations sont en cours afin de déterminer avec précision la provenance des animaux, les conditions de leur entrée sur le territoire ivoirien et les responsabilités des différents acteurs impliqués.
Dans son communiqué, le ministère des Ressources animales et halieutiques rappelle l’importance des ânes dans les économies rurales. Ces animaux sont notamment utilisés pour le transport des personnes, de l’eau, des récoltes, des intrants agricoles et de diverses marchandises. Leur contribution permet également de réduire la pénibilité des travaux agricoles et de soutenir les moyens de subsistance de nombreux ménages ruraux.
Le ministère alerte toutefois sur la recrudescence du trafic transfrontalier des ânes et de leurs peaux, favorisée par une demande commerciale croissante. Cette pratique expose les populations asines à des prélèvements excessifs, aux vols, aux déplacements irréguliers et à des pratiques d’abattage illicite.
La réglementation ivoirienne interdit l’exportation des ânes vivants, de leur viande, de leur peau ainsi que de tout autre produit ou sous-produit issu de l’espèce asine. Le décret n° 2022-547 du 13 juillet 2022 portant réglementation de l’abattage et de l’exportation des asins, de leurs produits et sous-produits encadre également strictement les opérations de transit sous-régional ou régional, qui ne peuvent être admises que dans les conditions prévues par le texte, notamment sous escorte douanière.
Le même décret interdit, sur l’ensemble du territoire national, l’abattage des ânes destiné à la commercialisation, à la consommation humaine ou animale ou à tout autre usage, sous réserve des exceptions prévues par la réglementation.
Le ministère souligne que ces dispositions s’inscrivent dans les orientations de la CEDEAO en matière de santé et de bien-être animal ainsi que dans celles de l’Union africaine relatives à la préservation de l’espèce asine.
Il condamne fermement toute activité d’abattage commercial illicite, de trafic ou d’exportation interdite d’ânes et de leurs produits. Il invite les éleveurs, commerçants, transporteurs et autres opérateurs à respecter les exigences sanitaires, vétérinaires, douanières et administratives applicables au déplacement des animaux.
Les populations sont également appelées à signaler aux autorités administratives, sécuritaires, douanières ou vétérinaires toute activité suspecte impliquant des ânes ou leurs produits.
Les suites appropriées seront données à cette affaire conformément aux textes en vigueur, précise le ministère dirigé par Sidi Tiémoko Touré.
Cyprien K.

