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Économie Publié le mercredi 9 septembre 2026 | Abidjan.net

Cacao : Stabilisation ou libéralisation du prix du cacao, ce qu’il faut savoir

Cacao : Stabilisation ou libéralisation du prix du cacao, ce qu’il faut savoir
© Abidjan.net Par DR
Le cacao de Côte d`Ivoire

La Côte d’Ivoire a lancé sa campagne de commercialisation du cacao depuis le 1er septembre avec, en point d’orgue, l’annonce du prix garanti bord champs de 1200 Fcfa/kg de cacao.



Cependant, depuis cette annonce du prix garanti, des voix s’élèvent pour dénoncer un prix jugé insuffisant, faible voire même ridicule, en comparaison avec les prix affichés par d’autres pays producteurs qui seraient bien plus élevés que le nôtre.



S’il est vrai que chacun est libre de se prononcer sur le prix garanti fixé ou même de donner une opinion, il est bon de savoir quel système de vente encadre le secteur dans chaque pays et les différences entre ces systèmes qui font apparaître de telles disparités, lesquelles, à première vue, laissent penser qu’un système serait mieux que l’autre.



Tous les pays producteurs de cacao ont fait des choix différents en matière de vente extérieure de leur cacao, ce qui implique des choix en matière de fixation de prix aux producteurs.




Si certains pays producteurs ont opté pour la libéralisation totale de leur secteur cacao en ne fixant aucun prix garanti et en adoptant une taxation à minima, c’est avant tout en fonction de la place qu’occupe le secteur cacao dans leur économie et, surtout, l’impact social du secteur dans leur économie.




Le système libéralisé repose avant tout sur un principe assez simple pour le producteur et les autres acteurs de la chaine de valeur.


Le prix n’est pas garanti par un quelconque système de vente anticipée mais libre et indicatif qui est lié au prix du marché du jour ou SPOT.


Chaque jour de marché, le prix affiché à la fin de la journée sera le prix indicatif que le producteur devra négocier seul et sans aucune garantie avec les autres intermédiaires que sont les pisteurs, les acheteurs et les exportateurs.


Le producteur peut tout simplement prendre son cacao et aller le vendre directement à l’exportateur au port, sans passer par les intermédiaires. Cela suppose qu’il dispose d’un moyen de transport, de contrôle qualité et de toute la logistique nécessaire pour livrer son cacao directement à l’exportateur.




L’avantage d’un tel système est que le planteur bénéficie directement du prix SPOT affiché sur le marché international. Il subit directement toutes les variations et fluctuations du marché international, sans aucun filet de sécurité pour le protéger en cas d’effondrement des cours.




Pour la très grande majorité des pays producteurs de cacao tels que le Cameroun, le Nigeria, l’Équateur, le Brésil et la Colombie – pour ne citer que les plus importants –, ce choix de la libéralisation totale du marché du cacao résulte du fait que cette matière première n’est pas une source de revenus importante pour l’économie et encore moins un secteur où l’impact social est important dans l’équilibre social de ces pays.



Par ailleurs, les quantités produites dans ces pays sont assez marginales, comparées à la Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux premiers pays producteurs au monde.



Certes, même si l’Équateur produit aujourd’hui un volume sensiblement équivalent à celui du Ghana, c’est-à-dire plus de 550,000 tonnes par saison, le Brésil : 130,000 tonnes, la Colombie : 56,000 tonnes, le Pérou : 100,000 tonnes, 250,000 tonnes pour le Nigeria et 230,000 tonnes pour le Cameroun, il faut savoir, qu’à l’exception du Cameroun, le cacao représente une activité négligeable pour les autres pays cités.


Par ailleurs, en Amérique Latine, les plantations de cacao sont aux mains de grandes coopératives très bien structurées et de fermier qui possèdent des centaines et des milliers d’hectares de cacao.



LE SYSTEME STABILISÉ OU VENTES ANTICIPÉES, POUR UN PRIX GARANTI



La Côte d’Ivoire et le Ghana, premier et deuxième producteurs mondiaux de cacao, sont les deux seuls pays à avoir fait le choix de la stabilisation de la commercialisation extérieure de leur cacao, au regard de l’importance que représente le secteur pour leurs économies mais, surtout, à cause de son influence sociale et politique.



Dans ces deux pays, le cacao est la première source de revenus et le premier secteur d’activité économique qui emploie des millions de producteurs et de travailleurs.


Plus de 8 millions de personnes vivent directement et indirectement du secteur cacao en Côte d’Ivoire. Au Ghana, ils sont plus de 2 millions de personnes.



Le système stabilisé se caractérise avant tout par le mécanisme de vente anticipée qui permet au pays, via un organe de régulation, de vendre, avant même que le cacao ne soit produit, le volume estimé un an à l’avance, afin de fixer un prix garanti sur toute la durée de la campagne qui sera inchangé, quel que soit les variations et les fluctuations du marché international.



Ce prix garanti qui est le résultat d’une moyenne de ventes effectuées sur une année, ne permettra certes pas aux producteurs de bénéficier d’une hausse soudaine des cours mondiaux mais il leur permettra, en revanche, de maintenir ce prix inchangé en cas de chute des cours mondiaux.


Ils ne pourront bénéficier de ces bons prix que la saison suivante, quand les ventes par anticipations auront pris en compte le niveau des cours mondiaux.



La stabilisation du secteur cacao offre ainsi une assurance aux millions de petits producteurs qui sont assurés d’avoir un prix fixe toute la saison, ce qui permet d’anticiper et de prévoir les gains et les ressources.



La stabilisation permet de se prémunir contre les fluctuations du marché international du cacao dont la volatilité est une source d’angoisse et de tension pour tous les producteurs.



En tout état de cause, les deux systèmes sont identiques et se rejoignent in fine dans la mesure où le prix pour le planteur sera toujours le reflet et en ligne avec les cours internationaux.



Entre janvier et avril 2026, quand les cours internationaux de cacao étaient au plus bas, nous avons assisté à des scènes surprenantes et surréalistes de planteurs de cacao au Cameroun qui détruisaient leurs plantations, le prix d’achat de la fève étant passé, en quelques semaines, de 5000 F CFA, début septembre / octobre 2025 à 1600 F CFA en janvier 2026.



Aujourd’hui, ces mêmes planteurs sont heureux du niveau des cours mondiaux qui leur permet de vendre leurs fèves à 2900 F CFA tandis que les producteurs ivoiriens perçoivent 1200 F CFA.



Cette embellie actuelle des cours mondiaux devrait profiter aux producteurs ivoiriens lors de la récolte intermédiaire de mars 2027 et pendant la prochaine campagne principale, en septembre 2027.



Rappelons que la Côte d’Ivoire a expérimenté la libéralisation du secteur cacao sous la pression de la banque mondiale entre 2000 et 2011, avec des conséquences désastreuses pour les producteurs qui ont été littéralement abandonnés, volés et oubliés par un système qui a enrichi comme jamais les exportateurs, les pisteurs et les acheteurs.



Le prix garanti le plus élevé pendant toute la période de la libéralisation avait été de 1100 F CFA/kg de cacao.



Le retour à la stabilisation a permis aux planteurs ivoiriens de percevoir des revenus décents et stables depuis 15 ans.



La Côte d’Ivoire a donc fait le choix fort et responsable de la stabilisation après avoir expérimenté la libéralisation et le prix garanti de 1200 F CFA/kg fait partie des prix garantis les plus élevés que le planteur de cacao n’est jamais perçus en Côte d’Ivoire ces 25 dernières années.



An

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