Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a tenu à clarifier la position de l’exécutif dans la procédure judiciaire engagée contre Koné Katinan. Au terme du Conseil des ministres tenu ce mercredi 9 septembre 2026 au Palais de la Présidence de la République, à Abidjan-Plateau, en présence du président de la République Alassane Ouattara, le ministre a insisté sur la nécessité de distinguer les actions du gouvernement de celles du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
« Le gouvernement n'a pas porté plainte. Et à ce que je sache, le gouvernement n'a pas été indexé », a d’emblée précisé Amadou Coulibaly, répondant aux interrogations sur cette affaire.
Pour le porte-parole de l’exécutif, il ne faut donc pas attribuer au gouvernement une démarche judiciaire qui relève du parti politique. Il a expliqué que si le gouvernement s’était considéré comme victime de diffamation, il aurait lui-même saisi la justice. « Si le gouvernement s'était senti diffamé, le gouvernement aurait porté plainte, très certainement, parce que nous ne pouvons pas accepter la diffamation, d'où qu'elle vienne », a-t-il déclaré.
Amadou Coulibaly a par ailleurs réaffirmé que le gouvernement demeure attaché à la liberté d’expression, tout en appelant à la responsabilité dans l’usage de cette liberté. « Nous sommes un pays de liberté d'expression. Mais je le répète très souvent ici, la liberté d'expression s'accompagne aussi du sens de la responsabilité », a-t-il soutenu.
Le ministre a notamment estimé que la liberté d’expression ne saurait servir de justification à la diffusion de ce qu’il considère comme des informations erronées. « On ne peut pas, au nom de la liberté d'expression, dire des contre-vérités », a-t-il insisté.
Sur le fond de la procédure judiciaire en cours, Amadou Coulibaly a indiqué ne pas vouloir commenter une affaire désormais entre les mains de la justice. Il a surtout invité les journalistes à s’adresser directement au RHDP pour connaître les raisons qui ont conduit le parti à porter plainte. « Je n'ai pas l'habitude, comme je vous le dis, de commenter les affaires qui sont entre les mains de la justice. Là, c'est une procédure qui est ouverte. Demandez au RHDP pourquoi il a porté plainte. Et à ce moment, le RHDP pourra vous répondre », a-t-il déclaré.
Cette précision constitue le principal message du porte-parole du gouvernement : la procédure judiciaire évoquée ne doit pas être assimilée à une action engagée par le gouvernement ivoirien. Le RHDP, en tant que formation politique, est appelé à répondre des motifs de sa démarche judiciaire.
Amadou Coulibaly a enfin réaffirmé l’ouverture du gouvernement à la critique, particulièrement lorsqu’elle est constructive. « Nous, nous sommes un gouvernement ouvert. On accepte la critique, la critique constructive », a-t-il affirmé.
Le porte-parole du gouvernement a toutefois maintenu sa volonté de répondre à ce qu’il considère comme des contre-vérités. « Mais quand il s'agit de dire des contre-vérités, en général, ici, je réponds à toutes les contre-vérités et à tous les mensonges », a-t-il conclu.
Ainsi, dans cette affaire, Amadou Coulibaly appelle à ne pas confondre la responsabilité institutionnelle du gouvernement avec l’initiative judiciaire prise par le RHDP, tout en laissant à la justice le soin de traiter la procédure en cours.
Cyprien K.

