Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, en collaboration avec Creditinfo West Africa, a engagé ce jeudi 17 septembre 2026 à Abidjan une concertation avec les acteurs du secteur financier sur la qualité et l’exhaustivité des données alimentant le Bureau d’Information sur le Crédit de l’UEMOA (BIC-UEMOA). Une démarche qui vise à améliorer la fiabilité des informations de crédit, renforcer la gestion des risques et soutenir plus efficacement le financement de l’économie.
Réunis au Noom Hôtel Plateau, des représentants du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, de la BCEAO, des établissements de crédit, des systèmes financiers décentralisés et des grands facturiers ont pris part aux Rencontres consultatives sur la qualité et l’exhaustivité des données du dispositif BIC-UEMOA.
À l’ouverture des travaux, Diomandé Gondo, Chef de cabinet du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, représentant le ministre Adama Coulibaly, a souligné l’importance de la qualité des données dans le fonctionnement du système financier. Il a rappelé que le BIC constitue « un outil essentiel de renforcement de la transparence du marché du crédit et d’amélioration de la gestion des risques » par les établissements assujettis.
Il a relevé plusieurs insuffisances affectant actuellement le dispositif, notamment les retards dans la transmission des données, les informations incomplètes ou incohérentes, les difficultés techniques et l’absence d’exhaustivité dans certaines déclarations.
Le diagnostic présenté dans les Termes de référence de la rencontre fait notamment état d’un taux de contrats non mis à jour de 67,88 % en Côte d’Ivoire, contre une moyenne de 46,20 % dans l’UEMOA, selon les données arrêtées au 10 juin 2026. Ce taux atteint 77,64 % dans le secteur bancaire, 56,59 % au niveau des systèmes financiers décentralisés et 28,77 % pour les établissements financiers.
La Côte d’Ivoire représente par ailleurs 60,17 % de l’ensemble des contrats non mis à jour de l’UEMOA, alors qu’elle concentre 40,96 % des contrats actifs de l’Union. Le diagnostic relève également que certains établissements présentent des taux de contrats non mis à jour pouvant atteindre 100 %.
Ces insuffisances ont des répercussions sur la fiabilité des rapports de crédit utilisés par les institutions financières. Elles peuvent notamment réduire la capacité des établissements à apprécier correctement le risque de crédit et accroître le risque de décisions fondées sur des informations incomplètes.
Pour le ministre Adama Coulibaly, dont le message a été porté par son représentant, l’amélioration de la qualité des données ne constitue toutefois pas une simple exigence technique ou réglementaire. Elle participe directement aux ambitions nationales en matière de bancarisation, d’inclusion financière, de financement des PME et de développement de l’économie réelle.
« La qualité des données doit devenir une exigence intégrée à nos pratiques, à nos processus et à notre culture de gestion », a-t-il déclaré, appelant les participants à passer « des constats aux engagements, des engagements aux actions et des actions aux résultats ».
Organisées par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget avec Creditinfo West Africa, ces rencontres ont été conçues en deux niveaux. Une première séquence stratégique réunit les dirigeants des institutions contribuant au système de partage des données, tandis qu’une seconde phase associe les gestionnaires et responsables chargés de la transmission et de la qualité des données.
Les travaux techniques sont structurés autour de trois commissions sectorielles consacrées aux Banques et Établissements Financiers (BEF), aux Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) et aux Grands Facturiers (GF).
Les échanges portent notamment sur l’identification des difficultés rencontrées par les différents acteurs, le partage de bonnes pratiques et la définition de mesures correctrices. Ils doivent également déboucher sur une feuille de route destinée à réduire durablement le taux de contrats non mis à jour.
Le dispositif BIC-UEMOA repose en effet sur une chaîne de responsabilités impliquant la BCEAO, l’opérateur technique Creditinfo West Africa et les institutions qui alimentent la base de données. La fiabilité du système dépend ainsi de la régularité, de la qualité et de l’exhaustivité des informations transmises.
À travers ces concertations, les parties prenantes entendent renforcer cette synergie et améliorer le fonctionnement du dispositif de partage d’informations sur le crédit, opérationnel en Côte d’Ivoire depuis 2015.
Au terme des travaux, une synthèse des recommandations issues des trois commissions doit permettre de définir les actions prioritaires ainsi qu’un mécanisme de suivi. L’objectif est d’inscrire les efforts engagés dans la durée et de faire de la qualité des données un levier au service d’un crédit plus fiable et du financement de l’économie ivoirienne.
JB

