Les présents bouleversements technologiques, avec notamment l’avènement de l'Intelligence Artificielle (IA) ne doivent pas altérer les fondamentaux du journalisme. Ils doivent plutôt renforcer les exigences d'éthique et de responsabilité du journalisme et du monde de la presse qui ne saurait être un "no man’s land", a indiqué le Président de l’Autorité Nationale de la Presse (ANP), Bakary Sanogo, au Colloque Médias 2026. Une rencontre organisée le 11 septembre 2026 à Abidjan par la Fondation allemande Konrad-Adenauer. Il était sur le panel intitulé : « Les médias comme faiseurs d’opinion ».
Pour le Président de l’ANP, il est vrai que les nouvelles technologies et habitudes sociales liées à l’utilisation des smartphones créent des frayeurs, des craintes et même des atteintes à l’intégrité morale des citoyens, mais celles-ci doivent amener les acteurs des médias à redoubler de vigilance pour démêler l’information de l’intox et de la manipulation.
Et d’ajouter : « La collecte, le traitement et la diffusion de l’information restent un métier. Le monde de la presse ne saurait être un "no man’s land", une jungle, où l’on se permettrait tout et n’importe quoi ». Autant de principes qui fondent l’existence de l’ANP, une instance de régulation chargée de veiller à l’application des textes de loi ainsi que des règles de déontologie et d’éthique dont les professionnels du secteur se sont eux-mêmes dotés. Pour Bakary Sanogo, le statut de « faiseur d'opinion », lié à la nature des médias, n'est pas un privilège, mais une « lourde responsabilité sociale ».
Parlant d’influence et de manipulation, le Président de l'ANP a tenu à faire la distinction entre influence et manipulation : « L’influence apparaît naturellement dans les choix éditoriaux, mais la manipulation intervient dès lors que l’information est volontairement altérée, non vérifiée ou orientée de manière à priver le citoyen de se forger un jugement. ».
Dans les échanges, l'un des défis majeurs identifiés par les panélistes a été la vulnérabilité du public face à la désinformation et aux contenus manipulés. Ils ont estimé qu’une approche de solution est que le public fasse preuve d’esprit critique. « Ce que l’on lit n’est pas forcément la vérité. Il faut savoir, en tant que lecteur, arriver à des questionnements », a souligné Bakary Sanogo. Il a réitéré la volonté de l’ANP d'intensifier ses programmes d'éducation du public aux médias, notamment en direction des jeunes.
Le panel a réuni Alassane Drabo, journaliste-Présentateur à la télévision NCI, M'ma Camara, journaliste Reporter d’Images et Daouda Traoré, Directeur des Programmes, de la Documentation et de l'Information à la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) de Côte d’Ivoire.
An

