À l’occasion du Forum national sur le foncier et la cohésion sociale, organisé sur trois jours à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro à l’initiative du Médiateur de la République, le ministre de l’urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a livré ce jeudi 24 septembre 2026 une analyse approfondie des défis liés à la gouvernance foncière urbaine en Côte d’Ivoire. Cette rencontre, à laquelle a pris part le Vice-Premier ministre, ministre d’État, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, vise à formuler des recommandations susceptibles de prévenir et de résoudre durablement les conflits fonciers, devenus une préoccupation majeure pour la cohésion sociale.
Intervenant sur le thème « Gouvernance foncière en milieu urbain : défis, enjeux et perspectives pour une cohésion durable », le ministre Moussa Sanogo a rappelé que le foncier constitue un levier essentiel du développement économique et social. Selon lui, le principal défi réside dans le décalage grandissant entre la ville planifiée et la ville réelle, sous l’effet d’une urbanisation rapide. Il a souligné que le taux d’urbanisation est passé de 32 % en 1975 à 56 % en 2026, avec une population urbaine estimée à près de 17 millions d’habitants. « Les emplois, les services et les opportunités sont concentrés au même endroit. Cette pression accentue les difficultés liées au foncier, au logement et aux infrastructures », a-t-il indiqué.
Moussa Sanogo a relevé plusieurs manifestations du désordre urbain, notamment les conflits liés à la coexistence du droit coutumier et du droit moderne, les attributions multiples de parcelles, les occupations sans titre, les lotissements anarchiques et les constructions irrégulières. « Nous avons aujourd’hui un contrôle essentiellement administratif. Nous devons aller davantage vers un contrôle technique. Quand le foncier n’est pas sécurisé et aménagé en amont, la ville se construit souvent là où il ne faut pas », a-t-il affirmé.
Face à ces défis, le gouvernement a engagé d’importantes réformes visant à sécuriser le foncier et à simplifier l’accès à la propriété grâce à la digitalisation des procédures. « Comment faire pour obtenir un titre sur un terrain non bâti de façon simple, rapide et sûre ? C’est à cette problématique que nous travaillons », a déclaré le ministre.
Il a également mis en avant les progrès réalisés en matière de planification urbaine, avec une couverture du territoire national par les schémas directeurs passée de 12 % à environ 70 %. « Une chose est de planifier, une autre est de faire en sorte que la réalisation se fasse conformément à la planification établie », a-t-il souligné.
Pour l’avenir, Moussa Sanogo préconise l’automatisation complète de l’accès à la propriété foncière, la viabilisation des terrains urbains, le renforcement des contrôles et le développement des villes secondaires. « Il faut un nouveau paradigme pour la viabilisation des terrains afin que même les ménages aux revenus modestes puissent accéder à des terrains viabilisés », a-t-il soutenu.
En conclusion, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à restaurer durablement l’ordre urbain. « C’est un vaste programme, avec de nombreux défis auxquels les pouvoirs publics doivent répondre simultanément. Nous travaillons à restaurer l’ordre urbain », a conclu Moussa Sanogo.

