La conférence annuelle de l’African Marketing Confederation (AMC) s’est tenue du 23 au 25 septembre 2026 à Livingstone, en Zambie, autour du thème « Africa Rising ». La rencontre a réuni des directeurs marketing, chercheurs, entrepreneurs et représentants d’organisations professionnelles venus échanger sur les transformations du marketing en Afrique, avec une place importante accordée à l’intelligence artificielle.
Les échanges ont notamment porté sur l’évolution du rôle des directeurs marketing au sein des organisations. Selon les données présentées au cours de la conférence, 70 % des responsables interrogés considèrent le leadership en intelligence artificielle comme crucial, alors que 30 % seulement disposent de capacités jugées matures dans ce domaine.
« La question n’est plus de savoir si le marketing mérite une place à la table. La question est de savoir si nous formons des marketeurs capables de diriger à cette table », a déclaré un intervenant.
Les discussions ont également mis en avant le rapprochement entre marketing et performance économique. Le rôle des responsables marketing ne se limite plus à la communication et à la gestion de l’image. Il intègre désormais des enjeux liés aux revenus, à la marge, à la part de marché et à la création de valeur.
La réputation des organisations dans un environnement marqué par les contenus générés par l’intelligence artificielle, les deepfakes et la multiplication des sources d’information a également occupé une place importante dans les échanges.
Les participants ont relevé la nécessité pour les entreprises de prendre en compte la persistance des contenus numériques, qui peuvent rester accessibles longtemps après une crise.
« Le problème n’est pas le manque d’information, c’est le rétrécissement du cercle de confiance », a souligné un intervenant.
Les professionnels ont ainsi identifié plusieurs exigences, notamment l’anticipation des signaux faibles, l’élaboration de plusieurs scénarios, la vérification des informations et l’adaptation des réponses aux évolutions de l’environnement.
Le professeur Hermawan Kartajaya, figure internationale du marketing et co-auteur avec Philip Kotler, a présenté une approche fondée sur cinq dimensions : les personnes, la prospérité, la planète, la paix et le partenariat.
Cette vision, baptisée « Marketing for Good », entend intégrer davantage les enjeux sociaux et environnementaux dans les stratégies des organisations.
« Le marketing ne peut plus être seulement une technologie de la demande ; il doit devenir une discipline du progrès humain », a-t-il déclaré.
Le professeur Kartajaya a également évoqué plusieurs initiatives africaines liées notamment à l’inclusion financière, au numérique, à la valorisation culturelle et à la gestion des déchets, pour illustrer des possibilités de développement adaptées aux réalités du continent.
La gouvernance mondiale du marketing a, par ailleurs, été abordée avec la présentation du World Marketing Council (WMC), qui réunit notamment les fédérations africaine, européenne et asiatique. La Sud-Africaine Helen McIntee Carlisle en est la première vice-présidente.
En marge de la conférence, deux initiatives francophones ont obtenu un certificat de finaliste aux AMC Awards 2026. Il s’agit de NSIA Vie Assurances, dans la catégorie « Best Use of Local Insights », et de l’ONG Bénin Villes Propres, dans la catégorie « Not-for-Profit – Public Sector ».
La délégation ivoirienne présente à Livingstone était composée d’Odilon Gbaguidi, Oriane Canfrin, Mamadou Bah et Mac-Davies Anouma.
Au terme des travaux, la conférence AMC 2026 a notamment mis en évidence l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers du marketing, l’importance de la confiance dans un environnement numérique en mutation et l’évolution du rôle des responsables marketing dans la performance des organisations.
R-SEKONGO

