La quatrième édition de la Conférence internationale de statistique et d’économie appliquée (CISEA) s’est ouverte ce mardi 6 octobre 2026 à Abidjan-Cocody, autour des enjeux liés à la participation des femmes et des jeunes filles dans les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM).
Organisées par l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA), en collaboration avec l’Africa Business and Entrepreneurship Research Society (ABERS), avec l’appui institutionnel du ministère du Plan et du Développement, dirigé par le Dr Souleymane Diarrassouba, ces assises se poursuivront jusqu’au 8 octobre.
Placée sous le thème « Femmes, STEM et développement : approches quantitatives et évaluation d’impact », la CISEA 2026 réunit environ 150 participants issus des États membres de l’UEMOA, d’autres pays africains et de la communauté internationale.
Durant trois jours, chercheurs, doctorants, statisticiens, économistes et praticiens vont confronter leurs analyses à travers des sessions plénières et parallèles consacrées notamment au genre, à l’emploi, à la finance, à l’énergie, au capital humain, à l’entrepreneuriat et à l’intelligence artificielle.
L’objectif est notamment de mieux comprendre les facteurs qui influencent l’accès des femmes et des jeunes filles aux filières scientifiques, leur maintien dans ces parcours ainsi que leur progression dans les professions liées aux STEM.
Les travaux devront également permettre d’évaluer les effets des politiques et programmes mis en œuvre dans ce domaine, en s’appuyant sur l’analyse statistique, les méthodes quantitatives et les techniques d’évaluation d’impact.
Pour le directeur général de l’ENSEA, Hugues Kouadio, les STEM constituent un levier important de transformation des économies.
« Les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques occupent une place centrale dans la transformation de nos économies. Elles soutiennent l’innovation, la transition numérique, les progrès de la santé, les réponses aux défis énergétiques et l’amélioration de la productivité », a-t-il déclaré.
Il estime ainsi que l’accès des femmes et des jeunes filles à ces domaines constitue à la fois une question d’égalité des chances et un enjeu de développement. « Chaque jeune fille qui renonce à une filière scientifique faute d’encouragement, de moyens ou de perspectives représente un talent dont notre société se prive », a souligné Hugues Kouadio.
Le directeur général de l’ENSEA a appelé à examiner l’ensemble du parcours des filles et des femmes, depuis l’apprentissage des mathématiques jusqu’à l’accès à l’enseignement supérieur et aux professions scientifiques, en passant par l’orientation scolaire et la progression professionnelle.
Les échanges devront également accorder une place aux expériences des jeunes filles engagées dans les Olympiades panafricaines et internationales de mathématiques, afin de rapprocher les initiatives de terrain de la réflexion sur les politiques éducatives.
Au-delà du constat, la CISEA entend surtout mettre l’accent sur la mesure des résultats des politiques publiques. « Promouvoir la participation des femmes dans les STEM demande de savoir quelles interventions produisent des résultats, pour quels publics et dans quelles conditions », a expliqué Hugues Kouadio.
Pour l’ENSEA, la statistique et les méthodes d’évaluation d’impact doivent ainsi contribuer à éclairer la décision publique et à identifier les dispositifs susceptibles de favoriser l’accès aux filières scientifiques, la poursuite des études et l’insertion professionnelle des femmes.
Cette orientation rejoint la mission de l’institution, qui consiste notamment à former des statisticiens et des économistes capables de produire des données fiables, de les analyser et d’en tirer des enseignements utiles à la décision.
La conférence vise également à renforcer les capacités des chercheurs et doctorants en recherche quantitative, en analyse statistique et en évaluation d’impact. Elle constitue par ailleurs un cadre de présentation et de discussion de leurs travaux, tout en favorisant le partage d’expériences et de bonnes pratiques.
La collaboration entre l’ENSEA et l’ABERS doit, pour sa part, contribuer à rapprocher les communautés scientifiques autour de la statistique, de l’économie, de l’entrepreneuriat et du management.
Plusieurs experts internationaux sont attendus comme conférenciers principaux, notamment le Prof. Kevin Urama, économiste en chef et vice-président de la Banque africaine de développement, Ismaël Mourifié, professeur d’économie à l’Université de Washington à Saint-Louis aux États-Unis, Marlène Koffi, maître de conférences en économie à l’Université de Toronto au Canada, et Erik Stam, professeur d’économie à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas.
Les organisateurs ambitionnent, au terme des trois journées, de dégager des recommandations fondées sur les données probantes à l’intention des pouvoirs publics, des établissements de formation et des partenaires au développement.
La CISEA 2026 entend également favoriser de nouvelles collaborations entre chercheurs, universités, instituts de statistique et organisations nationales, régionales et internationales.
Pour Hugues Kouadio, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les compétences des femmes et des jeunes filles dans les domaines scientifiques et technologiques puissent être pleinement mobilisées au service du développement économique.
« L’histoire des nations nous enseigne que les sociétés qui investissent dans le savoir sont celles qui bâtissent les fondations les plus solides de leur prospérité », a-t-il conclu.
Cyprien K.

