Le film « Virage au rose », réalisé par U-Report Yopougon, a remporté le premier prix des W2H Awards, le vendredi 16 octobre 2026, au Majestic Ivoire du Sofitel Hôtel Ivoire, à Abidjan. À travers cette première édition, la fondation Women Health and Hope (W2H) a réussi le pari de mettre la créativité des jeunes au service de la sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein.
Dans une ambiance conviviale, mêlant émotion, créativité et engagement citoyen, la grande finale des W2H Awards a consacré une jeunesse ivoirienne déterminée à faire reculer le cancer du sein, ce vendredi 16 octobre.Au terme d'une compétition réunissant 16 équipes finalistes, U-Report Yopougon, avec son court-métrage « Virage au rose », a décroché le premier prix. Plan 7 s'est adjugé la deuxième place, tandis que Hors Cadre complétait le podium. Les lauréats ont été départagés par un jury de professionnels de la santé et de l'image, tenant compte des votes en ligne du public.
Organisé par Women Health and Hope Foundation, en partenariat avec le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), le concours s'inscrit dans la campagne « Franchir le pas », initiée à l'occasion d'Octobre Rose 2026. Sur 27 équipes inscrites, 22 ont réalisé des films, dont 16 retenus pour la finale.
Pour la fondatrice et présidente de W2H, le Dr Maéva Bedi-Ouegnin, l'ambition était de rendre les messages de prévention plus accessibles et mémorables. « Un conseil s'oublie. Une histoire, elle, reste gravée », a-t-elle expliqué, avant de saluer l'engagement des étudiants : « Vous n'avez pas simplement fait des films. Vous avez fait des messagers. »
Une mobilisation d'autant plus salutaire que le cancer du sein demeure le premier cancer chez la femme en Côte d'Ivoire, avec 4 845 nouveaux cas et 2 284 décès selon les données GLOBOCAN 2024. « Mais derrière chaque chiffre, il y a un prénom. Ce sont des mères, des sœurs, des filles, des amies, des collègues. Ce sont des familles entières qui vacillent », a rappelé la présidente de W2H, lançant cet appel : « Ce n'est pas le dépistage qui doit nous faire peur. C'est le silence. C'est le retard. »
Présent à cette finale, le professeur Innocent Adoubi, directeur-coordonnateur du PNLCa, a salué une initiative qu'il juge historique. Fort de trente années d'expérience en cancérologie, il a insisté sur l'importance de l'information pour combattre les préjugés et encourager les consultations précoces. « L'information, la vraie information sur la maladie, permet de lever les doutes, permet de consulter sans peur », a-t-il souligné. Aux femmes, il a recommandé de ne pas céder à la panique devant une anomalie, mais de consulter : « Ce n'est pas à vous de faire du diagnostic à la maison. Rendez-vous dans les centres de santé. »
Dela sensibilisation au dépistage, un combat unique
Représentant le ministre de la Santé, Pierre Dimba, le Dr Louis-Bernard Ehui, également président du jury, a réaffirmé le soutien des pouvoirs publics à cette initiative. « À travers le cinéma, vous avez le pouvoir de toucher les consciences, de faire évoluer les comportements et de transmettre des messages qui peuvent sauver des vies », a-t-il déclaré aux étudiants.
Autre moment fort de la cérémonie, le témoignage de Désirée Yaou, survivante du cancer du sein et membre du jury. Revenue sur son diagnostic en 2025 et son parcours de soins, elle a livré un message d'espoir, rappelant l'importance d'une prise en charge précoce.
Au-delà des trophées, W2H entend prolonger cette mobilisation par la diffusion des films et l'organisation de séances de dépistage à Cocody et à Yopougon, avec le PNLCa.
Comme l'a résumé le Dr Maéva Bedi-Ouegnin, « Un pas vers le dépistage, c'est un pas de plus vers la vie. »
SB

