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Société Publié le lundi 19 octobre 2026 | Abidjan.net

Côte d’Ivoire : 103 sites d’orpaillage illégal recensés dans cinq sous-préfectures dans le sud-Comoé

Côte d’Ivoire : 103 sites d’orpaillage illégal recensés dans cinq sous-préfectures dans le sud-Comoé
© Abidjan.net Par CK
Côte d’Ivoire : 103 sites d’orpaillage illégal recensés dans cinq sous-préfectures dans le sud-Comoé
Le sous-préfet de Yaou,Segneblé Germain Claude Olivie a présenté les résultats d'une enquête sur Cent trois (103) sites d’orpaillage illégal, couvrant une superficie totale de 396,05 hectares, dans cinq sous-préfectures de la région du Sud-Comoé le vendredi 16 octobre 2026, au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC).

Cent trois (103) sites d’orpaillage illégal, couvrant une superficie totale de 396,05 hectares, ont été recensés dans cinq sous-préfectures de la région du Sud-Comoé. Ces chiffres ont été présentés par le sous-préfet de Yaou, Segneblé Germain Claude Olivier, lors d’une rencontre d’information initiée le vendredi 16 octobre 2026, au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), par le préfet de région du Sud-Comoé et préfet du département d’Aboisso, Cissé Ibrahima. 

La rencontre a réuni plusieurs autorités administratives et acteurs locaux autour des enjeux liés à l’exploitation aurifère clandestine. Selon les données présentées par le sous-préfet de Yaou, « la sous-préfecture de Kouakro est la plus touchée, avec 58 sites recensés, soit 56,31 % du total ». Elle est suivie de Maféré, qui compte 27 sites (26,21 %), et d’Ayamé, avec 11 sites (10,68 %). Aboisso et Yaou enregistrent respectivement quatre sites (3,88 %) et trois sites (2,91 %). Les exploitations de petite taille, comprises entre un et cinq hectares, sont les plus nombreuses, avec 92 sites couvrant une superficie cumulée de 260,05 hectares.

Le sous-préfet a également indiqué que « huit sites ont une superficie supérieure à cinq hectares et inférieure ou égale à dix hectares, pour un total de 77 hectares ». Dans la même region, deux autres couvrent entre plus de dix et quinze hectares, soit 39 hectares au total. Enfin, un site de 20 hectares a été recensé dans la catégorie des superficies supérieures à quinze hectares et inférieures ou égales à vingt hectares. Au-delà de cet état des lieux, le sous-préfet Segneblé Olivier a mis en évidence les facteurs qui favorisent la persistance du phénomène. 

La pauvreté, le chômage des jeunes, la faible rentabilité de certaines productions agricoles et les difficultés de commercialisation des produits locaux figurent parmi les principales causes évoquées. À ces facteurs s’ajoutent la porosité des frontières, la mobilité des exploitants clandestins, l’existence de réseaux organisés ainsi que les risques de corruption et de complicité locale, qui compliquent les opérations de contrôle. Le sous-préfet a également relevé les conséquences environnementales, économiques et sociales de cette activité.

La destruction du couvert végétal, la dégradation des terres agricoles et les risques de pollution des cours d’eau liés à l’utilisation de produits chimiques dangereux, notamment le mercure et le cyanure, constituent des préoccupations majeures. L’orpaillage illégal contribue aussi à la réduction des terres cultivables, à l’affaiblissement des économies rurales et à l’aggravation de certaines vulnérabilités sociales et sanitaires.

Face à cette situation, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment la mise en place d’un mécanisme d’alerte rapide, le renforcement de la surveillance des sites déguerpis, l’amélioration du partage d’informations entre les services compétents et les communautés, ainsi que l’intensification de la sensibilisation. La coopération dans les zones frontalières et la recherche d’alternatives économiques pour les jeunes ont également été présentées comme des leviers essentiels pour prévenir la réinstallation des exploitants clandestins.

Prenant la parole, le préfet Cissé Ibrahima a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Il a rappelé que « l’orpaillage illégal ne saurait être considéré comme une simple activité économique informelle », compte tenu de ses répercussions sur l’environnement, la santé, la sécurité, la cohésion sociale et l’avenir économique des localités concernées. Le préfet a appelé les populations, particulièrement les responsables communautaires, à sensibiliser les jeunes, à transmettre aux autorités toute information fiable sur les activités suspectes et à refuser toute forme de complicité avec les exploitants clandestins. Il a notamment averti que « toute complicité, active ou passive, est susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires ».

Évoquant sa démarche de proximité depuis sa prise de fonction, le 27 avril 2026, Cissé Ibrahima a indiqué avoir visité 56 des 68 directions régionales et services publics recensés dans le département, ainsi que cinq sous-préfectures sur huit. Il a annoncé la mise en place d’un cadre régulier de partage d’informations entre la préfecture et les forces vives, afin d’assurer un meilleur suivi des préoccupations locales et de renforcer la coordination des actions sur le terrain.

À travers cette rencontre, les autorités entendent renforcer la prévention, la surveillance et la coordination des interventions pour préserver les terres, les forêts et les ressources hydriques du Sud-Comoé.

Cyprien K. 

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