La 11ᵉ édition du Salon de l’architecture et du bâtiment (Archibat) se tiendra du 14 au 18 octobre 2027 au Parc des Expositions d’Abidjan, autour du thème « Villes vivables, villes durables, architecture de demain ». Les grandes articulations de ce rendez-vous biennal ont été présentées le jeudi 22 octobre 2026 à Abidjan-Marcory, lors d’une cérémonie marquant également le lancement du compte à rebours de cette édition anniversaire, qui coïncide avec les 20 ans de création du salon.
Pour cette édition, l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire et Axes Marketing, organisateurs de l’événement, entendent renforcer le positionnement d’Archibat comme plateforme de référence des professionnels de l’architecture, de la construction et de l’aménagement urbain en Afrique. L’ambition est de réunir les acteurs publics et privés autour des solutions permettant de répondre aux défis de l’urbanisation, de l’habitat, de la mobilité et de la transition environnementale.
Présentant les principales innovations de cette édition, le commissaire général d’Archibat et directeur général d’Axes Marketing, Ismaël Boga-N’Guessan, a annoncé un dispositif d’exposition élargi, une programmation scientifique diversifiée et des espaces dédiés aux échanges professionnels.
L’espace global du salon dépassera les 16 000 m². Les pavillons traditionnels « Bâtir », « Finir », « Aménager » et « Habiter-Décorer » seront maintenus, tandis que plusieurs espaces viendront enrichir le parcours des visiteurs. L’exposition extérieure permettra notamment de présenter des engins et matériels de chantier.
L’AGORA accueillera des ateliers, des présentations de produits et des solutions techniques. Le Patio des Architectes sera, quant à lui, consacré à des thématiques telles que la ville verte, l’habitat social, la mobilité urbaine et les matériaux de demain. Un espace destiné aux enfants ainsi qu’un concours ouvert aux étudiants de l’École d’architecture d’Abidjan figurent également parmi les activités annoncées.
Le concours des meilleurs artisans sera reconduit. Un pavillon international turc, aménagé sous un chapiteau de 1 500 m², devrait accueillir une cinquantaine d’exposants. Un espace de conférences, un lounge de networking et un restaurant compléteront ce dispositif.Au programme figurent également des conférences plénières animées par des experts internationaux, des panels techniques, des rencontres d’affaires B2B, des activités culturelles et artistiques ainsi que des concours citoyens portant notamment sur le quartier vivable, la ville africaine de demain et l’innovation dans l’habitat durable. Un concours du plus beau stand est aussi prévu.
Les organisateurs ont par ailleurs annoncé la création du « Club des 20 », destiné à valoriser les partenaires fidèles du salon à l’occasion de cet anniversaire.
La croissance rapide des villes africaines constitue l’un des principaux enjeux de cette édition. Dans sa présentation du thème général, le président du comité scientifique, le professeur Nassa Dabié Axel Désiré, a souligné la nécessité de repenser les modèles de développement urbain face aux évolutions démographiques et aux contraintes environnementales. Selon les données qu’il a présentées, la population urbaine africaine est passée d’environ 15 % en 1950 à plus de 40 % en 2020 et pourrait dépasser 60 % à l’horizon 2050, selon les projections citées des Nations unies.
Cette dynamique, qui concerne notamment des métropoles comme Lagos, Kinshasa, Nairobi, Accra, Le Caire, Abidjan et Johannesburg, pose des défis en matière de logement, de mobilité, d’accès aux services essentiels et de préservation de l’environnement.
À en croire le comité scientifique, il s’agit de déterminer comment concevoir des villes africaines à la fois vivables, innovantes et résilientes, tout en tenant compte des réalités culturelles, des évolutions technologiques et des impératifs climatiques. Les réflexions s’articuleront autour de trois sous-thèmes : « Villes vivables : habiter, confort, inclusion et qualité de vie » ; « Villes innovantes : technologies, numérique, construction et intelligence artificielle » ; et « Architecture de demain : prospective, formation, durabilité et nouveaux modèles ».
Pour le président de l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire, Joseph Amon, cette édition anniversaire doit contribuer à faire émerger des réponses adaptées aux mutations urbaines du continent.
Il a notamment insisté sur la nécessité de placer l’être humain au centre de la conception des espaces urbains, en conciliant qualité de vie, inclusion sociale, protection des écosystèmes et modernisation des infrastructures.
L’architecture de demain, a-t-il soutenu, devra s’appuyer sur les réalités géographiques, culturelles et climatiques africaines plutôt que reproduire des modèles conçus sous d’autres latitudes. Il a ainsi évoqué l’importance des bâtiments bioclimatiques, de la mobilité douce, des matériaux locaux et de la réduction de l’empreinte carbone des chantiers.
Le président de l’Ordre a également annoncé une importante mobilisation de professionnels africains en marge du salon. L’Union des architectes d’Afrique devrait tenir son assemblée générale annuelle à Abidjan, avec la participation annoncée de plus d’une trentaine d’ordres nationaux. La Fédération des architectes francophones d’Afrique prévoit également d’y organiser son assemblée générale ordinaire et élective.
Une rencontre de la nouvelle génération des architectes africains, regroupant les professionnels de moins de 40 ans, est par ailleurs annoncée quelques jours avant le salon. Plus de 200 jeunes architectes sont attendus, selon les organisateurs. Une participation d’architectes et d’industriels nord-américains est également envisagée, sous réserve de la finalisation des dispositions techniques.
Joseph Amon a enfin invité les pouvoirs publics, les industriels, les promoteurs immobiliers et les autres professionnels du cadre bâti à renforcer leur collaboration pour favoriser l’accès au logement et promouvoir un aménagement urbain plus harmonieux.
Représentant le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, Martial Goris a salué la contribution d’Archibat à la réflexion sur l’avenir des villes ivoiriennes et africaines. Il a rappelé que la maîtrise de l’urbanisation, l’amélioration du cadre de vie et l’adaptation des villes aux enjeux environnementaux nécessitent des réponses structurées et une collaboration entre les pouvoirs publics et les professionnels.
Évoquant un taux d’urbanisation de plus de 52 % en Côte d’Ivoire, il a souligné que la croissance des villes impose des efforts supplémentaires en matière de planification, de logement, de mobilité et d’équipements collectifs.
Le représentant du ministre a notamment mis en avant les initiatives publiques en faveur des logements sociaux et économiques, avec l’objectif de développer des quartiers intégrant les établissements scolaires, les centres de santé, les espaces verts, les équipements commerciaux et les infrastructures nécessaires à la vie quotidienne.
Il a également insisté sur l’actualisation des outils de planification urbaine et sur la modernisation de la gouvernance foncière, notamment à travers la digitalisation des procédures et le développement du Système intégré de gestion du foncier urbain.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste à concevoir des villes capables d’accompagner la croissance démographique tout en garantissant un cadre de vie accessible, fonctionnel et durable.
Cyprien K.

