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La tension monte d`un cran entre les pro-Gbagbo et la communauté internationale
Publié le dimanche 19 décembre 2010   |  AFP


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La tension est montée d'un cran supplémentaire en Côte d'Ivoire. Laurent Gbagbo, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, a demandé, samedi, le départ "immédiat" de la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci, et de la force militaire française Licorne, selon un communiqué de son gouvernement lu à la télévision d'État, alors que la communauté internationale le somme de céder le pouvoir au plus vite à son rival Alassane Ouattara. Cette annonce intervient au moment où une reprise de la quasi-guerre civile de 2002-2003 - qui avait conduit à l'envoi de ces forces d'interposition - est de plus en plus redoutée par les Ivoiriens comme à l'extérieur.

Après l'élection du 28 novembre, Gbagbo et Ouattara, reconnu président par l'ONU et la France notamment, se disputent le pouvoir. Leur duel a déjà débouché jeudi sur des violences ayant fait au moins onze morts et des scènes de guerre à Abidjan et en province. "Le président de la République de Côte d'Ivoire vient de demander le départ immédiat de l'Onuci (10.000 casques bleus, ndlr) et des forces françaises (environ 900 hommes) qui la soutiennent", selon un communiqué du gouvernement Gbagbo lu à la télévision d'État RTI. Il a accusé l'Onuci, "agent de déstabilisation", d'avoir transporté et fourni des armes pour l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), alliée à Ouattara.

"La récréation est terminée !" (pro-Gbagbo)

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rejeté la demande de retrait : l'Onuci "remplira son mandat et continuera de surveiller toutes les violations des droits de l'homme, les incitations à la haine ou les attaques contre les casques bleus", selon un communiqué. "La récréation est terminée !", a quant à lui déclaré Charles Blé Goudé, leader de la jeunesse pro-Gbagbo, illustrant le durcissement de son camp, de plus en plus isolé sur la scène internationale mais qui garde les commandes du pays. "Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu'à la dernière goutte de notre sueur", a affirmé le chef des "Jeunes Patriotes" et ministre de la Jeunesse de Gbagbo. "Je demande à tous les Ivoiriens de s'apprêter à livrer ce combat", a poursuivi celui qui fut le fer de lance de violentes manifestations anti-françaises en 2003 et 2004 et reste soumis à des sanctions de l'ONU.

Dans l'après-midi, dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon, il a réuni plusieurs centaines de partisans très remontés qui criaient : "Licorne dehors !", "Onuci dehors !" "Gbagbo ne partira pas et ne partira jamais", a-t-il juré, accusant le président français Nicolas Sarkozy et l'ONU de préparer "un génocide". Autre signe d'une montée de la tension : une patrouille de l'Onuci, puis le siège même de l'opération à Abidjan ont essuyé dans la nuit de vendredi à samedi des tirs d'"hommes armés vêtus de tenues militaires et voyageant dans un véhicule civil", a annoncé l'Onuci.

L'ONU prévient

"Il y aura des conséquences pour ceux qui ont perpétré ou orchestré de telles actions, ou qui le feront à l'avenir", a prévenu Ban Ki-moon. Dans la soirée, Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, a qualifié la demande de retrait de l'ONU de "ridicule". "Cette décision ne peut pas être (appliquée) puisque M. Gbagbo n'est plus président", a déclaré Guillaume Soro par téléphone, en dénonçant "une vraie folie meurtrière qui va semer la désolation et créer un autre Rwanda en Côte d'Ivoire". Le camp Ouattara a appelé les siens à rester "mobilisés" malgré l'échec d'une tentative de marche sur la RTI et le siège du gouvernement, aux mains du chef de l'État sortant.

La marche a été réprimée dans le sang jeudi par les Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à Gbagbo et le bilan de cette journée se situe entre 11 et une trentaine de morts, manifestants, FN et FDS, selon diverses sources. Après avoir été ville morte vendredi, Abidjan était samedi à l'image du grand marché du quartier populaire de Koumassi (sud): l'activité avait repris, même si l'affluence n'était pas celle d'un samedi juste avant Noël.

L'ONU, l'Union africaine, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) comme l'Union européenne et les États-Unis - qui ont brandi la menace de sanctions - ont haussé le ton vendredi pour obtenir le départ de Gbagbo. Nicolas Sarkozy a prévenu qu'il devait partir "avant la fin de la semaine". Sinon, il figurera "nommément" avec son épouse Simone sur la liste des personnes visées par des sanctions de l'UE, a-t-il dit. 15.000 Français vivent en Côte d'Ivoire.

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