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Politique

Côte d`Ivoire: le camp Gbagbo juge "inacceptable" la menace de la Cédéao
Publié le dimanche 26 décembre 2010   |  RFI


Cinquantenaire
© Abidjan.net par Nathan Koné
Mardi 3 août 2010. Yamoussoukro, Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Photo: Ahoua Don Mello, Directeur Général du Bnetd


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La crise en Côte d'Ivoire est aujourd'hui à un tournant, après la menace des pays d'Afrique de l'Ouest de déloger Laurent Gbagbo par la force, s'il refuse de quitter le pouvoir. Une menace que le camp Gbagbo qualifie d’« inacceptable ». Par ailleurs, l’ONU a annoncé qu’environ 14 000 Ivoiriens ont fui vers le Liberia voisin pour échapper aux violences postélectorales dans leur pays et certains ont été empêchés par des groupes armés de traverser la frontière.

La communauté internationale ne cesse d'inviter Laurent Gbagbo à céder la place à son rival, Alassane Ouattara, qui a été reconnu comme étant le vainqueur légitime du scrutin du 28 novembre par la communauté internationale. Le président sortant est, depuis la réunion des chefs d'Etats de la Cédéao ce vendredi à Abuja (Nigeria), même sous la menace d'une opération militaire destinée à renverser son régime. Une menace que le gouvernement de Laurent Gbagbo a qualifié ce samedi 25 décembre d’« inacceptable ».

Le porte-parole du gouvernement du président Gbagbo a même mis en garde contre un risque de retour à la « guerre civile ». Ahoua Don Mello a également dénoncé « un complot du bloc occidental dirigé par la France ». S'il dit ne pas croire à une intervention militaire, il promet que « le peuple de Côte d'Ivoire va se mobiliser » si une telle intervention était lancée.

Le porte-parole Ahoua Don Mello a assuré aussi que le président Gbagbo et son gouvernement étaient ouverts au dialogue mais « dans le respect strict des lois et règles de la République de Côte d'Ivoire ».

Une mission de la Cédéao, composée des présidents béninois Boni Yayi, cap-verdien Pedro Pires et sierra-léonais Ernest Koroma, est d'ailleurs attendue mardi prochain à Abidjan comme l'a annoncé ce samedi le ministre béninois des Affaire étrangères, Jean-Marie Ehouzou.

La peur des Ivoiriens

Dans cette situation d’incertitude, des populations civiles ivoiriennes tentent de quitter la Côte d'Ivoire. Selon un communiqué du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) environ 14 000 Ivoiriens ont déjà trouvé refuge au Libéria voisin en raison des violences dans leur pays et cette tendance s’intensifie.

Des personnes qui sont installées dans les villages chez l’habitant dont l’accueil extrêmement chaleureux est souligné par les Nations unies. Il n’empêche que les besoins humanitaires, notamment en nourriture s’accroissent. Le HCR a ainsi du constituer des stocks permettant de faire face à une arrivée de 30 000 personnes.

Le Haut Commissariat se dit par ailleurs fort préoccupé par des informations selon lesquelles des membres des forces nouvelles empêchent les civils de franchir librement la frontière vers le Liberia. Leur interventions constatées dans la zone de Danane imposent aux réfugies de faire d’importants et d’épuisants détours.

En Cote d’Ivoire même le HCR a été alerté par de multiples griefs formulés à l’encontre de réfugiés du Liberia – ils sont quelque 25 000 – assimilés aux commandos et mercenaires menaçant et attaquant les partisans d’ Alassane Ouattara.

Depuis quelques temps, des enlèvements et assassinats de civils sont dénoncés par les organisations de défense des droits de l'homme. Cette semaine, l'ONU a évoqué le chiffre de 173 morts dans le pays entre le 16 et le 21 décembre, 90 cas de tortures ont aussi été relevés, et 24 personnes sont toujours portées disparues.

Simon Munzu, le directeur du bureau droit de l'homme de l'Onuci a expliqué sur RFI comment les Nations unies sont parvenues à de tels chiffres et comment se déroule leur travail d'enquête sur le terrain.



Incidents à Abidjan

Ce samedi 25 décembre, jeunes de l'opposition et jeunes de la FESCI, un syndicat étudiant pro-Gbagbo, se sont affrontés à Abidjan devant la maison du PDCI. Les forces de l'ordre sont intervenues et ont tiré dans la foule. Quatre personnes ont été blessées.

La crise ivoirienne vue du Mali

A Bamako, on est très préoccupé par la situation chez le voisin ivoirien, où vivent deux millions de Maliens. Samedi 25 décembre 2010, des officiels maliens se sont exprimés, notamment pour démentir les informations d'un journal ivoirien (Le Nouveau Réveil, un quotidien ivoirien proche du PDCI, parti proche d'Alassane Ouattara) selon lequel le président malien, président en exercice de l'UEMOA, a permis, à la demande de Laurent Gbagbo, le déblocage par la BCEAO des fonds pour permettre le dernier paiement des salaires des fonctionnaires ivoiriens.

Démenti de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest, démenti également du gouvernement malien. Bamako n’a jamais autorisé des mouvements de fonds de la succursale locale de la BCEAO vers des banques à Abidjan pour permettre de payer les salaires des fonctionnaires ivoiriens.

A propos de la Côte d’Ivoire, le Mali rappelle qu’il est solidaire de toutes les décisions prises par les institutions sous-régionales ainsi que l’Union africaine. Et on observe à la loupe la situation sur le terrain.

Un émissaire de Laurent Gbagbo est venu au Mali en provenance, dit-il, du Burkina Faso. Service minimum, il n’a pas obtenu le soutient franc et massif qu’il souhaitait. Un émissaire d’Alassane Ouattara a également effectué un voyage au Mali et on lui a déroulé le tapis rouge.

Aux deux envoyés, le président malien s’est dit très inquiet de la situation sur le terrain et il a appelé au respect des droits de l’homme. La situation des Maliens résidant en Côte d’Ivoire a également été au centre des entretiens.

Sur environ quatre millions de Maliens établis à l’extérieur, deux millions vivent en Côte d’Ivoire. Et, on peut le comprendre, dans la crise ivoirienne, le principal souci du Mali est le sort de ses ressortissants vivant dans tous les départements de la Côte d’Ivoire.

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