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Politique

Appel à la désobéissance civile / Ouattara encore désavoué par les Ivoiriens
Publié le mardi 28 décembre 2010   |  Notre Voie


Activités
© Présidence par Aristide
Lundi 27 décembre 2010. Abidjan.


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Dans la dizaine de quartiers qui composent la ville d'Abidjan, personne n'a senti le moindre frémissement pour un mot d'ordre de désobéissance civile, hier. Au contraire, dès le matin, les Ivoiriens sont sortis nombreux, qui pour se rendre à son service, qui pour aller à ses rendez-vous, qui encore pour reprendre ses courses à la recherche du premier emploi. Evidemment, cet afflux vers les lieux de travail a provoqué les habituels embouteillages qui rythment la vie quotidienne des Abidjanais. Ces embouteillages ont même été aggravés en certains points de la ville, comme ce fut le cas sur toutes les voies reliant le Plateau, centre névralgique de l'administration et des affaires de la capitale économique de la République de Côte d'Ivoire.

Hier, en lançant un mot d'ordre de désobéissance civile, M. Alassane Ouattara, battu au 2nd tour de la présidentielle du 28 novembre 2010, visait au moins deux choses : voir les Ivoiriens lui obéir en refusant massivement d'aller au travail, ou poser des actes de désordre, ce qui devait enclencher “l'asphyxie ” du régime Gbagbo. M. Ouattara espérait ainsi prouver que le peuple ivoirien l'a choisi comme président par les urnes et a décidé de manifester son hostilité au régime Gbagbo par la rue. Mais le président du Rassemblement des Républicains (RDR), “candidat de l'étranger”, comme le dit à raison le président Gbagbo, souhaitait surtout offrir l'image “de pays mort” aux présidents Yayi Boni (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Léone) et Pedro Pires (Cap Vert), question de démontrer au moins sa popularité. La troïka mandatée par la CEDEAO, dit le communiqué final de la réunion du vendredi dernier à Abuja (Nigéria), arrive aujourd'hui à Abidjan “pour demander à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir”. La réussite de l'appel à la désobéissance civile aurait, dans cette atmosphère, faciliter les tâches des émissaires de la CEDEAO. Ouattara s'est souvenu de l'adage qui dit : “Aide-toi et Dieu t'aidera”. Mais le président du RDR a appris, encore une nouvelle fois à ses dépens, que ce conseil divin n'est applicable que dans les bonnes œuvres et non dans les entreprises de destruction des biens humains et matériels auxquelles il invite les Ivoiriens.

Ainsi, en désobéissant plutôt massivement au mot d'ordre de désobéissance civile, les Ivoiriens ont choisi d'infliger le deuxième désaveu cinglant au poulain du président français en l'espace de deux semaines. Le jeudi 16 décembre dernier, M. Alassane Ouattara avait demandé aux Ivoiriens de sortir massivement pour l'aider à récupérer les locaux de la Radiodiffusion Télévision ivoirienne (RTI) pour y installer un nouveau DG et pour lui permettre de s'installer au palais présidentiel. Son appel a été suivi par une poignée de fanatiques armés qui ont tué au moins dix (10) policiers par balles avant d'être repoussés. Mais l'on continue de condamner les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants armés qui ont fait, selon le bilan officiel vérifiable, 20 morts en cette journée du jeudi 16 décembre.

Depuis le 2nd tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara et ses partisans se sont volontairement retranchés au Golf Hôtel, son QG de campagne à Cocody Riviera Golf. Là, ils ont pris le président de la Commission électorale en otage et l'ont obligé à proclamer, hors délais et hors cadre, de faux chiffres donnant Ouattara vainqueur. Et depuis, ils refusent, avec le soutien du président français Nicolas Sarkozy et de ses connexions, d'admettre le résultat définitif et sans appel proclamé par le Conseil constitutionnel donnant le président Gbagbo réélu. Ils attendent une intervention militaire de la CEDEAO pour déloger le président élu et c'est dans cette logique qu'ils ont lancé l'appel à la désobéissance civile

César Etou


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