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Blocage sociopolitique en Côte d`Ivoire - La CEDEAO peut-elle intervenir militairement en Côte d`Ivoire?
Publié le mercredi 29 décembre 2010   |  L'Inter




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L'usage de la force militaire pour déloger du Palais présidentiel d'Abidjan, Laurent Gbagbo, proclamé président de la République par le Conseil Constitutionnel, à l'issue du scrutin du 28 novembre dernier, est la voie de plus en plus explorée au niveau des institutions internationales, qui ne reconnaissent pour président élu que l'ancien Premier ministre, Alassane Ouattara, porte-flambeau de l'opposition ivoirienne. L'envoi d'une troupe de la CEDEAO a déjà été arrêté, au cours de sa séance du vendredi dernier, par cet organisme sous-régional. La CEDEAO, dirigée par le Nigérian Goodluck Jonathan, est appuyée dans ce projet, sous réserve de la mission confiée aux président Yayi Boni du Bénin, Pedro Pires du Cap-vert et Baï Koroma de la Sierra Leone pour convaincre le locataire du palais d'Abidjan de céder le pouvoir à son adversaire, par l'ONU et de grandes nations comme la France et les Etats-Unis. L'adoption de cette option militaire a suscité une levée de bouclier sur le territoire ivoirien tant dans les sphères diplomatiques que dans les états-majors politiques et même dans l'opinion en général. L'ECOMOG peut-il intervenir en Côte d'Ivoire pour déloger Laurent Gbagbo? A la vérité, cette question ne devrait pas se poser, eu égard aux expériences passées dans lesquelles la force ouest-africaine a dû intervenir pour mettre de l'ordre. Quand la stabilité de la sous-région est en danger, en effet, il est de la responsabilité de l'ECOMOG de se mettre en branle. Comme ce fut le cas au Liberia et en la Sierra Leone, traversés à l'époque par des crises interminables entre factions armées. L'intervention musclée de la force militaire de la CEDEAO a permis de restaurer l'ordre dans ces pays où il ne régnait que des seigneurs de guerre sans foi ni loi. En Côte d'Ivoire, l'intervention de l'ECOMOG est les germes d'une déflagration pouvant opposer à nouveau l'ex-rébellion acquise à l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara à l'armée loyaliste rangée derrière Laurent Gbagbo. L'allégeance réitérée de l'armée au locataire du palais d'Abidjan et le bouclier humain que constituent ses partisans font entrevoir de gros risques que pourrait occasionner une intervention militaire dans la crise ivoirienne actuelle. Il est à redouter les dégâts collatéraux d'une telle option. Mieux, à la différence du Liberia ou de la Sierra Leone, la Côte d'Ivoire est un cas particulier au monde, qui complique une action militaire de la CEDEAO dans ce pays. Terre d'accueil et d'immigration avec plus de 26% de populations étrangères (le taux le plus élevé au monde), la préservation de la cohabitation entre ces ressortissants de la sous-région et leurs hôtes est une donnée incontournable à prendre en compte quant aux conséquences de l'usage de la force par des éléments venant de pays voisins. Quelle sera la réaction des Ivoiriens, notamment des partisans de Laurent Gbagbo, à l'égard de ces ressortissants si d'aventure ils se trouvaient agressés par l'extérieur? Comment protéger ces populations innocentes, qu'on aurait livrées à la vindicte pour n'avoir pas su faire le bon choix dans le règlement de la crise ivoirienne? Quel pays, face à une telle éventualité, prendra le risque de désigner des soldats pour constituer la force devant intervenir sur le sol ivoirien? Il y a deux jours déjà, des ressortissants de la CEDEAO, qui entrevoient le danger auquel on les expose ont effectué une marche sur l'ambassade du Nigeria, dont le président Goodluck préside l'organisation sous-régionale. Leur voix sera-t-elle entendue? Toujours est-il qu'il existe de sérieuses entraves à la constitution d'une force ouest-africaine pour intervenir dans une crise ivoirienne, fut-elle endossée par l'ONU dont les soldats subissent déjà la furia des partisans de Laurent Gbagbo visiblement prêts au sacrifice suprême pour protéger leur mentor. Finalement et si on laissait place au dialogue. Dialogue préconisé par feu Félix Houphouët Boigny pour régler tout différend au lieu de commencer par la violence.


F.D.BONY


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