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Guillaume Soro (premier ministre) : “Quand M. Gbagbo est obligé de recruter des miliciens, c`est parce que son armée ne le soutient pas”
Publié le mardi 4 janvier 2011   |  Le Nouveau Réveil


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Mon intervention s`inscrit dans le droit fil du discours du Président de la République, qui, hier, s`est adressé aux Ivoiriens. Aujourd`hui, au nom du gouvernement de la République de Côte d`Ivoire, je voudrais m`adresser aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens. L`objectif de cette conférence de presse, c`est, à la veille du 1er janvier de l`année 2011, de faire le point de l`action que le gouvernement a menée en quelques semaines ou, je dirai, en quelque 25 jours. Vous me permettrez seulement de rappeler que le second tour de l`élection s`est tenu le 28 novembre 2010. Election qui a vu la victoire du président Alassane Ouattara à un large score, soit plus de 54%.
Nous avions tous espéré que les institutions de notre République, dans la sincérité puissent travailler et donner des résultats conformes de cette élection. Je rappelle aux journalistes que moi-même j`ai été chargé de la conduite du processus de sortie de crise. J`ai été le maître d`ouvrage de l`organisation de cette élection. La Cei en étant le maître d`œuvre. Il avait été convenu que l`élection devrait se dérouler de façon démocratique. Et nous avons pris des dispositions pour que cette élection se déroule dans les meilleures conditions.
Au plan sécuritaire, c`est autour de 4.000 éléments des Forces de défense et de sécurité de Côte d`Ivoire qui ont été déployés. Je dis bien 4.000. Notamment, 2.500 policiers et gendarmes plus 1.500 Fanci (Forces armées nationales de Côte d`Ivoire) qui ont été déployés dans les régions du Nord. Ce qui fait autour de 4.000 hommes qui ont été déployés spécifiquement au Nord pour assurer la sécurité pendant le scrutin. Les rapports du CCI (Centre de Commandement Intégré) sont là. Ils sont clairs sur la question. Mais, mieux, pour garantir la transparence du scrutin, j`ai décidé, avec le président de la Commission électorale indépendante (Cei), de demander expressément aux observateurs internationaux, d`axer leurs efforts sur deux régions de la Côte d`Ivoire : Le Nord et les régions de l`Ouest. Donc, environ 2/3 des observateurs internationaux, je dis bien 2/3, ont été envoyés au Nord. Ce sont des mesures que nous avons prises en tant que maître d`ouvrage du processus pour assurer la transparence du scrutin. Evidemment, vous l`avez constaté, tous les observateurs ont salué le caractère démocratique de l`élection au Nord. C`est le premier élément qu`il faut relever.
La deuxième chose, c`est l`administration publique. Vous savez bien que le président de la République et le gouvernement sont représentés dans ces régions depuis 2007 qu`on a redéployé le corps préfectoral. Nous les avons expressément chargés de faire le suivi du déroulement du scrutin sur l`ensemble du scrutin. Les rapports sont sans appel : le scrutin a été démocratique et transparent au Nord. J`ai décidé pour toutes ces raisons, de mettre à la disposition de la presse, le rapport du CCI dirigé par le général Kouakou Nicolas. Il fait un rapport précis et succinct de tous les faits et évènements violents qui se sont déroulés sur l`ensemble du territoire ivoirien. Vous pouvez noter que, s`il y a bien eu violences, ces violences étaient principalement concentrées dans les régions de l`Ouest et du Sud-Ouest. C`est écrit noir sur blanc dans le rapport du CCI qu`il y a eu bel et bien empêchements de vote dans les régions de l`Ouest et du Sud-Ouest. Ce qui n`est pas le cas au Nord.
C`est pourquoi nous avons été choqués d`apprendre que le Conseil constitutionnel procédait à cette forfaiture. Certains se sont demandé pourquoi le Premier ministre a pris cette décision. C`est simple : Quand nous avons vu des généraux aller faire allégeance à Monsieur Laurent Gbagbo à sa résidence, non pas au palais, sans même qu`il ait prêté serment, à supposer qu`il ait gagné. Pour nous, c`était le coup de force. A partir de là, tout républicain et démocrate ne pouvait pas l`accepter. L`armée ne fait pas allégeance à un candidat à sa résidence. L`armée républicaine, celle qui se respecte, attend les formes pour faire allégeance. Si l`armée avait même été, à supposer, perturbée par les deux résultats différents de deux institutions de la Côte d`Ivoire, en avait appelé à la rescousse le maître d`ouvrage de l`élection, peut-être que nous aurions eu une autre posture. Mais, à partir du moment où on était dans le coup d`Etat, tous les démocrates, tous les républicains ne pouvaient pas hésiter à prendre leurs responsabilités. C`est ce que nous avons fait. C`est pourquoi, aujourd`hui, il est important qu`au nom du gouvernement, nous puissions donner un certain nombre d`informations aux journalistes.
Le Président Alassane Dramane Ouattara, dès qu`il a été élu, a mis en place, le 5 décembre, le gouvernement de mission que vous voyez.
Dès ce 5 décembre, le gouvernement a décidé de se mettre au travail pour faire en sorte que la mission qui nous a été confiée soit remplie. C`est donc dans cette démarche que nous avons décidé d`aller nous installer à la Primature et d`installer le Directeur général de la Rti. Etant entendu que malheureusement, la Radio télévision ivoirienne est utilisée à des fins de propagandes totalement inacceptables.
Evidemment, vous avez suivi la répression qui s`est abattue sur la Côte d`Ivoire. Le bilan est lourd. Des incitations à la haine, des exactions sur les populations, les viols de femmes, les violences et voies de faits, les exécutions extrajudiciaires et les assassinats, qui se chiffrent à ce jour à plus de 200 personnes assassinées. Plus de 1000 personnes blessées par balles.
La Côte d`Ivoire est aujourd`hui en état de guerre. Je pèse mes mots. Dans un pays, quand il y a plus de 100 morts, 200 morts, 19.000 réfugiés, le pays est en guerre. Et c`est ce que nous vivons.
Aujourd`hui, il s`agit de stopper la guerre en Côte d`Ivoire. Aussi, voudrais-je, ici, au nom du gouvernement, saluer le président de la République et lui présenter nos admirations pour le travail remarquable qui a été fait.
Le président de la République, dis-je, s`est aussitôt, avec son gouvernement, mis au travail. Au lendemain de l`élection, On peut considérer que du 29 novembre jusqu`au 5 décembre, Gbagbo avait plein pouvoir sur l`Etat de Côte d`Ivoire. Il avait les ambassadeurs, il avait les finances, il avait l`administration, il avait l`armée. A ce jour, qu`est-ce que nous constatons ?
Diplomatie
Au niveau de la diplomatie, c`est terminé ! Gbagbo n`a plus aucun pouvoir. Même pas de nomination d`un ambassadeur. Seuls les ambassadeurs nommés par M. Ouattara sont reconnus. Il (Ndlr, Gbagbo) a perdu le soutien de la Cedeao. Ce qui, vous pouvez l`imaginer, n`était pas forcément évident. Je peux vous dire que Charles Taylor (ex-président du Libéria), jusqu`à la veille de son départ pour le TPI (Tribunal Pénal International), continuait d`avoir un ambassadeur reconnu aux Nations Unies et continuait de siéger aux instances de la Cedeao. Nous étions, à l`époque, à Lomé pour des négociations.
Aujourd`hui, Gbagbo, au niveau de la Cedeao, a perdu tout soutien. Au niveau de l`Union Africaine, il a perdu aussi tout soutien. Au niveau de l`Union Européenne, il a également perdu tout soutien. Et au niveau des Nations unies, il n`a plus de soutien. Donc, on peut dire que le président Alassane Dramane Ouattara, du point de vue de la diplomatie, est bel et bien reconnu comme le président de la République de Côte d`Ivoire. Et, ce sont ses actes de signature qui font foi au niveau de l`Afrique, de l`Europe et du monde entier. Je vous signale que même l`Organisation de la conférence islamique (OCI ) a fait une déclaration de reconnaissance.
Finances
Au niveau des finances, comme je le disais, jusqu`au 5 décembre, il (Gbagbo, ndlr) avait ces finances. Mais, à ce jour, quelle est la situation. L`Uemoa (L`Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) ne reconnait que la signature de M. Alassane Dramane Ouattara. Le ministre de l`Economie et des Finances de son gouvernement (M. Diby Koffi Charles) a rencontré le gouverneur de la Bceao, (Banque Centrale des Etats de l`Afrique de l`Ouest) il y a 48 heures, lorsqu`il était en visite officielle à Dakar.
Le gouverneur de la Bceao, après la décision du conseil extraordinaire des ministres de l`Uemoa, a reconnu la signature du président Alassane Dramane Ouattara. Le gouverneur ne pouvait que s`incliner face à cette décision. Et, la prochaine réunion de la conférence des chefs d`Etat de l`Uemoa, c`est bel et bien le ministre du Président Alassane Dramane Ouattara qui y sera. Le président de la République a nommé un directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique. C`est celui-là aussi qui est reconnu par la Bceao. Donc, nous avons la signature au niveau des finances.
Administration publique
Dans l`administration publique, avec le mot d`ordre de désobéissance civile que nous avons lancé, bien que le gouvernement soit ici au Golf et que la manœuvre n`est pas forcément aisée, l`administration publique a suivi le gouvernement d`Alassane Dramane Ouattara. Et ça, nous considérons que c`est un élément important. Vous avez vu que bien que le mot d`ordre a été lancé depuis cette salle, toute la Côte d`Ivoire a été paralysée. Ce qui montre bien le lien intact entre le gouvernement, son administration et ses populations.
L`Armée
Au niveau de l`armée, là aussi, on voit bien que tous les éléments d`information montrent bien que le président de la République a le soutien de la frange républicaine de notre armée. Les signes sont évidents et je vais vous les donner.
Quand M. Gbagbo est obligé de recruter des miliciens, c`est parce que son armée ne le soutient pas. Parce qu`une milice, ça ne se justifie pas dans une République. Mais, quand on est obligé de recourir à des miliciens, à des mercenaires, c`est parce que l`Armée refuse de faire des besognes inacceptables. Les Ivoiriennes et les Ivoiriens ont pu noter à des moments donnés des velléités de cette armée de faire le basculement.
Aujourd`hui, tout le monde le sait, au second tour, la troupe de nos forces de défense et de sécurité a voté à plus de 60% le candidat du RHDP. Ce qui montre bien que la réalité de la base des troupes ivoiriennes est nette. C`est sans hésitation. Evidemment, quand on est dans une logique de confiscation du pouvoir, quand on s`est attaché les services de mercenaires et de miliciens, la situation est délétère et difficile. Et surtout quand on a pris le soin de désarticuler notre armée. Parce qu`il faut que vous le sachiez, nous sommes dans un régime militaire où, justement, ce sont les généraux qui ont voix au chapitre. Ce qui ne saurait tarder. Car, on peut contrôler une partie de l`armée tout le temps. Mais, on ne peut pas contrôler toute l`armée tout le temps. Forcément, la dislocation au sein des Fanci est inévitable. Entre la frange républicaine des Fanci qui veut reconnaitre le président Alassane Dramane Ouattara et son gouvernement et la frange qui s`est alliée aux mercenaires.
Voici, Mesdames et Messieurs les journalistes, les quelques informations que nous voulions vous donner à la veille du 1er janvier 2011, et rassurer tout le monde que le gouvernement est au travail sans relâche pour faire en sorte que l`effectivité du pouvoir et des prérogatives du président de la République soient non seulement reconnus, mais qu`il puisse les exercer. Je peux vous dire que nous y travaillons. C`est un gouvernement de mission de 12 membres. Les ministres sont tous à votre disposition pour répondre à toutes les questions spécifiques que vous voudriez leur poser.
La mission de la Cedeao
Le porte-parole du gouvernement me rappelle que la mission de la Cedeao qui s`est rendue ici, vous le savez, est venue demander sans concessions à M. Gbagbo de céder pacifiquement le pouvoir. Cette mission a demandé au président Alassane Ouattara de donner des garanties pour que si M. Gbagbo quitte le pouvoir, il n`ait pas des ennuis. Le président de la République lui a donné un délai. Ce délai expire aujourd`hui (vendredi, Ndlr) 31 décembre. S`il quitte, d`ici minuit, le pouvoir, le président de la République tiendra ses engagements. Parce que c`est un homme de parole. C`est un homme d`honneur. Et il tiendra ses engagements. Si d`ici minuit, il ne quitte pas le pouvoir, évidemment, le président de la République sera au regret d`envisager d`autres mesures. En ce qui nous concerne, nous gouvernement, je le redis, nous sommes convaincus que seule la force fera partir M. Gbagbo du pouvoir. Parce que tous les dictateurs se ressemblent. Et tous les dictateurs ne négocient pas leur départ. On les fait partir. Pour nous, la question est claire. Mais, nous laissons la diplomatie faire son travail. Et quand le temps sera arrivé, chacun prendra ses responsabilités.
Je vous remercie.


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