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Malversations présumées dans le café-cacao - Les barons libérés, rendez-vous le 27 janvier
Publié le samedi 8 janvier 2011   |  Nord-Sud




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Grands moments d’émotion et de joie aux alentours du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. Les barons arrêtés, dans le sillage des malversations présumées dans la filière café-cacao, ont été autorisés à regagner leur domicile après 30 mois de détention. Ils ont tous bénéficié d’une liberté provisoire.


Des membres de familles de détenus et bon nombre d’anciens collaborateurs se sont massés, dès la matinée, devant la porte d’entrée du palais de justice d’Abidjan-Plateau. Malgré le soleil de plomb qui écrase l’esplanade de l’édifice, la foule continue de grossir et de gagner en énergie. Henri Amouzou, Tapé Do, Angeline Kili et une vingtaine de personnalités placés en détention préventive à la prison civile depuis le 18 juin 2008, attendent dans le box des accusés. Quelques minutes plus tard, le président du tribunal, flanqué de ses assesseurs, vide le délibéré sur la demande de mise en liberté provisoire formulée, mardi dernier, par les avocats de la défense.

Sanglots et larmes !

«Le Tribunal, après en avoir délibéré, accède à la demande de mise en liberté provisoire de tous les prévenus, sans exception», déclare le juge Alain Pohan, ajoutant que le fond du procès débutera le 27 janvier prochain. Dans l’ordonnance, la juridiction affirme avoir été rassurée par les garanties de représentation brandies par les intéressés. En effet, la Cour a utilisé les moyens exposés par les avocats : à savoir que les preuves de détournement de deniers publics ne sont pas encore établies contre leurs clients, de même que celles qui les rendent auteurs des autres infractions. Elle a donc cassé les arguments exposés par le ministère public pour les maintenir dans les fers. A l’énoncé de ce verdict, c’est l’explosion de joie.
On improvise des chants et des slogans rythmés par des «Dieu soit loué». Des congratulations, des acclamations, des hourras fusent par endroits. Certains ne retiennent pas leurs larmes. D’autres fondent carrément en sanglots. Désobligeant pour les autres usagers mais compréhensible tout de même pour des parents lessivés par des attentes sans fin. Pendant près de 1.000 jours, les prévenus ont été privés de leur liberté parce que mis en cause par la justice qui enquête sur leurs différentes responsabilités dans la mauvaise gestion de la filière café-cacao dont ils étaient les principaux dirigeants. Beaucoup estiment que la justice a été influencée et ne s’est pas montrée souveraine. «Qu’est-ce qui a changé pour que ce soit maintenant qu’on les libère ? Je vois les élections. Dans tous les cas, il y a anguille sous roche », rumine un spectateur. «Je suis satisfaite», a lancé Angeline Kili à la sortie du tribunal, escortée par les forces de l’ordre qui les emmenaient à la Maca, en attendant qu’on leur remette leurs biens ainsi que les billets de sortie. Un des trois procureurs qui représentaient le ministère public a, de son côté, susurré: «Je ne suis pas content de la décision du juge». Et d’ajouter : «Mais, il est que malgré la gravité des faits qui sont reprochés aux accusés, le juge a le droit de prendre une décision quelle qu’elle soit. Ceci est en conformité avec le droit pénal ivoirien». Dans la main courante et, malgré le cordon sécuritaire particulièrement rugueux, des bras sont grands ouverts aux prisonniers et les enlacent les uns après les autres. Visiblement fatigués et malades, la plupart ont perdu leur splendeur des années de liberté totale. Le «célèbre» Tapé Do, très ému, confie son sentiment de soulagement de recouvrer la liberté et de revoir enfin les siens. Mme Rosine Obogui fait plutôt part de son sentiment de révolte pour avoir été injustement incarcérée. Mais avec l’idée de retrouver son enfant qu’elle a mis au monde pendant sa période de pénitence, elle pourra sans doute calmer la fièvre. Beaucoup plus sobres, Henri Amouzou et Mme Viviane Manzan devront se faire à l’idée de retrouver des familles incomplètes. En fait, pendant la période de détention, le premier est devenu orphelin de père quand la seconde a perdu un «parent très cher». Bref, successivement, les prisonniers quittent la salle d’audience, accueillis à chaque fois par un surcroît de clameur. Jean-Claude Bayou est pratiquement étouffé par de viriles accolades de proches. En quittant leurs cellules, en fin d’après-midi, ils avaient le sourire. Mais, à l’évidence, il semble encore trop tôt pour eux de se frotter les mains et pour leurs avocats conseils de crier victoire. Selon la partie civile, ce n’est pas encore la fin de ce feuilleton qui promet d’autres rebondissements. «A l’épisode actuel, ce n’est pas encore le moment de manifester une quelconque joie. On peut toutefois se réjouir de la suite favorable que la Justice a donnée à la requête des avocats de libérer provisoirement leurs clients », fait observer Me Mamadou Koné, avocat de la défense. Autant dire que le feuilleton est loin d’être clos. De quoi ne pas installer les anciens responsables dans la sérénité.

Lanciné Bakayoko



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