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Situation sociopolitique : La longue agonie des entreprises
Publié le jeudi 13 janvier 2011   |  Le Patriote




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Les jours passent mais se ressemblent pour les entreprises, depuis la confiscation du pouvoir par Laurent Gbagbo. Déjà, au niveau psychologique c'est la désolation. En effet, le moral des chefs d'entreprise et même du personnel, n'est plus au beau fixe. Difficile concentration et incertitudes de part et d'autre. En ce qui concerne les banques et établissements financiers, ceux-ci avaient même demandé, en son temps, une prorogation de l'échéance des valeurs mobilières (dette intérieure). Au chapitre des grandes entreprises industrielles, l'on enregistre toujours quelques problèmes de disponibilités des intrants car, certains arrivages ont été décalés ou détournés vers d'autres ports (Tema, Lomé, Dakar, Cotonou). L'on évoque aussi, au sein des entrepreneurs, des perturbations liées au ralentissement de l'activité portuaire, des difficultés à l'import- export, les questions de suppression de la validité des agréments Cedeao sur les produits ivoiriens exportés. Une information a fait état de ce que les Grands moulins d'Abidjan ne pouvaient plus vendre au Ghana. Les entreprises ne sont vraiment pas au bout de leurs peines à cause du coût élevé du transport du fait des primes d'assurance qui prennent constamment l'ascenseur. L'impact global, selon certaines sources, est au moins une baisse de 10 à 30% du chiffre d'affaires et une augmentation des coûts d'exploitation, donc une baisse des résultats. Le secteur des télécoms n'est pas non plus pas épargné par cette situation. Selon l'Unetel (Union nationale des entreprises de télécommunications), le secteur a enregistré un manque à gagner d'au moins 200 millions FCFA/jour du fait de la coupure des Sms, et cela, après la proclamation des résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle (03 décembre). Finalement, cela a été rétabli vers la fin du mois de décembre 2010. Une perte estimée, selon des indiscrétions, à près de 5 milliards de FCFA. Dans le domaine du Bâtiment et des travaux publics (Btp) et précisément du Groupement interprofessionnel du bâtiment et des travaux publics, la situation est très alarmante. Plusieurs entreprises travaillant sur des projets Bad (Banque africaine de développement), Union européenne, Banque mondiale sont menacées de disparition. Il est toujours envisagé, la mise en sommeil d'entreprises et aujourd'hui, il y a une effectivité du chômage technique dans certaines sociétés. Un autre secteur à l'agonie, la filière fruit. Ce secteur en pleine restructuration est déjà fragilisé. Surtout avec le quai fruitier qui n'accueille plus de fruits. Et même quand on en produit en Côte d'Ivoire, il existe des difficultés d'écoulement de ces produits agricoles périssables (banane, ananas, mangue). Cela occasionne des pertes de marché, des détournements de la demande. Plusieurs projets d'appui sur financement Union européenne sont à l'arrêt. Et les dégâts se chiffrent à plus de 8 milliards de FCFA comme ce fut le cas en 2002. Le secteur maritime n'est pas en reste non plus. Par le biais de la Federmar, nous savons qu'il y a absence d'informations fiables qui favorise la psychose dans le secteur portuaire. En prime, des difficultés à l'import-export. Pour le chapitre des transports des marchandises, ce n'est pas l'âge d'or. Le trafic est fortement en baisse selon l'Oic (Office ivoirien des chargeurs) et les pays de l'hinterland (Burkina, Mali et Niger) se détournent de la destination Côte d'Ivoire à cause du risque accru de circulation dans le pays. A cela, s'ajoute une campagne cotonnière périlleuse. L'Anacarde est aussi sinistré. Des bateaux n'accostent pas, des cargaisons pas livrées, des clients qui n'honorent pas leurs engagements de paiement, des difficultés de déplacement, des poids des charges incompressibles. Dans le cadre des relations internationales, l'Apexci (Association pour la promotion des exportations de la Côte d'Ivoire), à travers ses projets au secteur privé sur financement des bailleurs de fonds, est aujourd'hui dans l'expectative. L'entrée dans l'Agoa est également en péril. La dégradation de l'image de la Côte d'Ivoire à l'extérieur et ses conséquences sur les investissements et les coûts des transactions internationales, sont en train de plomber le développement économique du pays et impacter négativement sur les populations dont beaucoup paient un lourd tribut à cette situation.

Jean Eric ADINGRA


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