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Politique

Gestion de la crise ivoirienne - Les erreurs de la communauté internationale - Les torts infligés à la population
Publié le samedi 29 janvier 2011   |  L'Inter




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Triste, ce qui se passe en Côte d'Ivoire depuis l'éclatement de la crise post-électorale née du bras de fer autour du fauteuil présidentiel à l'issue des contentieux mal gérés relativement à la proclamation des résultats du scrutin du 28 novembre dernier. Cela fait deux mois que la vie s'est arrêtée en terre ivoirienne. Isolement diplomatique, embargo économique et maintenant assèchement des coffres des banques. Voici autant de mesures qui pleuvent sur les Ivoiriens au bord de l'asphyxie, méprisés pour une cause dont ils ne devraient, en réalité, pas être victimes. Au-delà de la flambée des prix sur les marchés, due à la raréfication des biens, liée elle-même au ralentissement des importations, les jours à venir s'annoncent encore plus sévères avec les dispositions monétaires en cours contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Pour régler la crise à relent sous-régional chez le voisin, les dirigeants de l'Union monétaire et économique ouest-africaine (UEMOA) ont jugé bon d'étouffer financièrement les populations ivoiriennes en asséchant durement les robinets bancaires. Dans les jours à venir, il est peu probable que les banques exerçant sur le territoire ivoirien puissent donner satisfaction à leurs clientèles. Ce, en raison d'une sérieuse perturbation des services liée à la coupure de la Banque centrale (BCEAO) d'avec ces établissements financiers également à l'épreuve de la situation qui prévaut. Cette situation va de mal en pis pour les Ivoiriens, qui payent le prix d'une conjoncture dans laquelle ils se trouvent sacrifiés à la grande indifférence des protagonistes et de leurs suppôts respectifs. Parlant de la fermeture par la BCEAO de ses agences en Côte d'Ivoire, le ministre Patrick Achi, porte-parole du gouvernement Ouattara toujours enfermé à l'hôtel du Golf, met le pied dans le plat et montre si bien son appréhension des conséquences d'une telle mesure. «On court vers un assèchement financier total du pays avec des conséquences incalculables sur les opérateurs économiques et sur les populations. On ne pourra pas payer un chèque, ni l'encaisser. (…) Au bout de quelques jours, vous verrez des choses. Avoir de la monnaie pour acheter des biens, mêmes si ces biens existent, sera impossible. On vient de toucher à un point névralgique qui va faire souffrir la population». Qu'a-t-elle fait cette population pour mériter ce triste sort? En quoi ces mesures et sanctions qui pleuvent sur la Côte d'Ivoire gênent-elles les camps Gbagbo et Ouattara qui se disputent le pouvoir? Pourquoi faire payer à d'innocentes personnes, qui ne demandent qu'à travailler et rechercher leur pain quotidien, la faute à un groupuscule d'assoiffés de pouvoir? Là se trouvent les erreurs de la communauté dite internationale dans la gestion de la situation en Côte d'Ivoire. Depuis l'éclatement de cette crise, nullement on n'a ressenti une réelle volonté de cette communauté d'y remédier réellement. A part, bien sûr, les injonctions, les intimidations et les sanctions contre l'un des camps adverses, qui n'ont rien donné, sinon qu'aggraver le quotidien déjà délétère des Ivoiriens. Sommé de céder le pouvoir à son rival Ouattara, Laurent Gbagbo, de plus en plus soutenu par des pairs africains quant à sa légitimité qu'il clame de la proclamation des résultats du scrutin du 28 novembre par le Conseil Constitutionnel, reste sourd à ces injonctions de l'extérieur. Envisagé comme solution ultime pour le déloger du Palais d'Abidjan, l'usage de la force ne semble point l'émouvoir, encore moins faire l'unanimité au sein de la conférence des chefs d'Etat, aujourd'hui divisés sur la question. Bon nombre d'entre eux récusent cette option, eu égard à sa complexité dans un pays comme la Côte d'Ivoire (qui compte plus de 9 millions d'étranger sur son sol contre 19 millions d'habitants) et au contexte quelque peu différent des Etats où ce recours a été un succès. N'ayant aucun levier du pouvoir pour exercer, le camp Ouattara n'a plus d'autre stratégie que de profiter de ses appuis extérieurs pour rendre le pays ingouvernable et contraindre l'adversaire à céder. Conséquence, comme les herbes sous les pattes de deux éléphants qui se battent, ce sont les pauvres populations qui payent les pots cassés. Ce peuple dont le tort aura été de leur avoir donné ses suffrages à partir desquels chacun se prévaut président. Peut-on pousser le cynisme à ce point, au point d'asphyxier ses propres compatriotes, sans état d'âme, pour ses seules ambitions? Pourquoi Gbagbo et Ouattara ne mettraient-ils pas de l'eau dans leur vin pour s'asseoir et convenir d'un compromis dans l'intérêt des populations qu'ils prétendent servir? Voilà là où la communauté internationale a péché dans ses premières tentatives de médiation. Face au blocage qui prévaut, le moment est venu pour les médiateurs, qui ont montré toutes leurs limites à vouloir privilégier l'un des deux camps protagonistes, de revoir leur position et de regarder les souffrances du peuple pour envisager une solution. Quitte à amener Ouattara et Gbagbo à travailler ensemble pour préserver les intérêts du peuple foulés au pied dans l'affaire, à la grande frustration des Ivoiriens qui regardent les Occidentaux engagés dans la résolution de cette crise, se débattre pour préserver les leurs. Les contradictions sur les mesures d'interdiction d'exportation du café et du cacao très vite levées n'ont-elles pas montré que les Européens et autres Américains sont prêts à tout sauf ce qui touche à leur bien-être? Voilà qui devra ouvrir les yeux aux Ivoiriens, qui ont entre leurs propres mains la clé du dénouement de la crise qu'ils imposent par leur égo à leurs populations. Demain et lundi, à Addis-Abeba, les chefs d'Etat de l'Union africaine vont plancher, pour la première fois, sur cette crise. L'occasion est offerte à ces dignitaires de faire triompher la tradition de ''l'arbre à palabre'', qui veut que quand deux frères se battent, l'on trouve une solution de compromis pour éteindre le feu. Le peuple ivoirien n'attend plus que cette sagesse qui va profiter à toute la sus-région ouest-africaine enrhumée par la situation en Côte d'Ivoire, deuxième pays phare de l'espace CEDEAO.

Félix D.BONY

Photo: Gbagbo – Ouattara (ensemble)
Légende: Face à la situation de blocage, un compromis Gbagbo – Ouattara reste l'alternative crédible pour arrêter les souffrances des Ivoiriens et de toute la sous-région enrhumée par la crise ivoirienne






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