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Côte d`Ivoire: la BCEAO menace les banques travaillant avec le camp Gbagbo
Publié le vendredi 11 fvrier 2011   |  AFP


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DAKAR - La Banque centrale des Etats de l`Afrique de l`Ouest (BCEAO) a menacé vendredi de "sanctions" les banques opérant en Côte d`Ivoire qui travailleraient avec le camp du président sortant Laurent Gbagbo, non reconnu par les institutions de la région.
"La BCEAO rappelle aux établissements de crédit de l`Union monétaire
ouest-africaine (UMOA) que ses agences sont fermées depuis le mercredi 26
janvier 2011, sur l`ensemble du territoire de la Côte d`Ivoire, jusqu`à nouvel
ordre", souligne dans un communiqué le gouverneur par intérim de la BCEAO,
Jean-Baptiste Compaoré.
Cette fermeture avait suivi la réquisition des agences de la BCEAO en Côte
d`Ivoire décidée fin janvier par le gouvernement Gbagbo.
Dans les faits, elle signifie une rupture totale entre la banque centrale
basée à Dakar et le camp du président sortant, qui tente de mettre sur pied,
via les agences réquisitionnées, un nouveau système bancaire à l`échelle
ivoirienne.
"La BCEAO demande instamment aux établissements de crédit de l`Union, et en
particulier ceux établis en Côte d`Ivoire, de s`abstenir de contribuer à la
violation de la fermeture de ses agences" dans ce pays, poursuit la banque.
"Toute opération effectuée par un établissement de crédit avec lesdites
agences ou dans leurs locaux (...) est passible de sanctions", insiste le
gouverneur, évoquant même la menace d`une "exclusion" des systèmes de paiement
pour les banques contrevenantes.
Depuis le scrutin du 28 novembre, la Côte d`Ivoire est déchirée entre
Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, reconnu président élu par la communauté
internationale, qui presse en vain le sortant de céder le pouvoir.
L`un des enjeux de leur lutte est le contrôle de l`économie et des finances
publiques du pays.
L`ancien gouverneur de la BCEAO, l`Ivoirien Philippe-Henry Dacoury-Tabley,
proche de Laurent Gbagbo, avait été poussé à la démission le 22 janvier.
Il lui était reproché de ne pas avoir appliqué une décision de l`Union
économique et monétaire ouest-africaine de donner à M. Ouattara tous les
pouvoirs de gérer au nom de la Côte d`Ivoire les affaires liées à cette
institution et à la BCEAO. Il était accusé d`avoir autorisé des décaissements
en faveur du régime Gbagbo de l`ordre de 60 milliards FCFA (91,5 M EUR).

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